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Rapport annuel des RCE 2005-2006
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Le renouvellement des RCE réaffirme le besoin d'équilibre entre foresterie et durabilité

Selon James Fyles, les Réseaux de centres d'excellence ont accompli un exploit que peu d'organismes dans le monde ont su réaliser – réunir autour d'une même table les gouvernements, l'industrie, les universités, les groupes autochtones et les ONG afin d'établir des pratiques de gestion des forêts davantage axées sur le développement durable.

« Une grande partie de notre recherche a consisté à essayer de comprendre ce processus incroyablement complexe qu'est la gestion durable des forêts, qui englobe aussi bien le comportement des microorganismes dans le sol que celui des responsables de l'élaboration des politiques à chaque niveau de gouvernement, et tout ce qu'il y a entre les deux », déclare James Fyles, directeur scientifique du Réseau de gestion durable des forêts (GDF) et écologiste forestier à l'Université McGill.

« Il y a énormément de fragmentation dans le secteur forestier, et notamment un chevauchement de compétences et des intérêts concurrents. Le réseau GDF commence à être perçu comme un intermédiaire honnête qui peut rassembler les parties afin de promouvoir le dialogue et l'apprentissage dans un cadre non conflictuel », ajoute-t-il. « Il s'agit d'un incroyable exploit qui aura une incidence durable sur la manière dont les forêts sont gérées au Canada. »

Le 28 mars, les RCE ont annoncé que le réseau GDF recevrait 12,3 millions de dollars pour son renouvellement. Cette annonce faisait suite à un examen approfondi des réalisations scientifiques du réseau, de ses priorités futures en matière de recherche, et de ses activités de formation et d'application des connaissances. Ce financement d'une durée de trois ans durera jusqu'à la fin du mandat de 14 ans du réseau.

Depuis le dernier renouvellement du réseau en 2001, le nombre de partenaires du réseau GDF a considérablement augmenté. Le réseau comprend aujourd'hui 160 chercheurs et plus de 200 étudiants diplômés de 35 universités qui travaillent en collaboration avec trois ministères fédéraux, sept gouvernements provinciaux ou territoriaux, douze entreprises, sept groupes autochtones et une organisation non gouvernementale – Canards Illimités Canada.

« Nous avons aussi fait en sorte que la masse critique de spécialistes dans les universités soit plus apte à répondre aux besoins, du côté tant des chercheurs établis que des étudiants diplômés de plusieurs disciplines, qui entrevoient dorénavant la possibilité de faire carrière dans ce domaine », affirme James Fyles.

À ce jour, 26 diplômés du réseau ont accepté des nominations professorales dans des universités à la grandeur du Canada. Six sont des chercheurs principaux qui participent à des projets financés par le réseau et cinq explorent des sujets qui se rapportent aux collectivités autochtones.

Le nombre de chercheurs en sciences sociales qui travaillent dans le domaine de la gestion durable des forêts a augmenté sensiblement. Au cours des premières années d'existence du réseau GDF, la recherche sur les questions forestières autochtones, par exemple, n'attirait généralement que quelques anthropologues et sociologues. Les projets actuels rassemblent des chercheurs aux spécialités variées : économie, anthropologie, politique publique, sciences politiques, gestion opérationnelle et droit. Les dépenses que le réseau consacre à la recherche reflètent cette évolution. Les sciences sociales et humaines représentent ainsi plus de 40 % du contenu des projets de recherche en 2006, comparativement à 20 % en 2002.

Réalisations à ce jour
La recherche du réseau GDF améliore les pratiques de gestion des forêts à la grandeur du Canada, et elle a une incidence directe sur la politique publique. Les résultats de la recherche du réseau ont été utilisés pour justifier des changements radicaux dans la gestion des forêts au Québec (la Commission Coulombe) et ont contribué d'importante façon au Forest Management Guide for Natural Disturbance Pattern Emulation en Ontario.

Dans l'Ouest du Canada, Alberta-Pacific Forest Industries Inc. (Al-Pac) utilise les résultats de la recherche du réseau pour mieux comprendre les effets cumulatifs des activités humaines dans l'un des coins les plus animés de la plaine boréale canadienne, de même que les interactions de l'utilisation des sols et de l'hydrologie dans la plaine boréale.

Plusieurs aspects du plan de gestion des forêts sur 20 ans proposé par Louisiana Pacific Canada au Manitoba reposent sur la recherche du réseau. Au Manitoba, Canards Illimités Canada utilise les résultats de la recherche du réseau pour contribuer à la modification des lignes directrices relatives aux zones riveraines et tampons. Au Nouveau Brunswick, J.D. Irving continue de travailler avec les chercheurs du réseau afin de déterminer le degré de sylviculture compatible avec la persistance des populations d'oiseaux forestiers sur les terres que la compagnie gère.

Prochaines priorités de recherche
Le programme de recherche du réseau GDF évolue sans cesse. Au cours des premières années d'existence du réseau, la recherche a porté sur les aspects écologiques des forêts et de la foresterie afin de comprendre comment les forêts gérées diffèrent des forêts naturelles.

Aujourd'hui, c'est l'ensemble du paysage forestier qui est pris en compte, ainsi que la multitude d'acteurs qui ont un intérêt dans la manière dont il est géré et protégé.

« Impossible de penser à protéger la biodiversité ou l'eau sur les terres forestières, par exemple, sans tenir compte du fait qu'il y a d'autres gens là-bas, comme les sociétés pétrolières ou gazières, qui construisent des routes pour s'y rendre », explique-t-il. « Cette évolution est devenue plus claire au cours des deux dernières années, et elle influera sur les types de recherche que nous examinerons et de partenaires que nous chercherons au cours de notre prochain cycle. »

À une réunion en mai, le réseau s'efforcera de définir les priorités de recherche que ses partenaires considèrent comme les plus urgentes en vue de son prochain concours de financement prévu pour l'automne 2006.

« Dans le cadre de cet exercice, nous examinerons la recherche effectuée à ce jour et jetterons certaines bases du questionnement à venir », ajoute James Fyles. « Cela veut dire que nous examinerons les liens complexes entre les systèmes naturel, social et économique afin de comprendre comment nous pouvons faire en sorte que la gestion de l'ensemble de ce territoire soit durable. Ce type de recherche diffère de celui que nous avons financé auparavant. »

www.sfmnetwork.ca

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