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À la recherche d'une solution à un problème de culture d'un milliard de dollars
Une équipe d'AFMNet met au point une technologie à base de peptides pour renforcer l'immunité des plantes

En un peu plus d'un an à peine, des chercheurs ont mis au point une méthode permettant de produire un grand nombre de peptides destinés à différents usages – des produits pharmaceutiques aux additifs pour prévenir l'altération des aliments.

Partout dans le monde, des bactéries et des champignons causent chaque année des pertes de récoltes évaluées à des milliards de dollars, et plus de 25 % de la production alimentaire végétale est perdue à cause de maladies microbiennes.

Un chercheur de l'Université de la Colombie Britannique, Robert Hancock, et ses collègues du Réseau des aliments et des matériaux d'avant garde (AFMNet) s'attaquent à ce problème mondial armés de peptides – des fragments de protéines dotés de puissantes propriétés antibactériennes.

L'idée est essentiellement la suivante : si l'on prend des gènes – qui expriment des protéines – naturellement présents dans le système de défense d'une plante et les renforce par des peptides qui combattent la maladie, la plante peut devenir plus résistante aux maladies qui l'attaquent.

L'approche de M. Hancock se fonde sur une nouvelle méthode pour produire en grande quantité des peptides dont des séquences d'amino acides ont été modifiées et cribler les « jeux de peptides » qui en résultent afin de trouver les combinaisons dotées d'une bonne activité microbienne. Il est ainsi possible de fabriquer de petits peptides antibiotiques hautement efficaces qui pourraient être utilisés dans des produits pharmaceutiques ou des additifs pour prévenir l'altération des aliments, par exemple.

« Ce processus nous a permis de créer un peptide efficace qui n'a que huit amino acides de long, ce qui en ferait le plus petit peptide connu doté d'une activité importante », dit M. Hancock

M. Hancock et ses collègues avancent rapidement : après un an d'activité seulement, ils ont mis au point deux nouvelles technologies et demandé des brevets pour les protéger. De plus, la recherche de M. Hancock est en train d'être publiée dans la prestigieuse revue Nature Biotechnology.

« C'est beaucoup de succès à obtenir en une seule année de collaboration », dit Allan Paulson, directeur scientifique adjoint d'AFMNet. « L'équipe a présenté une communication remarquable à notre réunion annuelle. »

La partenaire de M. Hancock dans son projet, Santosh Misra, professeure au Département de biochimie et de microbiologie de l'Université de Victoria, se concentre sur l'aspect « végétal » de la recherche, essayant d'aider les plantes à combattre la maladie.

Elle a déjà créé un peptide à l'aide d'un système d'expression inductible de blessure – un gène qui est exprimé lorsqu'une blessure est présente – du peuplier qui résistera à Fusarium, contaminant fongique commun et pathogène végétal bien connu qui peut causer diverses infections chez les humains.

Même si M. Hancock et Mme Misra faisaient tous les deux partie du Réseau canadien de recherche sur les bactérioses (RCRB), qui a terminé avec succès sa dernière année d'admissibilité au financement, c'est la création d'AFMNet qui a rendu le projet possible. En particulier, M. Hancock n'aurait pas considéré la possibilité d'utiliser des peptides comme additifs alimentaires.

« Ma recherche au sein du RCRB nous a certainement aidés à rapidement mettre au point cette technologie et présenter une demande de brevet, mais ce projet est entièrement nouveau pour AFMNet », dit M. Hancock. « Le réseau a appuyé une collaboration productive avec Santosh, ainsi que stagiaires qui répondaient à un grand besoin. »

Les deux partenaires industriels dans le projet, SynGene Biotek Inc., de Victoria, que Mme Misra a fondée en 1996, et Inimex Pharmaceuticals, Inc., de Vancouver, fondée par M. Hancock, offrent un débouché commercial potentiel à la recherche de l'équipe.

Sans la formation d'AFMNet, la probabilité de partenariats industriels serait mince, selon M. Hancock. C'est grâce au financement d'AFMNet que le postdoctorant Kai Hilpert a pu se joindre à son laboratoire. C'est lui qui a apporté la technologie du jeu de peptides.

« Nous n'aurions pas commencé à essayer de produire de petits peptides efficaces sans le financement d'AFMNet et la raison d'être des RCE – le travail en réseau, la création de propriété intellectuelle pour former des entreprises canadiennes et la formation de jeunes chercheurs –, et sans la collaboration du laboratoire de Santosh, qui a ouvert une voie potentielle pour la production de ces peptides par procédé végétal », dit M. Hancock.

www.afmnet.ca

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