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RÉSEAUX | Réseau canadien de
recherche sur le langage et l'alphabétisation
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Surmonter un mauvais départ :
Le travail d'une chercheuse permet d'établir
un lien entre la pauvreté chez les enfants et une faible
littératie – et aide les enfants à rattraper
leur retard Il y a six ans, alors qu'elle demandait
à des écoliers de donner leur point de vue sur
l'amitié, la professeure Lily Dyson s'est rendu compte
d'une chose qui a changé le cours de sa carrière
de chercheuse – une chose qui pourrait enrichir la vie
de milliers d'enfants canadiens.
« Nous avons commencé par les écoles
les plus favorisées », dit la professeure
d'éducation spécialisée et de psychologie
scolaire à la Faculté des sciences de l'éducation
de l'Université de Victoria. « Dans ces
écoles, les enfants levaient tous la main chaque fois
que nous posions une question. Presque chaque enfant voulait
s'exprimer. Et lorsqu'ils prenaient la parole, leurs phrases
étaient longues et bien formulées. »
Mais lorsque la professeure Dyson s'est rendue, toujours
dans le cadre de son projet financé par le gouvernement
fédéral visant à promouvoir l'amitié
et l'acceptation des enfants handicapés, dans
les établissements scolaires du centre urbain, elle
a vu une différence marquée.
« Dans ces écoles qui étaient moins favorisées
sur les plans social et économique, nous avons eu du
mal à faire participer les enfants à la discussion.
Ils ne levaient pas la main. Ceux qui répondaient le
faisaient par de courtes phrases. La plupart du temps, leurs
réponses se résumaient à un mot ou à
une expression. Le vocabulaire n'était pas riche. »
La professeure Dyson, qui enseigne le développement
de l'enfant, dit que le fait de voir les niveaux de littératie
dans les écoles défavorisées « chuter
juste devant elle » l'a incitée à
« examiner le développement de la capacité
de lire et d'écrire chez les jeunes enfants pour déterminer
s'il existe un besoin de rattrapage ». Une fois
le projet sur l'amitié terminé, elle est retournée
dans les écoles pour mesurer l'incidence d'un statut
socio-économique peu élevé sur les niveaux
de littératie. Avec ses aides de recherche, des étudiants
des cycles supérieurs et du premier cycle, elle a mis
en place des séances de tutorat dans les écoles
élémentaires moins riches de Victoria pour évaluer
l'incidence d'une « intervention visant à
favoriser la littératie » sur les enfants
des foyers moins fortunés.
Un financement ultérieur lui a permis d'élargir
le champ de son étude et d'intervenir auprès
d'un nombre de plus en plus élevé d'enfants
de foyers à faible revenu. S'appuyant sur l'étude
transversale de 360 enfants, elle a pu observer l'écart
croissant dans les capacités de lecture et d'écriture
de la garderie à la 4e année entre les enfants
de foyers à faible revenu et ceux de familles plus
favorisées.
Aux États-Unis, la recherche a permis d'établir
un lien entre le statut socio économique et les niveaux
de littératie, mais au Canada, les données expérimentales
sont plus limitées. « Nous avons utilisé
des mesures plus fines, dit la professeure Dyson, dont le
travail financé par le Réseau canadien de recherche
sur le langage et l'alphabétisation a également
bénéficié de fonds de démarrage
du projet Human Early Learning Partnership (HELP)
de la Colombie Britannique. La plupart des autres études
ne s'intéressent qu'au vocabulaire des enfants à
l'aide d'un test succinct et simple – l'échelle
de vocabulaire en images Peabody. Nous étudions différents
aspects importants de la littératie, comme la reconnaissance
et la compréhension de textes, l'orthographe et la
capacité de recoder et de saisir un passage d'un document
à lire. Il s'agit d'une évaluation plus approfondie
des capacités de lecture et d'écriture.
Maryanne Trofimuk, qui enseigne en 4e et 5e
années à la Victoria West Elementary School,
voit autour d'elle l'utilité du projet de la professeure
Dyson. Elle constate l'amélioration des capacités
de lecture et d'écriture des enfants qui prennent part
au projet de lecture dans son école du centre de la
capitale de la Colombie Britannique.
« J'avais un enfant l'année dernière,
un élève de 4e année, dont
les résultats en lecture étaient bien inférieurs
à ceux d'un élève de ce niveau, dit Mme Trofimuk,
qui est également directrice adjointe de l'école.
« Il était très apathique et il y
avait de nombreux problèmes dans sa famille –
l'enfant répondait rarement aux attentes. Trois fois
par semaine, il rencontrait son tuteur. Parfois, il le rencontrait
avec appréhension et à contrecoeur, mais il
le rencontrait quand même. En cours d'année,
son niveau de lecture a grimpé de deux niveaux. Je
ne dis pas que c'est seulement grâce au tutorat, mais
je sais que l'incidence du tutorat a été énorme.»
Pour la professeure Dyson, la prochaine étape consiste
à influencer la stratégie des pouvoirs publics
visant à résoudre le problème des niveaux
de littératie moins élevés dans les zones
de pauvreté économique. Grâce au programme
HELP, le travail de Mme Dyson est déjà connu
au ministère des Enfants et de la Famille de la Colombie
Britannique. Le ministère de l'Éducation
de l'Ontario lui a également adressé des
demandes de renseignements au sujet de ses travaux publiés.
« L'étape suivante consiste à partager
les résultats avec les organismes gouvernementaux pour
montrer que le fait de consacrer plus de ressources et de
passer plus de temps auprès des enfants pauvres, dans
le cadre d'interventions de tutorat ou d'enseignement, aura
un effet concret », dit la professeure Dyson. « Les
gouvernements peuvent être amenés à revoir
leur stratégie. »
| Un bon départ
aide un enfant à avoir une vie meilleure
Un mauvais départ du point de vue de la
littératie peut avoir une incidence sur
la vie entière des gens. Pour une personne,
le fait d'être incapable de comprendre parfaitement
un texte ou de s'exprimer clairement peut limiter
le plaisir de vivre, réduire les chances
de réussite professionnelle et engendrer
des problèmes sociaux. La pauvreté
peut alors perpétuer le supposé
« cercle vicieux » –
perpétuer le développement limité
de compétences langagières chez
les enfants pour des générations
dans la même famille.
Le travail de la professeure Lily Dyson a démontré
une corrélation négative entre les
milieux à faible revenu et les niveaux
de littératie des enfants, les enfants
pauvres se retrouvant en retard dès la
garderie et perdant du terrain au cours de chaque
année qui passe.
Qu'est-ce qui influe sur la capacité
de lire d'un enfant?
« Le fait que les parents lisent
ou non et le niveau d'instruction des parents »,
dit la professeure Dyson. « Par exemple,
mes aides de recherche et moi-même avons
constaté que les parents des foyers à
faible revenu ne se désintéressent
pas nécessairement de la question. Elle
suscite leur enthousiasme, et ils participent
à notre atelier de lecture au foyer qui
leur est destiné. Mais leur niveau d'instruction
limité joue un rôle jusqu'à
un certain point. »
Pour la professeure Dyson, bien que la lecture
au foyer joue un rôle important, les enseignants
influent aussi considérablement sur les
niveaux de littératie des enfants des familles
à faible revenu.
« Des attentes plus élevées
des enseignants peuvent entraîner des niveaux
de littératie plus élevés.
On arrive ainsi à pallier le manque de
capital humain et de ressources consacrées
à l'apprentissage au foyer pour les enfants
de familles à faible revenu »,
dit elle. « Les enfants relèvent
le défi. »
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