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De la technologie canadienne réduit fortement les coûts de détection des icebergs

iceberg

Les sociétés d’exploration de pétrole et de gaz et les navires de transport ont maintenant accès à un outil abordable et efficace servant à détecter les icebergs dans des milieux océaniques rigoureux. Mis au point par le centre Leading Operational Observations and Knowledge for the North (LOOKNorth), l’altimètre pour la détection d’icebergs a déjà été utilisé dans le cadre de l’exploration pétrolière et d’une course de yachts autour du monde.

« Il s’agissait d’un cas classique de besoins technologiques du marché. Un de nos clients avait suggéré que cette approche pourrait être plus économique pour surveiller les icebergs, mais honnêtement, nous étions sceptiques. Les données altimétriques satellitaires n’avaient jamais été utilisées à cette fin auparavant », affirme Desmond Power, vice-président de la télédétection chez C-CORE, société sans but lucratif de recherche et développement (R et D) située à St. John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador, qui a reçu du financement des Réseaux de centres d’excellence (RCE) en 2011 afin de lancer LOOKNorth, un centre d’excellence en commercialisation et en recherche (CECR).

Par le passé, les entreprises se fiaient surtout aux radars à synthèse d’ouverture (RSO) satellitaire, un service dispendieux qui peut détecter des icebergs mesurant à peine cinq mètres de largeur, mais qui exige plus de planification logistique. Les RSO coûtent jusqu’à 5 000 $ par image, couvrent une superficie jusqu’à 250 000 km2 et doivent être programmés d’avance pour balayer un lieu donné.

Les altimètres balayent continuellement la surface de la Terre alors qu’ils sont en orbite. Par conséquent, les données sont largement disponibles et coûtent relativement peu. Recueillies principalement pour modéliser la circulation océanique et pour enregistrer et surveiller le niveau de la mer et les changements climatiques au cours d’une période donnée, les données altimétriques sont optimisées pour surveiller de grandes superficies.

LOOKNorth s’est servi de ces caractéristiques afin de mettre au point un nouvel outil, c’est-à-dire l’altimètre pour la détection d’icebergs, qui peut rapidement détecter de gros icebergs (de 150 ou 200 mètres de largeur) et des groupements d’icebergs (de 300 mètres de largeur ou plus) dans de vastes zones de l’océan, puis évaluer leur taille et la direction dans laquelle ils dérivent. Ces renseignements sont particulièrement précieux pour les régions éloignées comme l’Arctique canadien.

Le développement technologique de LOOKNorth signifie que les entreprises peuvent désormais se servir de l’altimètre pour la détection d’icebergs pour repérer les zones à problèmes qu’elles voudront peut-être scruter au moyen des RSO. « On part du point de vue qu’il n’y a pas de fumée sans feu », indique M. Power.

Ces données intéressent l’industrie parce qu’elles sont gratuites, abondantes et rapidement accessibles. L’altimètre pour la détection d’icebergs utilise une source continue de données fournies par des satellites européens et américains ainsi que des données d’archives recueillies depuis environ 20 ans qui peuvent être utilisées afin d’aider à déterminer l’endroit où sera construite une installation au large des côtes et les devis techniques connexes en fonction de la présence, de la persistance et du type d’icebergs.

La première application commerciale de l’altimètre pour la détection d’icebergs était de faire la surveillance des icebergs pour le yacht Maxi Banque Populaire V pendant sa course autour du monde sur l’océan Austral, de décembre 2011 à mars 2012, et pour laquelle il détient le record. Si l’équipage du yacht s’était fié uniquement aux données fournies par les RSO, il aurait payé entre 35 000 et 75 000 euros. Au moyen d’une combinaison de données fournies par les RSO et par l’altimètre pour la détection d’icebergs, C-CORE a réussi à ramener les coûts à 5 000 euros, ce qui représente une économie de 90 p. 100.

De plus, l’altimètre pour la détection d’icebergs a été utilisé en 2012 pour appuyer des opérations de forage au large des îles Malouines, puis en 2013 dans la même région afin de caractériser l’état des glaces.

À l’écoute de l’industrie

L’équipe de télédétection de C-CORE a commencé à travailler avec l’équipe de R et D de LOOKNorth, menée par Igor Zakharov, chercheur scientifique principal, à l’automne 2011 dans le but de mettre au point des algorithmes et des méthodes de traitement des données altimétriques afin de distinguer les signatures des icebergs du bruit de fond et d’éliminer les fausses détections. Un mois plus tard, on lançait l’altimètre pour la détection d’icebergs.

Bill Jefferies, directeur général de LOOKNorth, attribue le succès de cette technologie aux liens étroits que C-CORE a établis avec l’industrie. Il consulte les membres du conseil d’administration de C-CORE, qui comprend des représentants de sociétés comme Chevron, Suncor et ExxonMobil, afin de déterminer comment rendre l’altimètre pour la détection d’icebergs largement accessible.

« Toutes nos idées de développement technologique commencent par des consultations avec l’industrie afin de cerner ses besoins. Nous ne menons pas d’activités scientifiques dans l’unique but de mener des activités scientifiques. À la base, il doit y avoir un besoin clairement défini par l’industrie ou une collectivité locale », précise M. Jefferies.