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Rapport annuel des RCE 2005-2006
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Le traitement de l'obésité et de sa stigmatisation figure parmi les buts du nouveau réseau

La plupart des chercheurs en obésité au Canada ne se connaissent pas. Un plus grand nombre encore n'ont même pas conscience que leur champ de recherche a un rapport avec l'obésité.

Mais il y a du changement dans l'air. La décision des Réseaux de centres d'excellence de financer le Réseau canadien en obésité reflète une préoccupation grandissante à l'égard de l'épidémie d'obésité qui est en progression au Canada – et l'urgence de prendre des mesures pour faire face à la situation.

Arya Sharma est le directeur scientifique fondateur du nouveau réseau et un spécialiste de renommée mondiale de la recherche sur l'obésité et sa gestion. Il est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l'obésité cardiovasculaire et sa gestion à l'Université McMaster, qui est l'établissement hôte du réseau.

Au cours des deux prochaines années, Arya Sharma entend trouver les chercheurs et professionnels de la santé dont le travail se rapporte à l'obésité au Canada. Seulement alors, dit-il, le Canada pourra-t-il établir un vaste programme de recherche visant à traiter une « maladie » qui est restée pratiquement non soignée.

« Lorsque l'on regarde l'obésité comme un important phénomène social, biologique et complexe de notre époque, on constate soudainement qu'il se fait beaucoup de recherche dans le domaine », dit-il. « Le problème est que les chercheurs qui se spécialisent dans le cancer du sein, le remplacement de la hanche ou la psychiatrie, par exemple, n'ont pas conscience que leur travail peut se rapporter de très près à l'obésité. »

L'obésité et l'excédent de poids touchent quelque 18 millions de Canadiens et représentent chaque année un coût supérieur à 4,3 milliards de dollars pour le système de santé du Canada. Environ 12 millions de personnes présentent une surcharge pondérale. Un autre 5,5 millions sont obèses, dont 500 000, obèses morbides. Enfin, et plus alarmant encore, plus de 500 000 enfants canadiens sont aussi obèses. Le Réseau canadien en obésité proposera une réponse nécessaire de toute urgence à cette épidémie.

Le réseau regroupe des scientifiques de 21 universités canadiennes, de plus de 10 instituts internationaux en Amérique du Nord et en Europe, de 15 organisations sans but lucratif, d'organismes gouvernementaux et de 20 partenaires industriels. Il a déjà recensé 500 professionnels de la santé, chercheurs et étudiants qui travaillent dans un domaine relatif à l'obésité, notamment la psychologie du comportement, la publicité, l'agriculture, la génétique moléculaire, la santé des populations, la nutrition et la chirurgie bariatrique. Selon Arya Sharma, jusqu'à 2 000 personnes en poste dans les universités, les administrations publiques, l'industrie et les ONG font de la recherche dans un domaine lié à l'obésité au Canada.

Le réseau constitue une occasion sans précédent pour les chercheurs, les planificateurs des services de santé, l'industrie et les responsables des politiques de travailler ensemble à la mise au point de stratégies innovatrices visant à prévenir et à traiter l'obésité. L'interaction avec tous les intervenants – des conseils scolaires aux services des parcs et loisirs – est également prévue. « Il faut inclure tout le monde parce que l'obésité est en définitive une conséquence de la manière dont notre société fonctionne », affirme Arya Sharma.

Priorités de recherche
Le réseau s'associera à ses partenaires au cours des deux prochaines années pour définir les priorités de recherche. Par exemple, les chercheurs apprennent à mieux connaître les facteurs biologiques et environnementaux qui contribuent à l'obésité. Ce qui fait défaut, dit Arya Sharma, c'est un vaste choix de traitements médicaux pour ce qu'il décrit comme « une maladie chronique grave et débilitante. Si pour la plupart des maladies chroniques les options thérapeutiques sont variées, nous n'en sommes qu'au début pour l'obésité. »

Éliminer la stigmatisation et les idées fausses qui circulent au sujet de l'obésité sera une autre priorité. Le fait que la recherche sur les traitements médicaux ait été peu abondante reflète un parti pris dans la population en général, et au sein du milieu de la recherche, qui considère que l'obésité est simplement le résultat d'un mode de vie et non pas une maladie. « Nous apprenons que l'obésité, c'est bien plus compliqué que mal manger ou ne pas faire assez d'exercice. »

Même si le financement de la recherche sur les causes et la prévention de l'obésité a sensiblement augmenté, le nombre de chercheurs et de professionnels de la santé expressément formés pour prévenir et gérer l'obésité reste très insuffisant.

Le réseau espère attirer plus d'étudiants vers la recherche sur l'obésité. Pour ce faire, il offrira des possibilités de formation, notamment un « camp d'entraînement » de huit jours en matière d'obésité et des stages auprès des meilleurs chercheurs et cliniciens en obésité. Parmi les 500 professionnels qui participent au réseau à ce stade, une centaine sont des étudiants et des jeunes professionnels.

Même parmi les médecins et les professionnels de la santé, il y aurait, selon Arya Sharma, un manque de connaissances de base sur l'obésité. Pour résoudre le problème, le réseau prévoit élaborer des ressources pédagogiques qui pourront être distribuées aux professionnels de la santé, et organiser des conférences et des ateliers en ligne.

« Nous ne réussirons pas à résoudre le problème, même au niveau des politiques, tant que les professionnels de la santé n'en comprendront les tenants et aboutissants », explique Arya Sharma. « Les RCE représentent l'occasion pour le Canada d'accroître la formation et l'éducation par le travail en réseau. C'est la première étape vers la réduction des effets de l'obésité sur les plans humain et économique. »

www.obesitynetwork.ca

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