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Aider les municipalités à se conformer aux règlements sur la salubrité de l'eau potable

Les municipalités et les organismes de réglementation n’ont pas toujours été d’accord sur le meilleur moyen à prendre pour assurer la salubrité de l’eau potable. Les règlements ontariens, par exemple, sont parmi les plus stricts de l’Amérique du Nord, mais en raison d’ambiguïtés et d’incohérences scientifiques, certaines municipalités ont investi dans de coûteux systèmes de traitement de l’eau souterraine alors qu’il existait des options plus abordables et tout aussi efficaces pour protéger la santé publique.

Cette ambiguïté prendra fin en 2014 avec la publication de lignes directrices révisées qui combinent les connaissances scientifiques actuelles et un savoir‑faire pratique et qui aideront les municipalités à protéger les citoyens des pathogènes d’origine hydrique de la façon la plus économique possible.

« Même si la science peut nous guider, elle n’a pas toujours toutes les réponses. Au bout du compte, il faut combiner les meilleures données scientifiques, des pratiques raisonnables et rentables et une bonne dose de précautions pour gérer le risque et protéger la santé publique », déclare Monica Emelko, une chercheuse au Réseau canadien de l’eau (RCE) qui a dirigé les travaux de révision des lignes directrices.

Le gouvernement ontarien s’est empressé de mettre en place des normes strictes pour l’eau potable après l’éclosion d’E. coli en mai 2000 qui a tué sept habitants de Walkerton et en a rendu malades quelque 2 500 autres. Mais les propriétaires des systèmes et les consultants de l’industrie ont exprimé des préoccupations à l’égard des lignes directrices connexes, qu’ils trouvaient difficiles à interpréter et pas toujours basées sur les données scientifiques les plus à jour.

Pour répondre à ces préoccupations, le ministère de l’Environnement s’est tourné vers le RCE, un réseau canadien et une tierce partie crédible qui pouvait réunir les principaux intervenants dans le cadre d’un processus concerté et transparent dans le but de baser les politiques ontariennes concernant l’eau potable sur les meilleures données scientifiques disponibles. Le RCE, un réseau de centres d’excellence créé en 2001, a établi de solides liens dans l’ensemble du pays avec des partenaires de l’industrie, du gouvernement, du milieu postsecondaire et du secteur non gouvernemental. Il a de l’expérience dans la production de données scientifiques concrètes.

« Presque tout ce que fait le RCE vise à aider les décideurs à établir la priorité de leurs mesures et de leurs investissements, afin de protéger la santé du public et de l’environnement », affirme la directrice exécutive du réseau, Bernadette Conant.

En 2010, le RCE a exploité ces relations pour organiser un atelier à Guelph auquel il a invité des propriétaires de système, des consultants, des organismes de réglementation et des scientifiques de nombreuses disciplines, notamment la microbiologie, le transport des colloïdes (polluants), l’hydrogéologie et le génie du traitement de l’eau. Après cet atelier, plusieurs groupes de travail dirigés par le ministère de l’Environnement et le RCE ont été chargés de revoir les lignes directrices pour déterminer le traitement de l’eau de puits qui permettrait de protéger les citoyens des pathogènes d’origine hydrique.

« Le processus de collaboration que nous avons lancé a constitué un nouveau point de référence pour la collaboration et la consultation aux fins de l’élaboration d’une solide politique publique, constate Aziz Ahmed, superviseur, Approbations et licences au ministère de l’Environnement. La participation du réseau n’a pas été seulement précieuse – elle était pratiquement indispensable. »

Solutions rentables

Les nouvelles lignes directrices traitent de ce qu’on appelle l’eau souterraine sous influence directe d’eaux de surface (ESIDES). Elles indiquent clairement aux municipalités comment se conformer aux exigences minimales du ministère en matière de traitement de l’eau et leur proposent des solutions économiques basées sur des données scientifiques qui apportent une plus grande protection.

« Je pense que les petites municipalités seront en particulier très heureuses de la stratégie que nous proposons », ajoute M. Ahmed.

Le processus de consultation et les lignes directrices suscitent de l’intérêt partout au Canada et aux États Unis. Mme Emelko constate que de nombreux gouvernements « en font trop aux mauvais endroits » lorsqu’ils tentent de protéger les citoyens des pathogènes d’origine hydrique, alors qu’il existe des solutions plus abordables ou plus efficaces.

Ainsi, de nombreuses régions des États Unis n’ont que deux choix pour traiter l’eau de puits : « le minimum essentiel (ce qui parfois ne représente aucun traitement) ou le traitement royal. Il n’y a pratiquement rien entre les deux », poursuit Mme Emelko, qui est une experte de l’offre et du traitement de l’eau potable à la University of Waterloo.

Actuellement, l’Ontario propose trois niveaux de traitement, qui passeront à quatre avec les nouvelles lignes directrices ESIDES. Les deux premiers niveaux – les moins coûteux – visent les deux plus grandes menaces : les virus et les bactéries. Ces choix conviennent aux puits dont l’eau de grande qualité montre peu de signes de contamination.

L’après‑RCE

En 2015, le RCE terminera son mandat à titre de réseau de centres d’excellence, mais ses modèles de collaboration et ses processus décisionnels resteront en place et un grand nombre de ses activités de recherche se poursuivront grâce à l’aide de nombreux bailleurs de fonds, p. ex. le Consortium sur les eaux urbaines au Canada. Lancé en 2009, ce consortium réunit des gestionnaires de réseaux d’eau potable municipaux, des représentants de l’industrie et des intervenants de tous les paliers de gouvernement, afin de répondre à des besoins communs et d’élaborer des stratégies pour relever les défis liés à la gestion de l’eau.

Le traitement de troisième niveau est plus coûteux. Il est requis lorsque les tests indiquent qu’il y a un risque suffisant de contamination par d’autres types de pathogènes (p. ex. Cryptosporidium), même si ces situations sont rares.

Le traitement de quatrième niveau – habituellement utilisé pour les sources d’approvisionnement en eau de surface – est beaucoup plus coûteux. En plus de s’attaquer aux pathogènes, il prévoit un processus de filtration avec procédé chimique pour retirer de l’eau les matières solides telles que les particules fines. En outre, les municipalités devront dépenser des millions de dollars pour l’infrastructure matérielle (p. ex. pompes, mélangeurs, réacteurs), consommeront davantage d’énergie, produiront plus de déchets et seront responsables de l’exploitation et de l’entretien en permanence.

L’Ontario est le seul gouvernement de l’Amérique du Nord à mettre en œuvre officiellement le traitement de troisième niveau. Mme Emelko affirme que les nouvelles lignes directrices proposent aux municipalités des options abordables et basées sur des faits qui permettent de protéger aussi bien ou même mieux la santé publique.

« C’est une chose de dire “ Pêchons par excès de prudence ”, mais l’approche du tout ou rien impose des restrictions superflues aux municipalités. Pourquoi mettre en place des traitements inutiles quand il est possible de dépenser beaucoup mieux cet argent et d’utiliser d’autres moyens pour protéger les citoyens des maladies d’origine hydrique? », demande Mme Emelko.

« Au bout du compte, les entreprises réglementées et les organismes de réglementation ont le même but, conclut Mme Conant : « utiliser au mieux le temps, l’argent et les ressources pour protéger la santé publique. »