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Rapport annuel des RCE 2005-2006
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Réseau canadien de recherche sur le langage et l'alphabétisation
 

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Surmonter un mauvais départ :
Le travail d'une chercheuse permet d'établir un lien entre la pauvreté chez les enfants et une faible littératie – et aide les enfants à rattraper leur retard

Il y a six ans, alors qu'elle demandait à des écoliers de donner leur point de vue sur l'amitié, la professeure Lily Dyson s'est rendu compte d'une chose qui a changé le cours de sa carrière de chercheuse – une chose qui pourrait enrichir la vie de milliers d'enfants canadiens.

« Nous avons commencé par les écoles les plus favorisées », dit la professeure d'éducation spécialisée et de psychologie scolaire à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Victoria. « Dans ces écoles, les enfants levaient tous la main chaque fois que nous posions une question. Presque chaque enfant voulait s'exprimer. Et lorsqu'ils prenaient la parole, leurs phrases étaient longues et bien formulées. »

Mais lorsque la professeure Dyson s'est rendue, toujours dans le cadre de son projet financé par le gouvernement fédéral visant à promouvoir l'amitié et l'acceptation des enfants handicapés, dans les établissements scolaires du centre urbain, elle a vu une différence marquée.

« Dans ces écoles qui étaient moins favorisées sur les plans social et économique, nous avons eu du mal à faire participer les enfants à la discussion. Ils ne levaient pas la main. Ceux qui répondaient le faisaient par de courtes phrases. La plupart du temps, leurs réponses se résumaient à un mot ou à une expression. Le vocabulaire n'était pas riche. »

La professeure Dyson, qui enseigne le développement de l'enfant, dit que le fait de voir les niveaux de littératie dans les écoles défavorisées « chuter juste devant elle » l'a incitée à « examiner le développement de la capacité de lire et d'écrire chez les jeunes enfants pour déterminer s'il existe un besoin de rattrapage ». Une fois le projet sur l'amitié terminé, elle est retournée dans les écoles pour mesurer l'incidence d'un statut socio-économique peu élevé sur les niveaux de littératie. Avec ses aides de recherche, des étudiants des cycles supérieurs et du premier cycle, elle a mis en place des séances de tutorat dans les écoles élémentaires moins riches de Victoria pour évaluer l'incidence d'une « intervention visant à favoriser la littératie » sur les enfants des foyers moins fortunés.

Un financement ultérieur lui a permis d'élargir le champ de son étude et d'intervenir auprès d'un nombre de plus en plus élevé d'enfants de foyers à faible revenu. S'appuyant sur l'étude transversale de 360 enfants, elle a pu observer l'écart croissant dans les capacités de lecture et d'écriture de la garderie à la 4e année entre les enfants de foyers à faible revenu et ceux de familles plus favorisées.

Aux États-Unis, la recherche a permis d'établir un lien entre le statut socio économique et les niveaux de littératie, mais au Canada, les données expérimentales sont plus limitées. « Nous avons utilisé des mesures plus fines, dit la professeure Dyson, dont le travail financé par le Réseau canadien de recherche sur le langage et l'alphabétisation a également bénéficié de fonds de démarrage du projet Human Early Learning Partnership (HELP) de la Colombie Britannique. La plupart des autres études ne s'intéressent qu'au vocabulaire des enfants à l'aide d'un test succinct et simple – l'échelle de vocabulaire en images Peabody. Nous étudions différents aspects importants de la littératie, comme la reconnaissance et la compréhension de textes, l'orthographe et la capacité de recoder et de saisir un passage d'un document à lire. Il s'agit d'une évaluation plus approfondie des capacités de lecture et d'écriture.

Maryanne Trofimuk, qui enseigne en 4e et 5e années à la Victoria West Elementary School, voit autour d'elle l'utilité du projet de la professeure Dyson. Elle constate l'amélioration des capacités de lecture et d'écriture des enfants qui prennent part au projet de lecture dans son école du centre de la capitale de la Colombie Britannique.

« J'avais un enfant l'année dernière, un élève de 4e année, dont les résultats en lecture étaient bien inférieurs à ceux d'un élève de ce niveau, dit Mme Trofimuk, qui est également directrice adjointe de l'école. « Il était très apathique et il y avait de nombreux problèmes dans sa famille – l'enfant répondait rarement aux attentes. Trois fois par semaine, il rencontrait son tuteur. Parfois, il le rencontrait avec appréhension et à contrecoeur, mais il le rencontrait quand même. En cours d'année, son niveau de lecture a grimpé de deux niveaux. Je ne dis pas que c'est seulement grâce au tutorat, mais je sais que l'incidence du tutorat a été énorme.»

Pour la professeure Dyson, la prochaine étape consiste à influencer la stratégie des pouvoirs publics visant à résoudre le problème des niveaux de littératie moins élevés dans les zones de pauvreté économique. Grâce au programme HELP, le travail de Mme Dyson est déjà connu au ministère des Enfants et de la Famille de la Colombie Britannique. Le ministère de l'Éducation de l'Ontario lui a également adressé des demandes de renseignements au sujet de ses travaux publiés.

« L'étape suivante consiste à partager les résultats avec les organismes gouvernementaux pour montrer que le fait de consacrer plus de ressources et de passer plus de temps auprès des enfants pauvres, dans le cadre d'interventions de tutorat ou d'enseignement, aura un effet concret », dit la professeure Dyson. « Les gouvernements peuvent être amenés à revoir leur stratégie. »

www.cllrnet.ca

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