Rseaux de centres d'excellence
Gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Le Canada devient un chef de file en R et D automobile grâce à AUTO21

Le but de la recherche automobile n’est pas seulement de fabriquer davantage de meilleurs véhicules à un prix moindre. Comme l’a découvert le RCE AUTO21, il est aussi de réduire les décès et les blessures chez les jeunes enfants, la criminalité et notre dépendance au pétrole.

Un événement sans précédent s’est produit au tournant des années 2000.

Le milieu universitaire, le secteur public, les constructeurs d’automobiles et leurs fournisseurs ont présenté un plan visant à créer un réseau de recherche pancanadien afin d’améliorer la sûreté et la durabilité des automobiles et la compétitivité de l’industrie canadienne de l’automobile dont la valeur annuelle des ventes se chiffre à 85 milliards de dollars.

Lancé en 2001, AUTO21 était, à l'époque, le plus gros RCE jamais financé et probablement le plus vaste. Il ne réunissait pas uniquement des ingénieurs, mais aussi des professionnels de tous les domaines : médecins, infirmières, scientifiques, sociologues, avocats, psychologues, géographes, spécialistes de l’activité physique et artistes.

Avant la création de ce réseau, il y avait relativement peu de chercheurs dans le domaine automobile au Canada. Aujourd’hui, alors que le mandat de 14 ans du réseau tire à sa fin, près de 200 chercheurs et plus de 400 étudiants diplômés et stagiaires postdoctoraux hautement qualifiés des quatre coins du pays collaborent avec quelque 120 entreprises et d’autres partenaires externes à 38 projets de recherche. Depuis 2001, le réseau a formé plus de 2 500 jeunes professionnels qui contribuent à la compétitivité du secteur automobile qui offre plus de 500 000 emplois directs et indirects et représente 12 p. 100 du PIB canadien et une grande partie des exportations.

« Il est essentiel que des experts de nombreux domaines collaborent étroitement avec des partenaires industriels pour proposer des solutions qui permettront au secteur automobile de relever les trois grands défis auxquels il est toujours confronté : le coût, la qualité et le rendement, déclare Peter Frise. Ils doivent notamment aider les entreprises à se conformer à des règlements plus stricts en matière d’économie de carburant, d’émissions et de sécurité tout en répondant aux demandes des consommateurs qui souhaitent profiter de nouveautés telles que la connectivité, le confort accru et l’infodivertissement. »

Le gouvernement fédéral a investi 81,1 millions de dollars dans le réseau depuis 14 ans et les partenaires, environ 60,2 millions de dollars. Ces investissements ont changé l’industrie et la société comme personne ne l’aurait imaginé.

Il suffit de demander aux habitants de Winnipeg, une ville qui était considérée comme la capitale du vol de voitures en Amérique du Nord. Aujourd’hui, ces vols ont diminué de 90 p. 100 et les primes d’assurance, de plus de 30 millions de dollars. Le procureur général du Manitoba a attribué ce succès à un projet d’AUTO21 sur le comportement antisocial et l’automobile. Le réseau tente maintenant d’obtenir les mêmes résultats dans d’autres villes canadiennes.

En Ontario, les chercheurs d’AUTO21 ont travaillé avec la Ville de Waterloo à la mise en œuvre de techniques d’écoconduite qui peuvent réduire de 10 à 20 p. 100 la consommation de carburant et les émissions de carbone des parcs de véhicules. Le Prix Willis pour l’innovation de l’Association canadienne des administrateurs municipaux et le premier prix du concours TestDRIVE d’AUTO21 ont été décernés à ce partenariat.

Réduire chez les enfants les décès et les blessures dus à des accidents de la route est une autre priorité d’AUTO21. Un projet réalisé avec Magna International a mené à l’élaboration d’un siège d’appoint plus sécuritaire que les parents peuvent installer facilement et qui plaît aux enfants, contrairement aux sièges précédents qui, selon ceux‑ci, étaient inconfortables et trop puérils. Il a aussi mené à la création d’une entreprise torontoise, Clek Inc., qui exporte ses produits dans le monde entier. AUTO21 travaille maintenant avec des partenaires du secteur privé pour offrir ces sièges à 16 communautés des Premières Nations de l’ensemble du Canada dans le cadre du plus vaste projet de sécurité pour les enfants des Premières Nations et ce, en collaboration avec les dirigeants politiques, les policiers, les pompiers, les intervenants en services d’aide sociale à l’enfance et les premiers intervenants de la localité. Dans le cadre d’un autre projet, des panneaux de signalisation ont été installés dans l’île Walpole pour inviter les conducteurs à boucler leur ceinture et à ne pas texter au volant.

Ford Motor Company du Canada limitée a aussi établi un partenariat avec AUTO21 dans le domaine de la sécurité infantile. Selon le directeur, Environnement, énergie et sécurité des véhicules de Ford, Blake Smith, le Canada était un choix logique pour réaliser ces travaux en raison des solides liens en recherche qu’a établis le réseau et des dossiers de santé complets qu’ont les provinces.

« Le Canada a des dossiers de santé exceptionnels qui nous ont permis d’étudier les effets des dispositifs de retenue sur les enfants ici même, explique M. Smith, qui est président du conseil d’administration d’AUTO21. Ces connaissances documenteront l’élaboration de nos futurs produits et stratégies de sécurité à l’échelle mondiale. Il aurait été beaucoup plus difficile de réaliser ces travaux à l’extérieur du Canada. »

Ford et Magna font partie des quelques partenaires industriels qui ont profité des importantes retombées des travaux de recherche d’AUTO21 : plus de 7 750 articles scientifiques revus par des pairs et plus de 300 brevets, licences et accords. Plusieurs de ces brevets sont détenus par Mohini Sain, le doyen du Département de foresterie de la University of Toronto et un pionnier de l’élaboration de biomatériaux industriels. Sa collaboration avec Ford, Magna et The Woodbridge Group a mené à la fondation de Greencore Composites Inc. – une entreprise de technologie propre située à Sarnia qui utilise les matières renouvelables de la pâte de bois et des déchets agricoles pour créer de solides matériaux composites qui serviront à la fabrication de pièces automobiles. Le procédé de fabrication est moins énergivore et les composants sont plus légers, ce qui réduit les émissions de gaz à effet de serre et la dépendance par rapport aux plastiques contenant du pétrole.

« Il s’agit de trouver des matériaux durables et rentables pour alléger le poids des automobiles sans sacrifier le rendement et la sécurité, poursuit M. Sain. Il aurait été difficile de réaliser ces travaux sans l’aide de l’industrie. Cette aide est essentielle pour transformer les résultats de la recherche fondamentale en applications concrètes. »

Selon M. Frise, les résultats des travaux de recherche réalisés par AUTO21 ont déjà été intégrés à la production. « Vous pouvez dès maintenant acheter une auto qui a été fabriquée au Canada et qui contient les bioplastiques d’AUTO21. Et si vous conduisez une Toyota dont les roues sont en aluminium, vous serez heureux d’apprendre que ces roues ont été fabriquées dans une usine de Burnaby (C.‑B.) où est utilisée la technologie du démoulage élaborée par les chercheurs d’AUTO21. »

Selon une étude indépendante des retombées économiques réalisée récemment, le taux de rendement des investissements dans la recherche d’AUTO21 est de 12:1 pour les partenaires, et la valeur des avantages économiques et sociaux qui en ont découlé est supérieure à 1,1 milliard de dollars.

« Un projet ne s’arrête pas à la publication du rapport de recherche. Il s’arrête lorsqu’une entreprise fabrique le produit, le vend et crée des emplois », déclare M. Frise.

Selon Dave Pascoe, vice-président, Ingénierie et R et D chez Magna, le legs le plus important du réseau a été sa capacité à combler le fossé entre les universités et l’industrie.

« Les universités excellent dans la recherche fondamentale, mais la commercialisation des travaux présente des lacunes. En travaillant avec un partenaire industriel, vous êtes certain de vous attaquer à des sujets pertinents pour l’industrie qui sont susceptibles de mener à la commercialisation de produits. Tout ce temps, ces efforts et ces investissements profitent ainsi davantage à l’économie canadienne », explique M. Pascoe.

AUTO21 poursuivra les activités de transfert de la technologie, afin de diffuser les connaissances issues du programme de recherche, ainsi que de solidifier les liens avec l’industrie canadienne et de favoriser l’embauche du PHQ qu’il a formé.

« Ces collaborations visent à créer les connaissances dont notre industrie a besoin pour être concurrentielle, affirme M. Smith. Nous n’essayerons pas de concurrencer les pays où les coûts de production sont bas et qui font des choses simples nécessitant peu de technologie. Ce sont les connaissances qui apportent la valeur ajoutée essentielle à la compétitivité de notre secteur manufacturier. »

« Parmi toutes les collaborations en recherche auxquelles j’ai participé au fil des ans, de conclure M. Pascoe, c’est la première qui reçoit un appui aussi solide de l’industrie. C’est la principale raison de la réussite d’AUTO21. »