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Un robot de l’ère spatiale accroît la précision des biopsies pour le cancer

Le Dr. Mehran Anvari et le système de robotique automatisé guidé par l’image (IGAR)

Le Dr. Mehran Anvari et le système de robotique automatisé guidé par l’image (IGAR)

Les femmes de l’Ontario et du Québec continueront d’être parmi les premières du monde à profiter d’un chirurgien robot qui fait des biopsies du sein. Cette technologie fabriquée au Canada est issue du bras spatial canadien (Canadarm) et de la Station spatiale internationale. Elle promet d’être plus rapide et plus exacte que les procédures manuelles actuelles. De plus, elle peut être utilisée à distance par un radiologue, ce qui assure un accès égal aux soins chirurgicaux partout au Canada.

Les résultats des premiers essais de sûreté du système de robotique automatisé guidé par l’image (Image Guided Automated Robotic ou IGAR) sont encourageants : les patientes ont déclaré ressentir moins de douleur et mieux accepter l’intervention comparativement à la procédure manuelle. En 2015, les essais cliniques de phase II du robot IGAR commenceront au St. Joseph’s Healthcare Hamilton et à l’Hôpital du Saint‑Sacrement de Québec et dureront deux ans.

« L’étude pilote initiale a montré qu’il est vraiment possible de faire des biopsies peu invasives à distance, a déclaré Nathalie Duchesne, cochercheuse pour l’étude clinique et radiologue mammaire à l’Hôpital du Saint‑Sacrement du CHU de Québec. En cette période où nous manquons de radiologues et où certaines femmes n’ont pas accès à l’expertise et aux technologies peu invasives à leur hôpital local, il suffit de la présence d’un technologue et du robot IGAR qui serait alors guidé par un radiologue expert ou spécialisé (et non par un radiologue général) se trouvant dans un autre hôpital. Cette technologie permettrait d’améliorer les soins prodigués aux patientes et d’économiser. »

Depuis son lancement en 2009, le Centre for Surgical Invention and Innovation (CSii) s’emploie à transformer la robotique spatiale en une technologie médicale. Ce centre d’excellence en commercialisation et en recherche (CECR) installé à Hamilton a établi très tôt un partenariat avec MacDonald Dettwiler and Associates Inc. (MDA), le fabricant du Canadarm, pour concevoir et fabriquer le système.

L’objectif de MDA est d’adapter au marché des soins de santé, particulièrement celui des procédures chirurgicales peu invasives, les capacités robotiques complexes qu’elle a élaborées pour les programmes de la navette spatiale de la NASA et de la Station spatiale internationale.

« Comme le CSii a établi des liens solides avec la McMaster University et des hôpitaux de Hamilton et d’autres villes, nous pouvons très rapidement établir à notre tour de solides relations avec des chercheurs universitaires et des cliniciens, a affirmé Tim Fielding, gestionnaire du développement des produits chez MDA. Ces relations nous permettent d’échanger des idées et des opinions sur les projets de recherche pertinents, les technologies à développer et la façon de les utiliser. » 

Le CSii a établi des partenariats avec des entreprises qui se classent parmi les chefs de file mondiaux de la fabrication d’équipement d’imagerie et de biopsie du sein. Son objectif est de fabriquer un système que les hôpitaux pourront acheter pour moins de 500 000 $, un prix beaucoup moins élevé que celui des robots chirurgicaux commerciaux actuellement offerts sur le marché, qui peuvent coûter plus d’un million de dollars.

Le système robotique mammaire IGAR est conçu pour fonctionner de concert avec un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM), essentiel à la détection précoce des lésions mammaires suspectes. Le radiologue utilise un logiciel d’imagerie spécial pour marquer la cible éventuelle et indiquer au robot IGAR le chemin à suivre. Grâce à ce logiciel, il peut atteindre la cible chaque fois au millimètre près, peu importe son expérience. La biopsie ciblée accroît la précision de la procédure, réduit le nombre d’erreurs et accélère le début du traitement des femmes qui vivent à l’extérieur des grandes villes.

« Lorsqu’un anesthésique est injecté dans un tissu mammaire dense ou gras, sa diffusion peut être inégale, car il y a de la résistance, a expliqué Mme Duchesne. Cela n’est pas un problème pour le robot IGAR, qui fonctionne comme le régulateur de vitesse de votre voiture : que la route soit plate ou pentue, la voiture roule à la même vitesse. De même, le robot IGAR assure une vitesse d’injection uniforme, ce qui rend la procédure moins désagréable pour la patiente. »

Le principal atout commercial du robot IGAR est son système multiplateforme, qui peut être adapté à de nombreuses applications. La détection précoce du cancer du sein n’est que la pointe de l’iceberg. Au début de 2014, le CSii a conclu une entente avec la société californienne Sanarus Technologies pour intégrer au robot IGAR la technologie de cryoablation qui tue les cellules cancéreuses.

En outre, le CSii collabore avec la société torontoise Health Technology Exchange pour évaluer les débouchés commerciaux internationaux du robot IGAR, particulièrement aux États‑Unis, en Europe et en Asie.

« Nous pensons que ce système de guidage par imagerie médicale comporte de nombreuses possibilités. Nous voulons en explorer différentes applications cliniques », a conclu M. Fielding.