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Rapport annuel des RCE 2005-2006
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Réseau des aliments et des matériaux d'avant-garde
 

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D'une stratégie de défense de la nature à une stratégie de mise en marché
Le savoir-faire du réseau AFMNet en matière de recherche scientifique et de transfert de technologie donne naissance à une entreprise

Des composés que les plantes produisent pour se défendre contre les champignons, les bactéries et d'autres pathogènes se retrouveront sur le marché grâce au travail de chercheurs et d'experts en transfert de technologie du Réseau des aliments et des matériaux d'avant-garde (AFMNet). Ces mécanismes naturels de défense pourraient trouver une foule d'applications en agriculture et en médecine, notamment pour la mise au point d'antimicrobien aidant à protéger la santé humaine.

La découverte scientifique qui a abouti à la création d'une entreprise a été faite en 1999, à l'Université de Victoria, dans le cadre de recherches sur les composés de défense produits par le douglas. La mise sur pied de la société commerciale FloraPure BioSciences Inc., en février 2006, marque une nouvelle étape de ce long processus.

« Voici un exemple de recherches fondamentales sur les tissus des organes reproducteurs d'espèces végétales qui ont débouché sur la création d'une entreprise — transition qui n'aurait pas été possible sans l'appui de l'AFMNet. » déclare Brett Poulis.

M. Poulis a commencé ses recherches pour appuyer sa thèse de doctorat il y a sept ans. Il venait alors de terminer ses études de premier cycle en chimie et en biochimie. Il a travaillé en collaboration avec Patrick von Aderkas, botaniste et professeur à l'Université de Victoria.

Les chercheurs se sont attachés à élucider un des mystères de la nature : comment les conifères — en l'occurrence les douglas — se défendent-ils contre les bactéries, les champignons et les virus au moment de la pollinisation? Le vent qui transporte le pollen sur les cônes femelles de ces arbres transporte également divers pathogènes, mais les arbres ne sont pas envahis par ceux-ci. « Nous avons posé l'hypothèse que les arbres sécrètent, au moment de la pollinisation, une substance particulière qui les protège contre les pathogènes, puisque les cônes ne semblent pas être touchés par des infections graves. » explique M. Poulis. « Cependant, la présence de composés antimicrobiens dans ces sécrétions n'avait jamais été démontrée. »

Dès le début, M. Poulis a pressenti que ses recherches pourraient aboutir à des applications commerciales. « Les conifères sont des organismes anciens, et ils ont acquis des mécanismes de défense qui ont assuré leur survie durant des centaines de millions d'années. J'étais convaincu qu'il y avait là quelque chose qui pouvait être mis à profit pour protéger non seulement les plantes et les cultures, mais aussi la santé humaine. »

C'est ainsi que les deux chercheurs ont entrepris le profilage des composés de défense présents dans ces sécrétions. Ces travaux n'auraient pu être réalisés avant, puisque les quantités de sécrétions sont si infimes — de l'ordre de 100 nanolitres — qu'il n'était pas possible avec les moyens de l'heure d'analyser leurs constituants. Ils ont pu être réalisés en 1999 grâce aux progrès accomplis dans le domaine de la protéomique. Le matériel de pointe a été fourni par l'UVic-Genome BC Proteomics Centre, établissement de renommée mondiale de recherche sur les protéines.

Les recherches ont été financées par l'AFMNet au fur et à mesure de leur progression. Plusieurs chercheurs y ont collaboré, dont Bob Olafson, chimiste renommé spécialiste des protéines, également de l'Université de Victoria, et Robert Thornburg, de l'Iowa State University, spécialiste du nectar qui étudie les composés de défense produits par les plantes à fleurs. Plus récemment, des partenariats multidisciplinaires ont été formés par des chercheurs du réseau AFMNet de différentes régions du Canada, notamment de l'Université Dalhousie, de l'Université de Guelph, de l'Université St. Francis Xavier et de l'Université de Montréal.

MM. Poulis et von Aderkas ont découvert que les plantes produisent une gamme de composés antibactériens et antifongiques. Au fur et à mesure qu'ils avançaient dans leurs travaux de purification, d'identification et de caractérisation des composés protéiques ou à faible poids moléculaire, ils voyaient de plus en plus clairement le potentiel de commercialisation de ces composés.

Pour les deux scientifiques, la commercialisation était un territoire inconnu. Ils se sont donc tournés vers l'AFMNet, qui les a mis en rapport avec Jeff Turner et Murray McLaughlin, membres du comité de direction de l'AFMNet et fondateurs du programme Research to Business (R2B), volet du réseau spécialisé dans la création d'entreprises et la mise en marché. La première année, MM. Turner et McLaughlin ont agi en qualité de mentors.

« Le programme R2B a été déterminant, car les personnes qui en font partie réunissent une somme imposante d'expérience, et elles nous ont encouragés précisément aux moments où nous en avions besoin. » affirme M. von Aderkas, qui ajoute : « La prochaine étape consistera à trouver suffisamment d'investisseurs pour financer notre projet. » Grâce au programme R2B, les chercheurs ont pu élaborer une stratégie de lancement d'entreprise, et ils sont maintenant en voie de transférer à leur entreprise les technologies mises au point et caractérisées en laboratoire.

La société FloraPure BioSciences Inc. entend exploiter un système unique d'expression de protéines végétales pour la production et la purification commerciales des composés recherchés. Les chercheurs voient plusieurs applications possibles en agriculture et en foresterie, notamment pour l'encapsulation de semences d'arbres ou d'espèces cultivées contre les infections fongiques. Dans le domaine médical, les composés pourraient servir à la fabrication de crèmes antibactériennes et antifongiques et d'antibiotiques nouveaux et économiques.

www.afmnet.ca

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