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Il suffit parfois, pour qu'une importante découverte voit le jour, que quelqu'un se trouve au bon endroit au bon moment. C'est ce qui est arrivé en 1996, lorsque les Drs Alex MacKenzie et Philippe Gros ont entamé des discussions lors d'une réunion scientifique du Réseau canadien sur les maladies génétiques. Ils ont depuis fait une percée remarquable dans la lutte contre la maladie des légionnaires.
C'est presque par hasard que les Drs MacKenzie et Gros
ont découvert que leurs champs d'étude respectifs n'étaient pas aussi
différents qu'ils le croyaient. Le Dr MacKenzie, chercheur
du RCMG au Children's Hospital of Eastern Ontario, avait identifié
un gène appelé Naip pendant qu'il recherchait le gène responsable
de la maladie d'Aran-Duchenne, maladie neurologique fatale chez
les enfants. Le Dr Gros, professeur au département
de biochimie de l'Université McGill, étudiait la susceptibilité génétique
à la maladie des légionnaires chez la souris. La rencontre fortuite
de ces deux chercheurs, à Vancouver, a semé les germes de ce qui allait
devenir une nouvelle découverte importante, soit celle du rôle joué
par le gène Naip5 dans la lutte contre la maladie des légionnaires.
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La découverte de gènes est un gage d'espoir
Les chercheurs du RCMG ont utilisé une technique appelée " complémentation fonctionnelle " pour identifier le gène Naip5, gène associé à la maladie des légionnaires. Des éléments du chromosome 13 de la souris ont été insérés dans des souris qui étaient susceptibles à l'infection par Legionella. Lorsqu'un élément d'ADN contenant le gène Naip5 a été inséré dans ces mêmes souris, elles sont devenues résistantes à l'infection.
" Cela montre que la réplication de Legionella chez
les souris est régulée par un gène de l'hôte et fait
ressortir le rôle de la constitution génétique de l'hôte
dans le processus infectieux, explique la Dre
Vidal, chercheuse à l'Université d'Ottawa. Au cours
des dernières années, plusieurs gènes de l'hôte qui
confèrent une protection contre les pathogènes viraux
et bactériens ont été identifiés. Nous prévoyons que
ce processus va s'accélérer avec la mise au point de
meilleures techniques génomiques et la disponibilité
de séquences des génomes humain et murin.
La maladie des légionnaires est une forme de pneumonie
grave qui est apparue pour la première fois en 1976,
au cours d'une convention de légionnaires qui avait
lieu à Philadelphie, Pennsylvanie. Environ 10 à 15 %
de ces infections sont mortelles. La maladie est généralement
transmise aux humains par le biais d'aérosols produits
par les unités de refroidissement des appareils de climatisation
de l'air, les douches et les robinets.
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Cette rencontre a rapidement donné lieu à un nouvel effort de recherche
concerté, mettant à contribution les Drs MacKenzie,
Gros et Silvia Vidal, scientifique à l'Université d'Ottawa. Ensemble,
ils ont découvert que lorsqu'un morceau d'ADN contenant le gène Naip5
était inséré dans des souris, cela pouvait empêcher la bactérie Legionella
d'infecter les souris. Les résultats de la recherche ont été publiés
dans le numéro de janvier 2003 de la revue scientifique, Nature Genetics.
" Nous avons essentiellement découvert qu'une protéine intervenant
dans la survie des neurones influe également sur la capacité des
macrophages de lutter contre l'infection par Legionella ",
explique le Dr Gros. " Nous espérons que cette découverte
nous permettra de déterminer si les gènes humains reliés au gène
Naip5 jouent un rôle dans la pathogenèse de la maladie des légionnaires
de l'humain. "
Il ajoute que la réunion de Vancouver a été l'occasion, pour lui
et le Dr MacKenzie, d'intégrer leurs champs d'étude
respectifs. " C'est l'histoire idéale de la rencontre entre
scientifiques issus de sphères différentes ", dit le Dr Gros,
qui est également chercheur au Centre de recherche sur le cancer
de l'Université McGill et au Centre de recherche sur la résistance
de l'hôte de McGill. " De toute évidence, cette collaboration n'aurait
pas été possible sans le RCMG. "
Le Dr Michael Hayden, directeur scientifique du
RCMG et directeur du Centre for Molecular Medicine and Therapeutics
à Vancouver, affirme que l'un des atouts du RCMG est le fait qu'il
facilite les collaborations informelles entre des chercheurs de
partout au pays. " Le RCMG a notamment pour objectif d'encourager
la collaboration entre les gens, et nous avons là un bon exemple
des résultats possibles de ce type de rencontres fortuites favorisant
les échanges informels ", dit le Dr Hayden.
Il ajoute que les recherches appuyées par le RCMG ont conduit à
la découverte de plus de 50 gènes liés à des maladies.
La réunion scientifique annuelle du RCMG a été la plate-forme
de lancement de cette découverte qui, de l'avis du Dr Gros,
est une étape essentielle à la mise au point de nouveaux traitements
dans l'avenir. Mais ce n'est pas tout : le réseau finance le projet
depuis ses tout débuts. Il a versé environ 75 000 $ (chiffre
partiel) au cours des dix dernières années, et a fourni les installations
de base. Le projet de recherche a aussi reçu des subventions des
Instituts de recherche en santé du Canada et d'Innovation Québec.
Dans une perspective tournée vers l'avenir, les scientifiques affirment
qu'il leur reste encore à mieux comprendre leur découverte et notamment
à effectuer des recherches visant à déterminer si les gènes humains
liés au Naip jouent un rôle dans la pathogenèse de la maladie chez
les être humains. " Nous en sommes encore aux travaux préliminaires,
mais c'est un processus très stimulant, ajoute la Dre Vidal.
Tous, je pense, n'ont que des éloges à l'endroit du RCMG. "
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