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RÉSEAUX | Réseau des aliments
et des matériaux d'avant-garde
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D'une stratégie de défense
de la nature à une stratégie de mise en marché
Le savoir-faire du réseau AFMNet
en matière de recherche scientifique et de transfert
de technologie donne naissance à une entreprise
Des composés que les plantes produisent pour se
défendre contre les champignons, les bactéries
et d'autres pathogènes se retrouveront sur le marché
grâce au travail de chercheurs et d'experts en transfert
de technologie du Réseau des aliments et des matériaux
d'avant-garde (AFMNet). Ces mécanismes naturels de
défense pourraient trouver une foule d'applications
en agriculture et en médecine, notamment pour la mise
au point d'antimicrobien aidant à protéger la
santé humaine.
La découverte scientifique qui a abouti à la
création d'une entreprise a été
faite en 1999, à l'Université de Victoria,
dans le cadre de recherches sur les composés de défense
produits par le douglas. La mise sur pied de la société
commerciale FloraPure BioSciences Inc., en février
2006, marque une nouvelle étape de ce long processus.
« Voici un exemple de recherches fondamentales sur
les tissus des organes reproducteurs d'espèces végétales
qui ont débouché sur la création d'une
entreprise — transition qui n'aurait pas été
possible sans l'appui de l'AFMNet. » déclare
Brett Poulis.
M. Poulis a commencé ses recherches pour appuyer sa
thèse de doctorat il y a sept ans. Il venait alors
de terminer ses études de premier cycle en chimie et
en biochimie. Il a travaillé en collaboration avec
Patrick von Aderkas, botaniste et professeur à l'Université
de Victoria.
| Le programme Research
to Business (R2B)
FloraPure BioSciences est la première
société constituée sous l'égide
du réseau AFMNet. « C'est formidable
de voir surgir notre première entreprise
commerciale aussi tôt après la création
du réseau. » déclare
Murray McLaughlin. « Les possibilités
de commercialisation des résultats de recherches
étaient si réelles que nous avons
tous compris qu'il fallait créer une entreprise
pour les exploiter. »
Par la tenue d'ateliers dans les universités
et par l'appui de projets particuliers, le programme
Research to Business (R2B) offre aux scientifiques
l'occasion de se familiariser avec les principes
fondamentaux de la mise en marché et les
pratiques commerciales modernes. « Notre
but est de guider les scientifiques dans leur
démarche depuis l'idée originale
jusqu'à la mise sur pied d'une entreprise
et de leur indiquer les pièges à
éviter. » déclare M.
McLaughlin. Le programme R2B appuie un des principaux
mandats de l'AFMNet, à savoir l'exploitation
des résultats des recherches sur les aliments
et les biomatériaux dans l'intérêt
économique et social de la population canadienne.
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Les chercheurs se sont attachés à élucider
un des mystères de la nature : comment les conifères
— en l'occurrence les douglas — se défendent-ils
contre les bactéries, les champignons et les virus
au moment de la pollinisation? Le vent qui transporte le pollen
sur les cônes femelles de ces arbres transporte également
divers pathogènes, mais les arbres ne sont pas envahis
par ceux-ci. « Nous avons posé l'hypothèse
que les arbres sécrètent, au moment de la pollinisation,
une substance particulière qui les protège contre
les pathogènes, puisque les cônes ne semblent
pas être touchés par des infections graves. »
explique M. Poulis. « Cependant, la présence
de composés antimicrobiens dans ces sécrétions
n'avait jamais été démontrée. »
Dès le début, M. Poulis a pressenti que ses
recherches pourraient aboutir à des applications commerciales.
« Les conifères sont des organismes anciens,
et ils ont acquis des mécanismes de défense
qui ont assuré leur survie durant des centaines de
millions d'années. J'étais convaincu qu'il y
avait là quelque chose qui pouvait être mis à
profit pour protéger non seulement les plantes et les
cultures, mais aussi la santé humaine. »
C'est ainsi que les deux chercheurs ont entrepris le
profilage des composés de défense présents
dans ces sécrétions. Ces travaux n'auraient
pu être réalisés avant, puisque les quantités
de sécrétions sont si infimes — de l'ordre
de 100 nanolitres — qu'il n'était
pas possible avec les moyens de l'heure d'analyser
leurs constituants. Ils ont pu être réalisés
en 1999 grâce aux progrès accomplis dans le domaine
de la protéomique. Le matériel de pointe a été
fourni par l'UVic-Genome BC Proteomics Centre, établissement
de renommée mondiale de recherche sur les protéines.
Les recherches ont été financées par
l'AFMNet au fur et à mesure de leur progression.
Plusieurs chercheurs y ont collaboré, dont Bob Olafson,
chimiste renommé spécialiste des protéines,
également de l'Université de Victoria,
et Robert Thornburg, de l'Iowa State University, spécialiste
du nectar qui étudie les composés de défense
produits par les plantes à fleurs. Plus récemment,
des partenariats multidisciplinaires ont été
formés par des chercheurs du réseau AFMNet de
différentes régions du Canada, notamment de
l'Université Dalhousie, de l'Université
de Guelph, de l'Université St. Francis Xavier
et de l'Université de Montréal.
MM. Poulis et von Aderkas ont découvert que les plantes
produisent une gamme de composés antibactériens
et antifongiques. Au fur et à mesure qu'ils avançaient
dans leurs travaux de purification, d'identification
et de caractérisation des composés protéiques
ou à faible poids moléculaire, ils voyaient
de plus en plus clairement le potentiel de commercialisation
de ces composés.
Pour les deux scientifiques, la commercialisation était
un territoire inconnu. Ils se sont donc tournés vers
l'AFMNet, qui les a mis en rapport avec Jeff Turner
et Murray McLaughlin, membres du comité de direction
de l'AFMNet et fondateurs du programme Research to Business
(R2B), volet du réseau spécialisé dans
la création d'entreprises et la mise en marché.
La première année, MM. Turner et McLaughlin
ont agi en qualité de mentors.
« Le programme R2B a été déterminant,
car les personnes qui en font partie réunissent une
somme imposante d'expérience, et elles nous ont encouragés
précisément aux moments où nous en avions
besoin. » affirme M. von Aderkas, qui ajoute :
« La prochaine étape consistera à
trouver suffisamment d'investisseurs pour financer notre projet. »
Grâce au programme R2B, les chercheurs ont pu élaborer
une stratégie de lancement d'entreprise, et ils sont
maintenant en voie de transférer à leur entreprise
les technologies mises au point et caractérisées
en laboratoire.
La société FloraPure BioSciences Inc. entend
exploiter un système unique d'expression de protéines
végétales pour la production et la purification
commerciales des composés recherchés. Les chercheurs
voient plusieurs applications possibles en agriculture et
en foresterie, notamment pour l'encapsulation de semences
d'arbres ou d'espèces cultivées contre les infections
fongiques. Dans le domaine médical, les composés
pourraient servir à la fabrication de crèmes
antibactériennes et antifongiques et d'antibiotiques
nouveaux et économiques.
www.afmnet.ca

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