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Bioniche Life Sciences s'approche à grands pas de la commercialisation d'un nouveau vaccin qui pourrait entraîner des millions de dollars d'économies pour l'industrie du bœuf en Amérique du Nord. Cette innovation aurait pu ne jamais voir le jour, n'eût été du travail accompli par des chercheurs de trois universités et de l'existence du Réseau canadien de recherche sur les bactérioses, qui a favorisé cette collaboration mutuelle.
L'industrie canadienne du bétail a essuyé plusieurs tempêtes au cours des dernières années, la plus dévastatrice ayant été celle de l'encéphalite spongiforme bovine (ESB) ou maladie de la vache folle.
Toutefois, la majorité des gens ignorent que le secteur de l'élevage bovin en Amérique du Nord subit chaque année des pertes de 1 million de dollars en raison de la grippe bovine, communément appelée fièvre des transports. Haemophilus somnus (H. somnus) est l'un des principaux pathogènes associés à la fièvre des transports et l'une des principales causes bactériennes de pertes financières pour les éleveurs de bovins de boucherie. Des vaccins contre H. somnus existent déjà sur le marché, depuis 15 à 20 ans, pourtant le nombre de cas ne cesse d'augmenter d'une année à l'autre.
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On sait depuis des décennies que H. somnus peut engendrer, chez les bovins, une affection neurologique appelée méningo-encéphalite thromboembolique infectieuse.
Depuis ce temps, ce microorganisme a été associé à un certain nombre d'autres manifestations pathologiques, dont la pneumonie, l'arthrite, la myocardite et la septicémie. L'ensemble de ces manifestations est appelée hémophilose bovine.
Le coût associé aux maladies respiratoires bovines ne se limite pas à la mortalité animale. Les producteurs subissent d'autres pertes, qui prennent la forme d'une réduction du gain pondéral des bovins, du recours aux antibiotiques et de la piètre qualité de la viande et des peaux.
Pour le secteur en difficulté de l'élevage bovin au Canada, cela pourrait représenter des économies d'au moins 25 millions de dollars par année. " Pour les éleveurs de bovins, cela signifierait essentiellement la possibilité d'avoir accès à un outil qui permet de réduire les pertes financières ", dit le Dr Andrew Potter, chercheur à la Vaccine and Infectious Disease Organization.
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" Manifestement, il y a lieu d'améliorer la capacité de ces vaccins de
protéger contre les infections respiratoires ", affirme le Dr
Andrew Potter, spécialiste en biologie moléculaire à l'emploi de la
Vaccine and Infectious Disease Organization (VIDO) de l'Université
de la Saskatchewan.
Le Dr Potter, qui est l'instigateur du projet, le Dr Lorne Babiuk, directeur de la VIDO, et le Dr Anthony Schryvers de l'Université de Calgary ont mis au point ce qui pourrait bien être, selon eux, la réponse au problème posé par H. somnus.
Dispersés en divers lieux dans l'Ouest canadien, les scientifiques
ont eu l'occasion de se rencontrer grâce au Réseau canadien de recherche
sur les bactérioses (RCRB), un réseau de centres d'excellence. " J'ai
rencontré Andy (Potter) et Lorne Babiuk lors de réunions du RCRB.
C'est ce qui nous a incités à explorer l'utilisation de protéines
réceptrices dans des agents pathogènes vétérinaires ", dit
Schryvers.
Schryvers s'est joint au projet en raison de l'intérêt qu'il porte
depuis longtemps aux protéines spécifiques présentes dans les bactéries
pathogènes impliquées dans l'acquisition du fer. Selon lui, elles
constituent des cibles idéales pour les vaccins, étant donné le
rôle crucial qu'elles jouent en tant que protéines liant la transferrine.
" Nous estimons que nous disposons de l'expertise complémentaire
nécessaire à la mise au point du vaccin ", explique Potter.
Les chercheurs avaient pour objectif de déterminer quelles étaient les protéines utilisées par les bactéries pour acquérir les nutriments de l'hôte - dans ce cas, le fer. Ils ont émis l'hypothèse que si les bovins étaient vaccinés au moyen de ces protéines et développaient des anticorps contre ces dernières, les bactéries ne seraient plus en mesure de se procurer ce nutriment essentiel et mourraient.
Ce qui différencie le vaccin mis au point par cette équipe de ceux déjà sur le marché, c'est le recours à la technique de l'ADN recombinant, qui permet de produire de grandes quantités de produits sous une forme très pure. On obtient ainsi un produit plus sûr, capable d'induire une meilleure réaction immunitaire que les vaccins classiques.
Une série d'essais sur des vaccins, menés au cours des quatre ou cinq dernières années, a confirmé le bien-fondé de leur hypothèse. L'une des protéines utilisées par les chercheurs - TbpB - est impliquée dans l'acquisition du fer et semble être un antigène protecteur. Une deuxième protéine, LppB, est un important antigène protecteur produit par toutes les souches de H. somnus examinées jusqu'ici.
Le RCRB a offert un financement initial visant à permettre aux
chercheurs de procéder à la validation de principe de ces travaux,
ce qui " est absolument crucial " selon Potter, et a aidé
à protéger la propriété intellectuelle. " Aucune entreprise
ne voudra participer si l'on ne peut lui prouver que ça fonctionne
vraiment ".
Après avoir établi l'efficacité du vaccin dans un milieu contrôlé à l'aide de matériel produit dans un laboratoire de recherche, la prochaine étape consiste à démontrer qu'un vaccin produit dans des conditions de fabrication commerciale est efficace dans des essais à petite et à grande échelle.
Leur partenaire commercial, Bioniche Life Sciences Inc. de Belleville (Ontario), produira le grand nombre de doses nécessaires à la réalisation de ces études d'efficacité.
Le Dr Potter ajoute que l'expertise du RCRB en matière
de transfert de technologie aidera à accélérer la mise en marché
du vaccin. " Dès qu'il est question de partenariats, en particulier
avec le secteur commercial, il importe qu'un organe soit en mesure
de gérer les interactions externes. "
Le Dr Schryvers reconnaît la contribution importante
du RCRB à la découverte. " C'est l'un des atouts du RCRB, dit-il,
car ce type de relations s'établit au fil des ans et conduit finalement
à l'application de certaines recherches fondamentales. "
La directrice administrative du RCRB souligne toutefois que tout
le mérite de cette découverte revient aux chercheurs. " C'est
vraiment eux qui vont pousser plus loin l'application de cette technologie
pour mettre au point un nouveau vaccin ", dit Ying Gravel.
Le RCRB a financé les travaux et, en bout de ligne, il faut se réjouir
de ce débouché dans le secteur de l'utilisation finale et de la
mise au point d'un vrai produit. "
www.cbdn.ca

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