| DFT Microsystems a démontré qu'il
est possible de trouver du capital-risque lorsqu'on a une technique
prête à être commercialisée. L'entreprise essaimée de l'Université
McGill a obtenu 4,5 millions de dollars pour commercialiser
un nouveau système de vérification des micropuces qui offre les
mêmes avantages que les appareils encombrants coûtant des millions
de dollars.
Toute recherche ne débouche pas sur un produit commercial, mais il
arrive qu'on trouve un filon. Au cours de la dernière année, DFT Microsystems
a attiré l'attention de la communauté des investisseurs avec une technique
dont la mise au point, avec l'appui financier de Micronet et du Conseil
de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), a demandé
plus d'une décennie.
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Favoriser l'innovation dans les microsystèmes
Micronet est un réseau pancanadien de chercheurs qui travaillent dans les universités, l'industrie et les organisations gouvernementales et qui collaborent à la création de la prochaine génération de systèmes microélectroniques. Il concentre ses efforts sur la recherche préconcurrentielle ayant pour objet l'élaboration de systèmes sur puce pour les communications, l'informatique et l'instrumentation.
Le budget annuel de Micronet s'élève à environ 4,3 millions
de dollars et comprend un octroi des Réseaux de centres
d'excellence (RCE), des contributions industrielles
et des subventions de contrepartie du Conseil de recherches
en sciences naturelles et en génie.
Les fonds du RCE exercent un effet de levier considérable,
influençant l'orientation et la pertinence industrielle
des activités des chercheurs universitaires de Micronet,
qui bénéficie d'un montant supplémentaire de 7,5 millions
en fonds de recherche d'autres sources.
Au cours de la dernière année, Micronet a continué à mettre à contribution les talents canadiens en recherche dans les universités, les entreprises et les administrations publiques en vue de renforcer la compétitivité des industries canadiennes dans les domaines de la microélectronique et de la technologie informatique.
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Gordon Roberts, professeur titulaire d'une chaire James McGill de génie électrique et informatique à l'Université McGill, et ses étudiants diplômés ont trouvé une solution efficace et économique pour remplacer les appareils hautement perfectionnés que l'industrie des semiconducteurs utilise actuellement pour tester les micropuces à signaux analogiques/mixtes.
Dans les tests électroniques traditionnels, on fait passer le signal du circuit intégré au testeur après les avoir reliés à l'aide de fils. L'équipe du professeur Roberts a conçu une approche différente consistant à intégrer le testeur à la puce. Aucune entreprise, à son avis, ne procède ainsi pour la mesure de signaux analogiques.
Conséquence : on peut remplacer ces gros testeurs, coûtant des
millions de dollars, par un dispositif mesurant à peine quelques
millimètres et fonctionnant à la même vitesse que le signal de la
puce. De plus, il est possible d'espérer une réduction du prix des
produits de consommation à puces, étant donné que le testage représente
jusqu'à 50 % du coût de production des puces.
Plusieurs années de R-D peuvent être nécessaires avant que la technologie ne fasse son entrée sur le marché. L'an dernier, Gordon Roberts a saisi la possibilité de passer du laboratoire au marché en lançant deux nouvelles entreprises : DFT MicroSystems Canada (DFT Canada), dont il est président et directeur général, qui a son siège à Montréal et qui emploie plusieurs ingénieurs diplômés de McGill (dont un bon nombre ont travaillé sur des recherches parrainées par Micronet), et DFT MicroSystems, société du Delaware basée à Philadelphie.
La combinaison technologie éprouvée et ingénieurs de grand talent
a aidé à convaincre un important investisseur en capital de risque
que l'entreprise constituait un risque intéressant. En octobre 2002,
MSBI Capital de Montréal a investi 420 000 $ en capital
d'amorçage dans DFT, puis 4 millions supplémentaires en juillet
2003.
Selon Chris Arsenault, un associé de MSBi Capital, " DFT possède
une solide base de propriété intellectuelle et est en train d'acquérir
une position enviable sur le marché pour une compagnie aussi jeune.
En plus de collaborer de près avec les fondateurs à l'implantation
des entreprises, au recrutement d'experts qualifiés et de partenaires
stratégiques, MSBI est heureuse d'avoir pu apporter son aide financière
au-delà des fonds de lancement ".
M. Roberts reconnaît que Micronet, le CRSNG et des organisations comme la Société canadienne de micro-électronique lui ont permis de perfectionner la technologie jusqu'au stade où elle pouvait susciter l'intérêt des investisseurs.
Un commentaire des investisseurs potentiels contactés était que l'entreprise n'était pas vraiment une jeune entreprise, raconte M. Roberts qui dirige une équipe de recherche parrainée par Micronet à l'Université McGill. En effet, elle avait déjà mis au point un prototype pour faire la démonstration de ses revendications. Elle n'est pas allée voir les investisseurs pour leur parler de ce qu'elle voulait réaliser parce que le travail était déjà fait. Son objectif est maintenant de vendre la technologie.
DFT devrait commencer à vendre d'ici la fin de 2003. Elle s'attend
à ce que ses revenus atteignent 2,5 millions en 2004 et grimpent
à près de 8 millions en 2005.
" C'est grâce à des groupes comme Micronet que le Canada jouit
d'une avance technologique énorme. Cela ne fait aucun doute du point
de vue commercial, indique M. Roberts. "
www.micronetrd.ca

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