Innovation libre, partenariats créatifs et collaborations profitables
Consortium québécois sur la découverte du médicament – CQDM
Cet article provient du rapport sur le 25e anniversaire des RCE, « Forts de 25 années d’excellence en R et D ».
Le Canada a les atouts dont l'industrie pharmaceutique a le plus besoin aujourd'hui : recherche universitaire de grande qualité, établissements de
calibre mondial, solides réseaux de recherche, personnel hautement qualifié et entreprises de biotechnologie novatrices de calibre mondial.
Le défi commercial
En raison des risques élevés et des coûts croissants associés au développement de médicaments, les nouvelles
entreprises de biotechnologie ont de la difficulté à obtenir du financement. Celles qui réussissent doivent
souvent renoncer à trop de capitaux propres et celles qui ne réussissent pas peuvent quitter le Canada ou
fermer boutique. Ces difficultés, combinées aux expirations imminentes des brevets, ont déclenché une
restructuration majeure dans l'industrie pharmaceutique mondiale, alors que les entreprises s'efforcent de
réduire le risque et d'utiliser plus efficacement leur capital.
Les possibilités pour les entreprises Canadiennes
Le Canada est bien placé pour à la fois favoriser la croissance de son secteur biotechnologique et aider les
grandes entreprises pharmaceutiques à revitaliser leurs filières de produits. En effet, il a élaboré des
modèles d'investissement éprouvés qui réduisent le risque grâce à l'innovation libre et à la collaboration
en recherche et développement (R et D) avec de jeunes entreprises de biotechnologie, le milieu universitaire
et des organismes publics. Les entreprises de biotechnologie peuvent ainsi abandonner le modèle
des services payants, conserver leurs capitaux et la propriété intellectuelle et accroître leurs activités
au Canada.
Les réussites du CQDM
Le CQDM est une organisation sans but lucratif qui est parrainée par sept grandes entreprises pharmaceutiques
(Merck, Pfizer Canada, AstraZeneca, GlaxoSmithKline, Boehringer Ingelheim, Eli Lilly Canada et Novartis
Pharma Canada) et les gouvernements du Québec et du Canada. Il offre un financement crucial et
un terrain neutre qui permettent aux entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques, aux investisseurs
en capital-risque, aux universités, aux hôpitaux et aux gouvernements de travailler en collaboration afin d’accélérer la création et la validation d'outils et de plateformes
de recherche préconcurrentiels. Voici comment il procède.
- Saine gouvernance et saine gestion : Un conseil d'administration
et deux comités consultatifs – où sont fortement représentées
7 des 12 grandes entreprises pharmaceutiques du monde, ainsi
que des universités, des entreprises de biotechnologie, des
investisseurs en capital-risque et le gouvernement – guident
l'orientation stratégique, les priorités de recherche et les décisions
d'investissement du CQDM. L'excellence en recherche des projets
proposés et leurs éventuelles retombées sur l'industrie sont évaluées par un comité international et indépendant formé de
scientifiques éminents. Parallèlement, le consortium réalise une
analyse du risque pour tous les aspects liés à la propriété intellectuelle,
aux finances, à l'éthique et à l'organisation (notamment
la participation d'un partenaire du secteur privé). En plus de
participer à des comités et de jouer un rôle de mentor, les
membres qui représentent l'industrie pharmaceutique offrent
aussi une expertise industrielle essentielle et un accès à de
l'équipement spécialisé, à des bases de données et à des échantillons cliniques.
- Financement partagé, risque partagé, avantages partagés : Le modèle
commercial unique au monde du CQDM réduit le risque
associé aux premières étapes des travaux de recherche et comble
un vide financier crucial. Grâce à l'approche préconcurrentielle
axée sur la collaboration qu'a adoptée le CQDM, les fonds
privés et publics sont combinés pour financer des travaux qui
sont trop avancés pour les subventions traditionnelles, trop
préliminaires pour le capital-risque et trop coûteux pour les
entreprises seules. Ce modèle a un effet multiplicateur de 20.
Les contributions financières fournies par les membres de
l'industrie pharmaceutique représentent près de la moitié du budget du CQDM. Les consortiums similaires d'autres
pays attirent davantage de contributions en nature que de
contributions en espèces.
- Alignement de la recherche sur les besoins de l'industrie : Au plus
sept grands scientifiques provenant des entreprises pharmaceutiques
parraines jouent le rôle de mentor pour chaque projet.
Les solides liens ainsi établis entre l'industrie pharmaceutique
et le milieu scientifique – tant au sein qu'à l'extérieur du
CQDM – font en sorte que les travaux sont alignés sur les
besoins de chaque entreprise.
- Forte surveillance de l'industrie : Chaque plan de projet contient
des échéances claires, les étapes essentielles, les livrables et les
points de décision pour l'acceptation ou le rejet du projet. Les
rares ressources peuvent ainsi être attribuées aux projets qui
ont les meilleures chances de succès. Les mentors jouent un
rôle essentiel dans ces évaluations en donnant des avis aux
comités consultatifs du CQDM.
Les résultats
Medicago, une entreprise de biotechnologie au stade clinique, a investi 4 millions
de dollars dans son usine de production pilote de Québec, créé 20 emplois,
lancé une filiale américaine et signé une entente avec une entreprise
pharmaceutique membre du CQDM pour développer un vaccin contre la grippe.
Sa croissance est attribuable à une plateforme à haut débit – créée avec l'aide
du CQDM – qui repère les vaccins-candidats en moins de dix semaines, à un dixième du coût des méthodes classiques. VLPExpressmc élargit le portefeuille
de vaccins de Medicago en y ajoutant notamment des vaccins contre
l'Ebola et la rage. L'aide du CQDM a permis à Medicago d'augmenter sa valeur
marchande sans réduire son capital. En juillet 2013, celle-ci a annoncé une
alliance stratégique selon laquelle la société japonaise Mitsubishi Tanabe
Pharma en fera l'acquisition pour 357 millions de dollars.
Les ressources [fournies par Mitsubishi] nous
donnent la capacité de favoriser le développement
de vaccins novateurs en ayant la stabilité financière requise pour accroître nos activités
au Québec, au Canada, aux États-Unis et dans
le monde.
– Andy Sheldon, président et chef de la direction, Medicago
(Globe and Mail, le 12 juillet 2013)
Les avantages du CQDM pour les partenaires en biotechnologie
- Financement sans dilution : Grâce à l'aide du CQDM, les
entreprises peuvent diminuer le risque de la recherche et
constituer un portefeuille d'actifs avant de demander du capital-risque
plutôt que de vendre leurs actions.
- Les entreprises conservent les droits relatifs aux redevances,
aux jalons et au développement de produits.
- La collaboration avec des membres de l'industrie pharmaceutique
permet de faire progresser et de valider la technologie
et de créer des débouchés dans les marchés mondiaux.