Sécurité publique Canada et le Réseau intégré sur la cybersécurité (SERENE-RISC) font équipe pour s’attaquer à l’un des plus grands défis liés à la sécurité en ligne : persuader les Canadiens d’adopter des pratiques dont l’efficacité a été prouvée scientifiquement.
Le Canada est un chef de file mondial de la cybersécurité. Pourtant, même si les Canadiens savent comment utiliser le Web de façon sécuritaire, un trop grand nombre omettent encore d’appliquer les pratiques de sécurité de base, par exemple, créer des mots de passe solides, mettre à jour leur système d’exploitation et n’utiliser que les réseaux sans fil protégés. Leurs appareils sont donc vulnérables aux virus, aux logiciels malveillants et à d’autres cybermenaces. En outre, les cyberattaques minent la confiance dans l’économie numérique du Canada, un moteur important de l’innovation et de la prospérité.
Depuis son lancement en 2014, SERENE-RISC s’emploie à combler cette lacune en collaborant avec des experts du milieu universitaire, des organismes gouvernementaux et des entreprises pour trouver des moyens concrets de diffuser largement les pratiques exemplaires et les résultats éprouvés de la recherche auprès des décideurs, des cadres d’entreprise, des universitaires, des professionnels de la cybersécurité et des citoyens.
« Nous pouvons afficher autant de conseils que nous le voulons dans notre site Web, mais cela n’est pas très utile si les gens ne savent pas qu’ils existent et s’ils ne les mettent pas en pratique. L’un de nos buts est d’amener un changement favorable à long terme », a déclaré Shirley McKey, directrice générale de SERENE-RISC, qui compte parmi ses membres un grand nombre des meilleurs experts du Canada en cybersécurité.
En décembre, le réseau a reçu des fonds du Programme de coopération en matière de cybersécurité de Sécurité publique Canada pour le Cybersecurity Public Awareness Tools and Library Outreach Project (projet de diffusion d’outils de sensibilisation publique à la cybersécurité par les bibliothèques). Le but est de transformer les meilleures données scientifiques en courts vidéoclips faciles à comprendre et en d’autre matériel de formation que les bibliothécaires et les bénévoles pourront utiliser pour aider les usagers des bibliothèques à adopter de bonnes habitudes qui améliorent la sécurité en ligne.
« Comme beaucoup de citoyens utilisent les services des bibliothèques, nous avons pensé qu’il serait logique de transformer les
conseils en matière de cybersécurité que nous avons élaborés et affichés dans notre site Web en une formation interactive qui pourrait être intégrée aux cours d’informatique et d’utilisation d’Internet que de nombreuses bibliothèques offrent à leur communauté, a expliqué Mme McKey. Nous travaillons aussi avec des chercheurs qui ont des données à jour sur l’utilisation des ordinateurs et l’utilisation des ordinateurs par des personnes plus âgées. Ces données seront également intégrées à la formation. »
Le projet a été lancé en mars 2016 avec une bibliothèque de langue française et une bibliothèque de langue anglaise. Il sera aussi lancé dans de nombreuses bibliothèques du Canada. Au début, il ciblera les personnes âgées – le groupe d’utilisateurs d’Internet qui connaît la croissance la plus rapide au Canada – ainsi que les jeunes – la tranche de la population qui utilise le plus Internet. Les aînés et les jeunes sont aussi les deux principaux groupes qui fréquentent les bibliothèques.
« Nous avons hâte que notre personnel participe au programme de formation des formateurs et que nos clients participent au programme de cybersécurité conçu précisément pour les utilisateurs d’ordinateur plus âgés. Le programme basé sur des données probantes qu’a élaboré SERENE-RISC complétera et améliorera la formation en TI que nous offrons actuellement », a déclaré Elizabeth Thornley, Élaboration des programmes, Bibliothèque publique d’Ottawa.
À l’aide d’autres fonds, SERENE-RISC prévoit élargir le projet et élaborer des programmes similaires avec d’autres groupes communautaires, par exemple les organisations de guides et de scouts, les écoles secondaires et les centres communautaires.