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Marier la science et la rigueur des affaires pour déjouer le cancer

Regardez cette vidéo (en anglais seulement) où MM. Rennie et Cherkasov expliquent le fonctionnement de leur nouvelle technologie.

En décembre, Roche – un géant pharmaceutique qui compte plus de 600 employés au Canada et plus de 90 000 dans le monde – a fait un investissement important dans une technologie canadienne qui pourrait déjouer le cancer. Le contrat de licence, d’une valeur de 140 millions de dollars américains, est le plus grand jamais conclu par la University of British Columbia (UBC) et est dû en grande partie à la PC-TRiADD – l’organe de commercialisation du Prostate Centre de Vancouver.

Le nouveau médicament pourrait être utilisé un jour pour traiter les cancers de la prostate avancés qui résistent aux traitements existants. Le but est d’offrir aux patients atteints du cancer de la prostate une simple pilule qu’ils pourront prendre chaque jour.

Un modèle informatique d’un récepteur d’androgène (en bleu) – un site clé des cellules où les hormones surexprimées se lient à l’ADN (en mauve) et causent le cancer de la prostate. PC-TRiADD aide au développement d’un nouveau médicament (en jaune) conçu pour arrêter ce processus.

La PC-TRiADD a combiné son sens des affaires au processus scientifique pour déterminer les technologies les plus prometteuses, protéger la propriété intellectuelle et produire les données scientifiques requises pour appuyer les revendications en matière de propriété intellectuelle et les propositions de règlement présentées à Santé Canada.

« Sans l’aide de la PC-TRiADD, il aurait été beaucoup plus difficile de faire progresser cette technologie, a déclaré Martin Gleave, chef de la direction du Prostate Centre de Vancouver et de la PC-TRiADD. Nous avons eu recours à des processus qui ressemblent beaucoup à ceux de l’industrie pour choisir soigneusement les meilleurs résultats de la recherche et les faire progresser rapidement vers la commercialisation. »

Lorsqu’il est diagnostiqué tôt, le cancer de la prostate est souvent traité par la chirurgie ou la radiothérapie. Pour les cas plus avancés, on utilise des médicaments qui réduisent la tumeur en bloquant l’activation du récepteur de l’hormone mâle (androgène) qui favorise la croissance de la tumeur. Mais après quelques mois, le récepteur de l’androgène subit souvent une mutation qui empêche sa désactivation par des médicaments. C’est à ce moment que le cancer qui résiste aux médicaments se répand rapidement et devient pratiquement incurable.

Le nouveau traitement, qui a été élaboré par une équipe de recherche dirigée par Paul Rennie et Artem Cherkasov, vise à déjouer le cancer et à inhiber la croissance de la tumeur en neutralisant le récepteur d’androgène là où il est lié à une partie précise de l’ADN qui n’est pas sujette à la mutation. Cette découverte pourrait permettre de développer des médicaments qui seraient efficaces à long terme. Le médicament candidat a été créé grâce à une nouvelle technologie informatique qui a scruté une base de données contenant des millions de molécules différentes pour en repérer quelques-unes qui pourraient être utilisées comme traitement.

« Nous sommes arrivés à l’étape où nous devons trouver le bon partenaire pharmaceutique pour nous aider à transformer cette découverte en un produit fini, a affirmé M. Rennie, qui fait partie de l’équipe de gestion de la PC-TRiADD et qui est directeur de la recherche en laboratoire au Prostate Centre de Vancouver, un centre de recherche installé au Vancouver Coastal Health Research Institute (VCHRI) de la UBC.

Selon les modalités de l’entente négociée par le bureau de liaison avec l’industrie de la UBC, la UBC et le VCHRI devraient recevoir un paiement anticipé, des paiements d’étape d’une valeur pouvant atteindre 140 millions de dollars américains pour les essais précliniques et cliniques et les ventes jusqu’à la commercialisation du premier produit, puis des redevances. Les scientifiques recevront la moitié des revenus nets de la UBC.

« Roche sera responsable de financer tous ces aspects, ainsi que le développement clinique du composé, a précisé Graeme Boniface, chef des opérations de la PC-TRiADD. Nous avons besoin de l’aide d’une grande entreprise pharmaceutique pour passer de l’étape des essais précliniques à la dernière étape du développement. »

En outre, l’accord de licence stipule que les travaux de recherche se poursuivront en collaboration avec le Prostate Centre de Vancouver et la PC-TRiADD.

« L’aide générale donnée par la PC-TRiADD a permis de réunir les bons outils et les bonnes personnes pour cultiver l’innovation, et l’aide particulière qu’elle a donnée pour le projet sur l’inhibiteur AR-DBD a considérablement réduit les risques de la technologie, a expliqué Brad Wheeler, gestionnaire du transfert de la technologie à la UBC. Ce n’était pas un projet universitaire typique dont les résultats sont offerts sous licence. Les brevets sous licence reposaient sur de nombreux travaux qui ont fait progresser la technologie et permis à la UBC d’obtenir une plus grande licence. »

Ce contrat est unique, notamment parce que Roche l’a financé dès le début du développement, a déclaré M. Boniface. « Les grandes entreprises pharmaceutiques commencent souvent à participer lorsque l’essai clinique de phase I est terminé et que les données cliniques indiquent qu’il est pertinent de poursuivre le développement du médicament. Mais l’important travail préparatoire que nous avons fait – y compris la protection de la propriété intellectuelle – a suscité rapidement beaucoup d’intérêt dans le secteur privé. »

En plus de la PC-TRiADD et de Roche, les autres partenaires de financement sont notamment Cancer de la prostate Canada, la Prostate Cancer Foundation (États-Unis), Safeway Canada et les Instituts de recherche en santé du Canada.

Les essais cliniques du nouveau traitement devraient commencer d’ici 2020.

Selon la Société canadienne du cancer, le cancer de la prostate est celui qui est le plus souvent diagnostiqué chez les hommes et se classe au quatrième rang des principales causes de décès par cancer. Il est à l’origine de plus de 4 000 décès au Canada chaque année.