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La santé des Inuits du Canada se détériore-t-elle?
Le changement climatique en est il une des causes?
Voilà quelques unes des nombreuses questions sur lesquelles
se penchent les chercheurs d'ArcticNet dans le cadre de l'étude
la plus approfondie jamais entreprise sur la santé des habitants
du Nord.
Il s'agissait d'une première, tant pour la communauté
scientifique canadienne que pour les habitants d'une des régions
les plus éloignées du pays.
| Le Canada dirige une étude
internationale
Avec ses collègues du Groënland, de l'Alaska
et de la Sibérie, ArcticNet dirige une initiative
en vue d'effectuer une étude longitudinale internationale
pour évaluer les impacts des changements alimentaires
et environnementaux sur les maladies cardiovasculaires,
le cancer et le diabète chez les populations
inuites de la planète.
Selon le Dr. Éric Dewailly, chercheur
d'ArticNet qui dirige l'Étude canadienne sur
la santé des Inuits, « l'étude
de la santé publique incluant des services médicaux
et de la recherche prioritaire, à bord du Amundsen,
pourrait servir de modèle à une étude
clé internationale dans les autres régions
circumpolaires ». |
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Le 28 août, une équipe pluridisciplinaire de médecins,
d'infirmières et de scientifiques quittait Churchill, au
Manitoba, à bord du premier brise glace de recherche du Canada.
Le NGCC Amundsen, traversant la baie d'Hudson vers l'est,
a atteint la communauté côtière de Kuujjuaraapik
dans le Nord du Québec. Il s'agissait de la première
des 14 communautés du Nunavik que le navire allait rallier
durant son expédition d'un mois.
Les chercheurs d'ArcticNet sont au nombre des participants à
la plus grosse enquête sur la santé des Inuits jamais
entreprise au monde. En effet, l'enquête interdisciplinaire
se penche sur l'état de santé global d'environ 1 000
résidents du Nunavik choisis au hasard et porte entre autres
sur les styles de vie, les régimes alimentaires, les maladies
du cœur, la densité osseuse, les habitudes de sécurité
et l'exposition aux contaminants de l'environnement.
L'enquête permettra aussi de détecter les problèmes
de santé plus pressants tels le diabète ou l'ostéoporose.
L'étude ne se serait peut être pas réalisée
sans la participation d'ArcticNet, qui est l'un des derniers réseaux
de centres d'excellence établis au pays.
Selon le Dr. Éric Dewailly, épidémiologiste
du Centre de santé publique de Québec à l'Université
Laval et principal instigateur de l'enquête : « Il
est très complexe et coûteux d'envoyer des gens dans
le Nord pour effectuer ce type d'étude. En regroupant diverses
études, y compris celle d'ArcticNet, une entreprise d'envergure
comme la nôtre devient rentable. Aucun groupe n'aurait pu
agir seul ».
ArcticNet contribue de deux composantes clés : il effectue
trois projets de recherche complémentaires et finance le
fonctionnement du brise glace rénové de la Garde côtière
canadienne grâce auquel on peut atteindre ces communautés
éloignées. L'Amundsen est une clinique médicale
et un laboratoire flottants qui contient tout l'équipement
dont les infirmières, les médecins et les chercheurs
ont besoin pour réaliser des tests exhaustifs sur des milliers
de résidents du Nord et leur environnement physique.
L'Amundsen offre une plate forme de recherche primaire
aux 145 scientifiques et étudiants canadiens et étrangers
qui participent au nouveau consortium de recherche ArcticNet, lequel
est évalué à 25,7 millions de dollars
et se penche sur les effets du changement climatique sur la nature,
la santé et la société dans l'Arctique canadien.
Le navire, qui peut accueillir 45 chercheurs et 36 membres d'équipage,
sert également de salle de classe à des douzaines
d'étudiants diplômés et d'Inuits
locaux qui contribuent aux diverses études.
« C'est la première fois qu'un navire de recherche
du genre est utilisé pour étudier la santé
des Inuits », de préciser le Dr. Dewailly,
qui ajoute : « En plus d'effectuer de la recherche, nous
pouvons offrir des services médicaux qui ne sont pas disponibles
dans les communautés, notamment pour le dépistage
du cancer du sein ».
| ArcticNet réalise l'expédition
scientifique la plus ambitieuse jamais entreprise par le Canada
dans le Grand Nord, celle qui fait le plus appel à
la collaboration. Chercheurs gouvernementaux et universitaires
dans les sphères des sciences naturelles, médicales
et sociales, collaborent avec les communautés locales
à la réalisation de projets communs concernant
les changements environnementaux, climatiques et sociaux dans
l'Arctique. |
Le voyage d'octobre permettra aux spécialistes de la santé
d'ArcticNet d'effectuer leurs premières études sur
le terrain. Un projet se penche sur la modification des habitudes
alimentaires et l'apparition de maladies chroniques, tandis qu'un
autre étudie la contamination de l'eau potable. Un troisième
projet effectue le suivi de la brucellose et de 11 autres zoonoses
qui se transmettent des animaux aux êtres humains. Les études
seront répétées en 2006 auprès d'Inuits
vivant sur l'île Baffin, au Nunavut.
Ces trois projets de recherche en santé font partie d'un
ensemble plus vaste et hautement intégré des 26 projets
qui composent le programme scientifique d'ArcticNet en vue d'étudier
les impacts environnementaux, médicaux et socio économiques
du réchauffement continu de l'Arctique. Plus tôt cet
été, les océanographes d'ArcticNet se sont
rendus dans la mer de Beaufort à bord du Amundsen
et dans la mer de Laptev (Sibérie) à bord du brise
glace russe Kapitan Dranytsin pour installer des observatoires
à long terme du changement dans la zone côtière
de l'océan Arctique. Avec l'aide d'ArcticNet, des spécialistes
en sciences sociales ont également entrepris une consultation
majeure des communautés inuites au sujet du changement climatique
et de ses impacts.
Les données compilées à la suite d'une étude
de moindre envergure portant sur la santé des Inuits du Nunavik
en 1992 ont entraîné l'interdiction des munitions à
grenaille de plomb ainsi que des programmes pour réduire
l'exposition au mercure des femmes enceintes, prévenir les
carences en fer et réduire le tabagisme. Le Dr. Dewailly
précise que cette étude servira à élaborer
des programmes semblables de prévention des maladies et de
promotion de la santé.
Le Dr. Dewailly se fait d'ailleurs insistant : « En
recourant seulement aux statistiques sur la santé, notamment
les taux de mortalité ou d'hospitalisation, vous arrivez
trop tard. La présente étude est importante, car nous
allons voir les gens en santé pour détecter les débuts
d'anomalies. Il sera beaucoup plus efficace de modifier le dépistage,
la promotion de la santé et la prévention de la maladie
que d'attendre qu'il ne soit trop tard ».
www.arcticnet.ulaval.ca

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