Rseaux de centres d'excellence
Gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Rapport du Comité consultatif du secteur privé de 2011

Commercialisation des résultats de la recherche

 Rapport du comité consultatif du secteur privé de 2011

Avant-propos du président

J’ai l’honneur de présenter le rapport du Comité consultatif du secteur privé sur les progrès accomplis à ce jour par le Programme des centres d’excellence en commercialisation et en recherche.

Cette initiative audacieuse et novatrice lancée en 2007 par le gouvernement du Canada est rapidement devenue l’un des moteurs de la commercialisation les plus dynamiques au pays. Au cours de ses trois premières années d’existence, le programme a mis à contribution les ressources financières, scientifiques et opérationnelles des secteurs privé et public pour obtenir des résultats concrets :

  • 55 nouvelles entreprises;
  • 1 186 emplois créés par les organisations ayant recours aux CECR;
  • 138 M$ sous forme de contributions de partenaires;
  • 103,7 M$ sous forme d’investissement de suivi dans les entreprises ayant recours aux CECR;
  • 206 M$ sous forme d’investissement étranger dans les entreprises ayant recours aux CECR.

À la demande du gouvernement fédéral, le Secrétariat des Réseaux de centres d’excellence a créé en 2007 le Comité consultatif du secteur privé (CCSP), qu’il a chargé de formuler des avis et des recommandations d’experts concernant le Programme des centres d’excellence en commercialisation et en recherche (CECR) et le Programme des réseaux de centres d’excellence dirigés par l’entreprise (RCE-E).

Comme les CECR de la première heure sont en activité depuis au moins trois ans, le CCSP a décidé de concentrer son analyse et ses recommandations sur ce programme. Il formule également quelques observations préliminaires sur les progrès accomplis par les quatre RCE‑E et considère que les résultats à ce jour sont encourageants. (On trouvera à l’annexe C plus de détails sur les RCE‑E.)

En examinant le Programme des CECR, le CCSP a été impressionné par l’ampleur des partenariats, les modèles de commercialisation et les pratiques exemplaires qui aident les universités et les entreprises à mettre à profit les résultats de la recherche les plus prometteurs pour assurer la prospérité économique, améliorer les résultats sur le plan de la santé, renforcer la sécurité dans les collectivités et assainir l’environnement. Ces nouvelles occasions d’affaires créent des emplois très rémunérateurs et génèrent des revenus pour les entreprises du pays qui vendent des produits et services canadiens.

Je tiens à remercier les représentants des CECR, qui ont pris le temps de rencontrer le CCSP au cours de la dernière année à Vancouver et à Toronto, et le Secrétariat des RCE, pour son appui soutenu.

J’aimerais aussi exprimer ma gratitude et mon respect envers mes collègues membres du Comité, qui ont consacré des centaines d’heures à l’examen des demandes et à la participation aux réunions. Leur rigueur et leur diligence – fondées sur des années d’expérience dans le lancement de technologies sur le marché – a mis les réalités de la commercialisation à l’avant-plan de ces programmes revêtant une importance stratégique.

Le président du Comité consultatif du secteur privé,
L’honorable Perrin Beatty

Sigles et acronymes

Acronyme Description
CCSP Comité consultatif du secteur privé
CECR Centres d’excellence en commercialisation et en recherche
CRSH Conseil de recherches en sciences humaines du Canada
CRSNG Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
IRSC Instituts de recherche en santé du Canada
OCDE Organisation de coopération et de développement économiques
PI Propriété intellectuelle
PME Petites et moyennes entreprises
R et D Recherche et développement
 RCE Réseaux de centres d’excellence
RCE-E Réseaux de centres d’excellence dirigés par l’entreprise
S-T Sciences et technologie

Aperçu du comité consultatif du secteur privé

Le Comité consultatif du secteur privé (CCSP) est un organisme stratégique composé de conseillers industriels expérimentés de confiance qui sont des chefs de file respectés de l’industrie canadienne. Il a été formé par le Secrétariat des RCE à la demande du gouvernement du Canada en 2007. Le CCSP formule des conseils et des recommandations d’experts à l’intention du Comité de direction des RCE pendant les processus de concours des CECR et des RCE-E. Il évalue les propositions en fonction de leur capacité de créer un avantage économique stratégique à long terme pour le Canada.

Le mandat du CCSP est le suivant :

  • donner des avis au Comité de direction des RCE, selon les besoins, sur la mise en œuvre, l’exécution et les mesures de rendement des programmes des RCE-E et des CECR;
  • formuler des recommandations au Comité de direction des RCE concernant les lettres d’intention à retenir aux fins d’examen et le financement à accorder aux propositions détaillées présentées sur invitation pour les programmes des RCE-E et des CECR;
  • examiner les progrès accomplis et les retombées des fonds affectés à ces programmes et donner une orientation et des avis supplémentaires au Comité de direction des RCE;
  • donner des avis au Comité de direction des RCE, selon les besoins, sur d’autres initiatives se rapportant à l’industrie.

Membres du CCSP

L’honorable Perrin Beatty (président)
Président et chef de la direction
Chambre de commerce du Canada

Nancy Hughes Anthony (vice-présidente)
Ex-présidente et chef de la direction
Association des banquiers canadiens

Sue Abu-Hakima
Cofondatrice, présidente-directrice générale
Amika Mobile Corporation

Cédric Bisson
Associé, capital de risque
Teralys Capital Inc.

Alan Burgess
Ex-président-directeur général
Northwest Mettech

Adam Chowaniec
Président du conseil d’administration
BelAir Networks et Tundra Semiconductor Corporation

Paul Dottori
Vice-président, Énergie, environnement et technologies
Les Entreprises Tembec inc.

Pierre Delagrave
Président
Cossette Média

Robert A. Gordon
Ex-président
Collège Dawson

Raymond Leduc
Directeur en chef, Usine de Bromont
IBM Canada ltée

Donald Lush
Président
Environmental Bio-detection Products Inc.

Kevin O’Brien Fehr
Pharmacologiste
(anciennement chez GlaxoSmithKline)

David Ross
Président
Langara College

Keith Stoodley
Vice-président directeur, Marketing
Provincial Aerospace Ltd.
Aéroport international de St. John’s

Sommaire

Qu’est-ce qu’un centre d’excellence en commercialisation et en recherche?
Un centre d’excellence en commercialisation et en recherche (CECR) est une société sans but lucratif, créée par une université, un collège, un organisme de recherche sans but lucratif, une entreprise ou une autre organisation non gouvernementale intéressée, qui crée des liens entre les pôles d’expertise en recherche et le milieu des affaires et qui met en commun le savoir, l’expertise et les ressources pour lancer plus rapidement les technologies nouvelles sur le marché. Le but est d’encourager de nouvelles activités de commercialisation qui n’auraient probablement jamais vu le jour sans le Programme des CECR.

Valorisation de la recherche universitaire

À l’instar d’autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Canada a consacré des milliards de dollars de fonds publics au renforcement de la capacité de recherche de ses universités et à la formation de la nouvelle génération de professionnels hautement qualifiés. Cet investissement porte ses fruits. Le Canada peut maintenant compter sur de nombreux chercheurs réputés dans le monde et sur des programmes de recherche reconnus à l’échelle internationale. Toutefois, notre pays et de nombreux autres accusent un retard dans la création de produits, de services et de solutions à partir des résultats de la recherche.

Dans son budget de mars 2010, le gouvernement fédéral a souligné l’importance de l’innovation pour la compétitivité du Canada et il s’est engagé à continuer de miser sur des investissements ciblés pour promouvoir et encourager la recherche et développement (R et D) dans le secteur privé canadien et dans nos établissements postsecondaires et à renforcer la collaboration entre ces secteurs.

Compte tenu de la récession récente et des mesures d’austérité en cours, le gouvernement doit par ailleurs agir de façon responsable pour s’assurer que les efforts de commercialisation sont bien ciblés et qu’ils génèrent des retombées économiques durables. Le discours du Trône du 3 juin 2011 indique que le Canada « cherchera des façons de soutenir l’innovation, tout en veillant à ce que les investissements du gouvernement fédéral dans la recherche et le développement soient utiles et optimisent les résultats pour les Canadiens ».

Combler le fossé de l’innovation

Les idées novatrices et les recherches excellentes ne manquent pas au Canada. Il suffit de consulter n’importe quel journal pour trouver des articles sur une découverte révolutionnaire qui « pourrait un jour » accroître la productivité d’une industrie, réduire le temps d’attente pour les tests médicaux, améliorer la surveillance environnementale ou renforcer l’efficacité énergétique. La recherche fondée sur ce type de découverte s’avère essentielle et il faut continuer de l’appuyer. Parallèlement, il est important de comprendre que la majeure partie de cette recherche est encore loin d’aboutir à une technologie validée dont les gens ont besoin, qu’ils veulent et qu’ils achèteront. C’est là que réside le fossé.

De nombreux pays ayant précipité le lancement de technologies issues de la R et D en ont tiré de dures leçons. Les grandes entreprises qui concèdent une licence d’exploitation d’une technologie décident parfois d’annuler le développement d’un nouveau produit ou service si le délai de mise en marché devient trop long. Les risques sont encore plus élevés pour les entreprises en démarrage ou les petites et moyennes entreprises (PME) : elles pourraient épuiser leur fonds de roulement limité avant qu’un produit ou un service ne génère des revenus. La situation s’avère particulièrement difficile dans le secteur de la santé, où il faut parfois une dizaine d’années et des centaines de millions de dollars pour passer d’une petite molécule ou d’une protéine dans le laboratoire d’une université à un médicament approuvé par les organismes de réglementation.

La quasi-disparition du capital de risque au Canada vient amplifier ces difficultés. Comme les bailleurs de fonds impatients exigent un rendement plus rapide de leur investissement, les projets se trouvant à un stade avancé sont privilégiés dans la plupart des cas de financement par capital de risque. Ainsi, il incombe aux investisseurs providentiels et aux pouvoirs publics de combler ce déficit de financement critique. Trop nombreuses sont les jeunes entreprises qui obtiennent une licence d’exploitation d’une technologie développée en milieu universitaire et sont incapables de réunir les capitaux voulus pour mener à bien le développement, les tests et la validation nécessaires avant de pouvoir commercialiser un produit ou un service. Par conséquent, nombre de ces entreprises ferment leurs portes ou sont vendues à des acheteurs étrangers. Près de 60 % des 137 entreprises en démarrage canadiennes financées par du capital de risque qui ont changé de propriétaire entre 2006 et 2010 ont été vendues à des entreprises étrangères. Elles détenaient environ 200 brevets1.

Comment les CECR accélèrent la commercialisation et l’activité économique

  • Ils facilitent la collaboration universités-industrie.
  • Ils donnent accès à des centres d’excellence en recherche (personnel et appareils).
  • Ils jumellent les entrepreneurs avec des partenaires, des investisseurs et des clients éventuels.
  • Ils s’associent avec des chercheurs universitaires ayant fait leurs preuves dans le domaine de la commercialisation.
  • Ils encadrent de nouvelles entreprises en démarrage.
  • Ils créent des pôles d’excellence technologique à l’échelle régionale.
  • Ils amènent la recherche à un degré de maturité technologique avancé.
  • Ils apportent une valeur ajoutée à la technologie pour attirer le capital de risque.
  • Ils donnent une formation et un encadrement aux entrepreneurs.
  • Ils renseignent les investisseurs.
  • Ils donnent accès à des services de commercialisation (p. ex. gestion de la propriété intellectuelle, élaboration d’un plan d’affaires, évaluation de marchés et établissement de partenariats).
  • Ils réduisent le délai de financement de projets.

Par ailleurs, le succès des petites entreprises a une incidence directe sur de nombreuses grandes entreprises, en particulier celles qui évoluent dans des secteurs ayant atteint leur pleine maturité. La capacité des grandes entreprises à prendre de l’expansion et à soutenir la concurrence à l’échelle internationale repose de plus en plus sur les innovations graduelles qui diversifient leur gamme de produits, ouvrent de nouveaux marchés, réduisent les coûts ou améliorent leur productivité. Dans bien des cas, ces entreprises peuvent trouver au sein des petites entreprises et des universités les idées qu’elles recherchent. Le Programme des centres d’excellence en commercialisation et en recherche crée des possibilités et des mécanismes qui permettent à ces groupes variés d’unir leurs efforts pour élaborer des solutions à partir de ces idées.

Ainsi, l’activité de recherche tout entière passe d’un modèle de poussée technologique – qui met l’accent sur l’établissement de recherche – à des modèles de commercialisation qui répondent directement aux besoins de l’industrie et de la société. Les CECR travaillent en étroite collaboration avec l’industrie pour élaborer des modèles de commercialisation, notamment de nouveaux modèles d’affaires pour les entreprises en démarrage qui s’attaquent à ces difficultés bien réelles.

Les résultats du programme à ce jour sont impressionnants. En seulement trois ans, l’affectation de 287 millions de dollars du gouvernement fédéral a déjà permis de recueillir plus de 138 millions, notamment auprès des gouvernements provinciaux, du secteur privé, des universités et des municipalités. Les partenaires sont bien partis pour égaler l’investissement fédéral d’ici 2014. Compte tenu des pressions financières que subissent les secteurs public et privé, ces investissements témoignent manifestement de leur confiance dans un programme qui est devenu un élément clé de la Stratégie fédérale des sciences et de la technologie.

L’adoption de cette approche concertée en matière de commercialisation porte ses fruits. Grâce au Programme des CECR, le pays s’est doté d’un réseau pancanadien d’« usines de commercialisation » qui produisent des solutions novatrices répondant à un grand nombre des besoins les plus pressants du Canada – et du reste du monde.

Pourquoi le Programme des CECR est-il efficace?

L’un des principaux objectifs du Programme des CECR consiste à renforcer l’économie canadienne grâce à l’essor de jeunes entreprises et à l’expansion d’entreprises établies. Le CCSP estime que les résultats à ce jour sont encourageants.

Plusieurs centres ont adopté des approches de partenariat, des modèles d’affaires et des pratiques exemplaires qui orientent les jeunes entreprises sur la voie du succès et qui donnent lieu à de nouvelles collaborations avec des grandes entreprises persistantes. Ces modèles et ces pratiques jettent les bases de la croissance économique dans plusieurs secteurs industriels. Les paragraphes ci-après font état des tendances que le CCSP a observées et des mesures qu’il recommande pour renforcer le programme dans les concours à venir.

Des partenariats solides : Le CCSP a constaté que les partenaires industriels et les autres récepteurs participent à des degrés variables aux 22 centres – en plus de siéger aux conseils d’administration, aux comités consultatifs et aux comités d’examen de la recherche, ils donnent des conseils sur l’orientation stratégique des centres, les projets à mettre en œuvre, les possibilités de partenariat, la création de nouvelles entreprises, les fonds d’amorçage, le barème des redevances, les ententes de recherche et les autres activités de commercialisation. Les grandes entreprises peuvent fournir de l’argent pour la recherche ou des fonds d’amorçage afin d’aider les entreprises en démarrage à prendre leur essor. Les CECR font office de facilitateurs, d’administrateurs et de partenaires financiers pour créer et soutenir ces partenariats.

Recommandation : Il faudrait encourager les CECR à faire en sorte que tous les intervenants participent activement dès le début à la chaîne de valeur (p. ex. grandes entreprises, PME, fournisseurs, distributeurs, clients, utilisateurs et investisseurs) aux étapes de la consultation, de la recherche, de la démonstration de la technologie et de l’investissement.

Recommandation : Il faudrait encourager les CECR, s’il y a lieu, à collaborer et à tirer parti de leurs domaines d’expertise mutuels pour accélérer la commercialisation.

L’aide financière aux petites entreprises : Le manque d’accès à des fonds d’amorçage et à du capital de risque pour maintenir et accroître leurs activités constitue l’une des principales difficultés auxquelles se heurtent les nouvelles entreprises spécialisées dans la technologie. Plusieurs CECR ont mis en commun des fonds publics et des fonds privés pour concevoir une série complète de programmes de financement destinés à des projets et à des entreprises à différents stades de développement. Les demandes de fonds font l’objet d’un examen rigoureux réalisé dans la plupart des cas par un comité où siègent des représentants du CECR, de l’industrie et d’autres milieux intéressés qui pourraient bénéficier d’un droit de priorité sur toutes les technologies développées.

Des modèles d’affaires souples : En matière de commercialisation, il ne serait pas pertinent d’adopter un modèle universel. Le cycle de développement de la technologie, les risques commerciaux et les considérations relatives au marché varient d’un secteur industriel à l’autre et nécessitent une approche souple adaptée aux besoins de chaque secteur. Par exemple, il peut suffire de quelques semaines pour développer une nouvelle application destinée aux téléphones intelligents. On doit compter entre trois et cinq ans pour lancer sur le marché un nouveau produit chimique vert, tandis que le délai de commercialisation d’un nouveau médicament peut atteindre de 10 à 15 ans en raison des essais cliniques et de l’approbation par les organismes de réglementation.

Le plus souvent, l’innovation fait fond sur des produits, des chaînes d’approvisionnement et des clients existants. L’innovation plus radicale, mais plus à risque, entraînera l’émergence de nouveaux secteurs d’activité et de nouveaux marchés. De nombreux CECR ont recours à un modèle d’affaires qui s’adapte aux deux types d’innovation en créant une filière qui permet d’obtenir des succès à court terme de même que des perspectives à long terme d’opérations rapides encore plus payantes.

La conception même du Programme des CECR privilégie la souplesse. En étroite collaboration avec l’industrie, les CECR ont mis au point des modèles de collaboration et de commercialisation novateurs qui répondent aux besoins particuliers de différents secteurs industriels et d’entreprises de toutes tailles. Les PME, les grandes entreprises et les autres organisations externes ont ainsi accès à un éventail de possibilités pour faire participer activement les universités.

Recommandation : Le Programme des CECR devrait demeurer souple pour s’adapter aux types de modèles d’affaires utilisés par les différents centres, car il n’existe aucun modèle universel en matière de commercialisation.

Pratiques exemplaires : Plusieurs centres ont adopté des pratiques exemplaires et des approches qui réduisent le temps nécessaire pour accélérer les opérations, faire progresser la recherche jusqu’au stade de la maturité technologique ou de l’investissement, établir des partenariats durables et assurer l’expansion de PME. Mentionnons à titre d’exemple l’uniformisation des politiques relatives à la propriété intellectuelle qui aident l’industrie à obtenir des licences d’exploitation de technologies. Une autre pratique courante consiste à soumettre les demandes de projet à l’approbation de comités d’évaluation composés d’experts, auxquels participent l’industrie ou d’autres récepteurs. Cette mesure aide à garantir que la recherche demeure ciblée sur les besoins des utilisateurs finals et les réalités commerciales liées à la commercialisation d’une nouvelle technologie.

Recommandation : Dès leur création, il faudrait encourager les CECR à faire part de leurs pratiques exemplaires aux autres centres.

Exemples de nouvelles pratiques exemplaires au sein des CECR

  • Microprêts
  • Options de remboursement flexibles
  • Gestion et financement des fonds d’investissement conjointement avec l’industrie
  • Direction des projets assurée par une PME ou un autre promoteur
  • Projets qui créent un lien entre les grandes entreprises et les PME
  • Approbation des demandes de financement par des comités d’évaluation composés d’experts, auxquels participent l’industrie et les récepteurs
  • Uniformisation des politiques relatives à la propriété intellectuell

Comment le Programme des CECR peut-il mieux fonctionner?

Le Programme des CECR constitue l’un des investissements dans la commercialisation les plus importants dans le cadre de la Stratégie fédérale des sciences et de la technologie. Il s’agit d’une approche audacieuse et novatrice visant à accélérer l’utilisation des résultats de la recherche universitaire de calibre mondial pour renforcer l’économie, assurer la viabilité environnementale, créer des emplois et améliorer les résultats sur le plan de la santé.

Le programme possède de nombreux points forts, mais il y a matière à amélioration comme dans toute autre initiative nouvelle. Le CCSP recommande plusieurs mesures pour maximiser les retombées du programme, renforcer sa gouvernance et son fonctionnement et améliorer les concours à venir.

Maximiser les retombées du programme
Recommandation : Le Comité de direction des RCE et le gouvernement fédéral devraient examiner le mandat du Programme des CECR et ses niveaux de financement dans le but de maximiser ses retombées dans le système d’innovation national dans son ensemble.

Gouvernance et fonctionnement
Recommandation : Les centres devraient régulièrement mettre à jour leur plan d’affaires, notamment les projections financières pro forma et l’évaluation du degré de maturité technologique de leur portefeuille.

Recommandation : Les nouveaux candidats et les centres existants devraient établir des données de référence et des indicateurs de rendement pertinents pour mesurer les retombées et les résultats qui découlent directement du Programme des CECR – c’est-à-dire à la fois des paramètres quantitatifs traditionnels (p. ex. brevets, concession de licences et entreprises dérivées) et des paramètres qualitatifs reflétant les retombées sociales (p. ex. réduction des coûts liés aux soins de santé, avantages environnementaux et amélioration de la politique publique).

Recommandation : La viabilité financière devrait demeurer un objectif à long terme des centres, mais il faut reconnaître la nécessité d’accorder la priorité à la viabilité économique des différentes entreprises commerciales qu’ils appuient.

Concours à venir
Recommandation : En collaboration avec les intervenants, les candidats devraient produire un plan d’affaires détaillé définissant clairement les objectifs de la commercialisation et présentant un plan de travail précis, le coût des ressources et l’approche en matière de propriété intellectuelle. D’autres critères peuvent être pris en compte :

  • Capacité à obtenir du financement auprès de partenaires provinciaux et régionaux
  • Démonstration de la valeur prévue pour l’économie canadienne et de la façon dont le centre générera cette valeur
  • Création d’une masse critique d’expertise technologique dans une région
  • Priorité aux cycles de R et D à court terme et aux projets ayant atteint un degré de maturité technologique avancé
  • Capacité à intensifier rapidement les activités
  • Expérience en commercialisation
  • Expertise en gestion de la propriété intellectuelle

Recommandation : Les centres existants qui veulent demander la prolongation ou le renouvellement de leur financement devraient faire la preuve des retombées économiques. Les critères pour le renouvellement devraient comprendre un plan d’affaires faisant état de projections financières et des indicateurs de rendement montrant la valeur supplémentaire générée par les investissements du CECR et la façon dont cette démarche fait fond sur les investissements des autres bailleurs de fonds.

Recommandation : Pour améliorer la qualité des demandes et accélérer l’intensification des activités, le secrétariat des RCE devrait donner aux candidats une orientation et une aide supplémentaires (p. ex. communication des pratiques exemplaires des centres existants et des leçons tirées de l’examen mené par le CCSP.)

Recommandation : Comme les CECR sont tenus de faire la preuve d’avantages considérables pour le Canada et de retombées économiques importantes, leurs modèles d’affaires devraient appuyer des activités favorisant à la fois les retombées sociales et les retombées commerciales pour les partenaires et les secteurs ayant recours à leurs services. Les CECR devraient veiller à utiliser des paramètres clairs faisant ressortir les progrès accomplis pour chacune des retombées sociales et économiques prévues et les liens qu’ils ont établis entre ces dernières.  

Conclusion

Le Programme des CECR fait bien des choses de la bonne façon. Le CCSP est impressionné par la diversité et la créativité dont font preuve les centres pour relever un grand nombre de défis pratiques auxquels se heurte le système d’innovation canadien. Le programme accomplit un travail remarquable en mettant à profit l’expertise et les ressources des secteurs public et privé et en mobilisant des partenaires reconnus pour tirer des bienfaits concrets de résultats de recherche prometteurs pour le Canada.

Le CCSP est encouragé par les résultats obtenus à ce jour et optimiste après avoir pris connaissance des données disponibles montrant que les avantages issus du Programme des CECR se maintiendront pendant nombre d’années encore.

Contexte

Dans le cadre de la Stratégie fédérale des sciences et de la technologie, le gouvernement fédéral a investi dans deux programmes novateurs axés sur l’industrie qui utilisent les résultats de recherche de calibre mondial pour renforcer l’économie, créer des emplois et améliorer les résultats sur le plan de la santé.

Doté d’un budget de 287 millions de dollars, le Programme des CECR crée des liens entre les pôles d’expertise en recherche et le milieu des affaires et il met en commun le savoir, l’expertise et les ressources pour lancer plus rapidement les nouvelles technologies sur le marché. Sous la gouverne d’une organisation sans but lucratif créée par une université, un collège, un organisme de recherche sans but lucratif, une entreprise ou une autre organisation non gouvernementale, les centres encouragent de nouvelles activités de commercialisation qui n’auraient probablement jamais vu le jour sans le Programme des CECR.

En outre, le gouvernement fédéral investit 46 millions de dollars dans les réseaux de centres d’excellence dirigés par l’entreprise – des sociétés sans but lucratif qui s’attaquent à des défis particuliers sous la gouverne de consortiums industriels. Ces réseaux à grande échelle voués à la collaboration aident à accroître les investissements du secteur privé dans la recherche canadienne, à appuyer la formation de jeunes chercheurs en milieu industriel et à réduire le délai nécessaire pour lancer sur le marché des produits et services à partir d’idées nées en laboratoire.

À ce jour, le Comité de direction des RCE et le CCSP ont approuvé 22 CECR et quatre RCE‑E dans les quatre domaines retenus dans la Stratégie fédérale des sciences et de la technologie : environnement; ressources naturelles et énergie; sciences de la santé et de la vie connexes; technologies de l’information et des communications.

Vingt-deux CECR ont été approuvés à ce jour : 11 en 2008, 6 en 2009 et 5 en 2010. Chaque projet a été examiné en fonction de critères scientifiques et commerciaux rigoureux pour déterminer clairement le mode de développement et le potentiel de commercialisation.

Le présent rapport porte principalement sur le Programme des CECR, qui en est maintenant à la quatrième année de son mandat de cinq ans. De nombreux CECR sont en activité depuis assez longtemps pour que le CCSP conclue avec certitude que le programme occupe un créneau essentiel dans le programme d’innovation du Canada.

Jusqu’à présent, le CCSP a aussi effectué un examen préliminaire du Programme des RCE‑E. Les quatre réseaux en sont presque au milieu de leur mandat de quatre ans et les résultats à ce jour, quoiqu’assez préliminaires, sont encourageants. Le programme a établi de solides partenariats avec l’industrie, y compris les PME, et a presque doublé l’investissement fédéral grâce aux contributions des partenaires. On trouvera à l’annexe C les observations du CCSP sur le Programme des RCE‑E.

À l’instar de tous les programmes fédéraux de subventions et de contributions, le Programme des CECR fait l’objet d’évaluations officielles menées par un tiers pour déterminer dans quelle mesure il répond à ses objectifs et assure une optimisation des ressources. Le rapport du CCSP complétera l’évaluation officielle et fournira un appui analytique au Secrétariat des RCE et au gouvernement lorsque l’on envisagera d’éventuelles modifications aux modalités du Programme des CECR.

Le rapport du CCSP complétera aussi l’examen du soutien fédéral de la R et D, dont les auteurs recommanderont des mesures pour maximiser les retombées des sept milliards de dollars que le gouvernement investit annuellement à l’appui de la R et D dirigée par des entreprises et de la R et D à vocation commerciale. Le groupe d’experts a publié son rapport en octobre 2011.

Différences entre un CECR et un RCE

Les CECR tirent parti du succès du Programme des RCE initial, qui finance des réseaux de recherche concertée à grande échelle dirigés par les universités et réunissant des partenaires des secteurs universitaire, industriel, gouvernemental et sans but lucratif. Pour leur part, les CECR appuient la commercialisation des résultats de la recherche en faisant correspondre les pôles d’expertise en recherche universitaire et les besoins des entreprises, des professionnels de la santé et des autres utilisateurs finals. Il s’agit d’un modèle de collaboration novateur où les partenaires des secteurs public et privé mettent en commun le savoir, l’expertise et les ressources pour combler le fossé technologique et le déficit de financement qui existent entre une découverte prometteuse et une technologie commerciale.

Le gouvernement fédéral a lancé le Programme des CECR pour aider à combler ces lacunes dans le système canadien d’innovation. En amont du système, les organismes subventionnaires fédéraux, la Fondation canadienne pour l’innovation, les Chaires de recherche du Canada et les programmes connexes qui appuient la recherche universitaire s’emploient principalement à créer des connaissances, à favoriser une meilleure compréhension et à former la prochaine génération de travailleurs hautement qualifiés. À l’autre extrémité du système d’innovation, le Programme d’aide à la recherche industrielle et la Banque de développement du Canada mettent l’accent sur les technologies bien plus proches du marché.

Les CECR interviennent entre les deux – en qualité de centres de recherche et d’intermédiaires en innovation2 – pour tirer parti de travaux de recherche prometteurs sur le plan commercial et ensuite réunir les ressources humaines, matérielles et financières voulues pour amener la recherche à un degré de maturité technologique et préparer les entreprises en démarrage à recevoir des investissements. Après avoir favorisé l’établissement de nouvelles collaborations entre les établissements de recherche au niveau régional, provincial ou national, les CECR créent des liens entre ces établissements et des partenaires du secteur privé, notamment les fournisseurs, les distributeurs, les clients, les utilisateurs et les investisseurs ainsi que les autres utilisateurs finals, notamment les hôpitaux.

Comme de nombreux CECR de la première heure sont maintenant en activité depuis trois ans, le CCSP dispose d’une fenêtre suffisante pour repérer les modèles, les pratiques et les retombées qui s’annoncent le plus prometteurs pour le succès économique à long terme. De nombreux centres en sont encore à leurs débuts, mais le CCSP estime que le programme apporte une valeur ajoutée en mettant en place l’infrastructure de commercialisation et des possibilités technologiques qui :

  • renforcent et diversifient les économies régionales;
  • renforcent la compétitivité des entreprises canadiennes sur la scène internationale;
  • créent, avec l’aide d’entrepreneurs, de nouveaux produits et services à partir des résultats de la recherche;
  • créent des centres de commercialisation et de recherche reconnus à l’échelle internationale;
  • accroissent les investissements du secteur privé dans la recherche au Canada.

Pourquoi le programme des CECR est-il efficace?

Les CECR s’appuient sur des partenariats

La commercialisation ne se fait pas en vase clos. L’un des points forts du Programme des CECR réside dans sa capacité à favoriser la collaboration entre les universités, le secteur privé, tous les ordres de gouvernement et les autres parties intéressées. Les centres qui bénéficient d’une participation importante des partenaires sont mieux outillés pour déterminer les technologies ayant le plus de chances de succès et les ressources nécessaires pour faire progresser leur développement.

L’apport des partenaires ne se limite pas à leurs contributions financières. Loin de là. Les universités, les hôpitaux de recherche et les autres instituts de recherche publics – une quarantaine au total – ont fait ce que peu d’organisations étrangères analogues sont parvenues à réaliser : ils ont établi un nouveau niveau de partenariat où les universités collaborent non seulement dans des domaines de recherche fondamentale, mais aussi sur tous les aspects à l’interface avec l’industrie pour proposer des solutions aux Canadiens. Aujourd’hui, plus de 290 partenaires – gouvernement fédéral, gouvernements provinciaux, municipalités, entreprises et universités – prennent part à cet investissement.

Le secteur privé joue aussi un rôle essentiel dans le succès de ces centres. Les entrepreneurs mettent en commun les conseils d’affaires, l’expertise en recherche et les ressources voulues pour développer des technologies pouvant être mises en application. Le CCSP a constaté que les partenaires industriels et les autres récepteurs participent aux 22 centres à des degrés variables. En plus de siéger aux conseils d’administration, aux comités consultatifs et aux comités d’examen de la recherche, ils donnent des conseils sur l’orientation stratégique des centres, les projets à mettre en œuvre, les possibilités de partenariat, la création de nouvelles entreprises, les fonds d’amorçage, le barème de redevances, les ententes de recherche et les autres activités de commercialisation.

En outre, les entrepreneurs ainsi que les chercheurs et ingénieurs de l’industrie font office de mentors auprès de petites entreprises, apportent un soutien technique et donnent accès à des installations pour accélérer le développement, la mise à l’essai et la validation des technologies nouvelles. Les grandes entreprises peuvent fournir de l’argent pour la recherche ou des fonds d’amorçage afin d’aider les entreprises en démarrage à prendre leur essor. Les CECR font office de facilitateurs, d’administrateurs et de bailleurs de fonds pour créer et soutenir ces partenariats.

À Vancouver, le CECR Wavefront s’est associé avec Sierra Wireless, Ericsson, Nokia, Orange et d’autres partenaires pour permettre aux PME d’avoir accès à des ressources ordinairement hors de leur portée : services de tests et de validation, formation commerciale et technique, services consultatifs et liens avec les marchés mondiaux. Par exemple, grâce à son programme de laboratoire de développement machine-machine et de développement des marchés, les universités, les entreprises en démarrage et les fournisseurs de solutions peuvent rapidement passer au prototypage et à la commercialisation à partir d’idées nouvelles.

Outre son apport en temps et en ressources, le secteur privé fournit aux CECR d’importantes contributions financières. Il s’agit en fait du principal bailleur de fonds externe. Ses contributions financières et non financières dépassent 45 millions depuis le début du programme et elles augmentent d’année en année.

De plus en plus, les CECR établissent des partenariats pour tirer parti de leurs domaines d’expertise mutuels afin d’accélérer la commercialisation. Par exemple, le Centre pour la recherche et le développement des médicaments (CRDM), établi à Vancouver, a renforcé ses capacités de commercialisation nationale en s’associant avec MaRS Innovation (MI), qui représente 14 établissements de recherche en santé de la région de Toronto. Pour repérer et valoriser conjointement la propriété intellectuelle relative aux produits chimiques verts générée par ses propres membres, MI fait aussi équipe avec GreenCentre Canada (GCC). De même, GCC s’est associé avec le Centre d’innovation bioindustrielle dans le sud de l’Ontario pour lancer sur le marché des technologies durables vertes.

GreenCentre Canada collabore avec le Centre d’innovation bioindustrielle pour créer une filière de développement qui amène les projets des essais en laboratoire aux essais pilotes. En vertu de l’entente conclue, GCC poursuivra le développement d’innovations vertes créées au Modeland Road Research Park du Centre, à Sarnia. Les projets seront ensuite ramenés à l’installation pilote du Centre, où ils pourront passer rapidement à l’étape de la démonstration avant d’être transférés à l’industrie.

Les CECR proposent des modèles d’affaires souples et durables

En matière de commercialisation, il ne serait pas pertinent d’adopter un modèle universel. Le cycle de développement de la technologie, les risques commerciaux et les considérations relatives au marché varient d’un secteur industriel à l’autre et nécessitent une approche souple répondant aux besoins de chaque secteur. Par exemple, il peut suffire de quelques semaines pour développer une nouvelle application destinée aux téléphones intelligents. On doit compter entre trois et cinq ans pour lancer sur le marché un nouveau produit chimique vert, tandis que le délai de commercialisation d’un nouveau médicament peut atteindre de 10 à 15 ans en raison des essais cliniques et de l’approbation par les organismes de réglementation.

Le Programme des CECR privilégie cette souplesse. En étroite collaboration avec l’industrie, les CECR ont mis au point des modèles de collaboration et de commercialisation novateurs qui répondent aux besoins particuliers de différents secteurs industriels et d’entreprises de toutes tailles. Les PME, les grandes entreprises et les autres organisations externes ont ainsi accès à un éventail de possibilités pour faire participer les universités. Les centres utilisent souvent plus d’un modèle.

1. Modèles d’investissement
Le manque d’accès à des fonds d’amorçage et à du capital de risque pour maintenir et accroître leurs activités constitue l’une des principales difficultés auxquelles se heurtent les PME.

a) Accès direct aux capitaux : Plusieurs centres ont réuni des fonds publics et privés pour mettre en place toute une gamme de programmes de financement à risque partagé afin d’aider à faire progresser la technologie et à favoriser la croissance de jeunes entreprises. Ces fonds ne visent pas à remplacer les capitaux privés, mais plutôt à atténuer le risque pour accélérer le développement d’une technologie jusqu’au niveau où elle pourra attirer l’investissement privé.

Les demandes de financement font l’objet d’un examen rigoureux, réalisé dans la plupart des cas par un comité où siègent des représentants du CECR, de l’industrie et d’autres milieux intéressés qui pourraient bénéficier d’un droit de priorité sur toutes les technologies développées. Les petites entreprises et les entreprises dérivées rivalisent pour obtenir des fonds à l’appui de projets de développement de technologie, souvent en partenariat avec une grande entreprise ou une université. Les investissements peuvent prendre la forme d’une subvention, de droits de licence, de redevances ou d’une participation, par exemple :

  • Microprêts : Les CECR peuvent s’associer avec un investisseur providentiel ou un récepteur du milieu industriel pour faire bénéficier les petites entreprises et les entreprises en démarrage d’investissements modestes – en moyenne 50 000 $ ou moins – affectés au développement, aux démonstrations commerciales ou à l’exploitation initiale de technologies ou de produits. Un financement de suivi peut aussi être offert.
  • Fonds d’innovation : En partenariat avec de grandes entreprises et d’autres bailleurs de fonds publics, les CECR fournissent des fonds pour le développement de technologies et l’accès à une expertise, à des installations et à des appareils. Selon ce modèle, les investisseurs de l’industrie ont souvent droit de priorité sur la technologie développée.
  • Fonds d’investissement : Ces investissements sont généralement plus élevés que ceux provenant des fonds d’innovation et nécessitent presque toujours la participation d’une PME. L’investissement peut être converti en capitaux propres, en redevances ou, dans le cas d’un CECR, en crédits carbone.

Une tendance nouvelle : le microfinancement
Dans un rapport sur l’innovation canadienne publié en juin 2011, l’Institute for Competitiveness & Prosperity affirme que des approches novatrices s’imposent en matière de financement et signale de nouvelles tendances favorables concernant le microfinancement – un financement de préamorçage qui comble un vide entre le capital d’amorçage, l’investissement providentiel et le capital de risque3. Par exemple, les microprêts accordés par le Centre pour la commercialisation de la recherche se chiffrent à 50 000 $ en moyenne. 

b) Recherche contractuelle

Plusieurs CECR ont élaboré des modèles reposant sur le principe de l’utilisateur payeur en vertu desquels les partenaires du secteur privé ou les organisations gouvernementales qui utilisent la technologie concluent une entente avec une université, un hôpital de recherche ou un centre de commercialisation pour s’attaquer à des défis technologiques particuliers. Cette pratique reflète une tendance croissante observée au Canada selon laquelle les gouvernements et le secteur privé bénéficient davantage de la collaboration avec une université (besoins technologiques du marché) que des modèles traditionnels de la concession de licences et des redevances (poussée technologique).

Dans le cadre du Programme des CECR, deux modèles ressortent nettement :

  • Une entreprise ou un autre partenaire conclut une entente avec un centre possédant une expertise scientifique. Selon ce modèle, le récepteur a souvent droit de priorité sur la technologie et voix au chapitre concernant l’orientation de la recherche. Pour sa part, le centre dispose d’une source de revenus.
  • Par l’intermédiaire d’un CECR, une grande entreprise conclut une entente avec une PME, qui fera la R et D. En plus de bénéficier à la grande entreprise, le modèle fournit à la PME une source de revenus et un nouveau client potentiel.

Le Centre de la prostate – initiative de recherche translationnelle pour l’accélération et le développement des découvertes scientifiques (CP­IRTADDS) collabore avec des partenaires industriels pour mettre à profit son excellence scientifique, ses plateformes technologiques et ses installations spécialisées. À ce jour, le centre établi à Vancouver a conclu huit ententes de recherche avec des sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques, notamment Pfizer (3 millions de dollars par an), Takeda (1 million par an) et AstraZeneca (500 000 $ par an).

L’Impact Group conclut que la recherche contractuelle génère des retombées économiques nettement supérieures à celles des activités de transfert technologique traditionnelles comme la concession de licences et les redevances4.

2. Modèles d’accélération
En soi, l’apport de capitaux d’investissement ne garantit pas qu’une technologie sera commercialisée avec succès ou que l’entreprise qui la vend sera rentable. Certains CECR apportent un appui supplémentaire – présélection des technologies, amélioration de l’accès à une expertise scientifique ou à des installations d’essai, valeur ajoutée et soutien en ce qui concerne l’approbation par les organismes de réglementation, formation en entrepreneuriat et gestion de la propriété intellectuelle. Grâce à cet appui, les entreprises ont beaucoup plus de chances de partir du bon pied sur le plan technologique et commercial.

Dans le cadre du Programme des CECR, les modèles d’accélération sont souvent réalisés à l’initiative des centres régionaux ou provinciaux, des consortiums de recherche, des centres d’innovation ou des parcs commerciaux dans le but de stimuler la création d’emplois et de favoriser la création et la compétitivité d’entreprises grâce à des liens universités-industrie plus productifs.

Sans accès au financement des CECR, ces organisations auraient beaucoup plus de difficulté à fournir les services nécessaires pour accélérer la commercialisation.

Les centres d’incubation traditionnels, qui fournissent généralement aux entreprises des locaux et des services collectifs, se transforment en centres d’accélération offrant un guichet unique pour l’aide aux entreprises en démarrage. Par exemple, le chiffre d’affaires de l’entreprise vancouvéroise Conquer Mobile, chef de file du développement d’applications de recherche mobile, a décuplé grâce au lancement de plus de 20 applications au cours des 21 premiers mois au cours desquels elle occupait des locaux au centre d’accélération de Wavefront d’une superficie de 14 000 pi2. Conquer a fait appel aux services consultatifs d’affaires de Wavefront pour l’aider à mettre au point ses stratégies de commercialisation et à gérer sa croissance et elle utilise sa salle de réunion à la fine pointe pour rencontrer les clients. Grâce au centre de location de Wavefront, qui compte plus de 400 téléphones mobiles, Conquer Mobile a pu développer rapidement et à peu de frais des solutions multiplateformes pour iPhone, BlackBerry et Android, pour ne nommer que ceux-là. Wavefront l’a aussi mise en contact avec un cadre chevronné dans le domaine de la technologie sans fil en vertu de son programme de cadres en résidence. Mais le principal avantage obtenu par Conquer Mobile réside dans l’établissement de liens informels avec des clients potentiels au sein de l’environnement unique en son genre de Wavefront. C’est en raison de ce type de liens que Conquer Mobile a été choisie en fin de compte afin de développer l’application iPhone de recherche de restaurants McDonald’s du Canada.

Parmi les autres CECR d’accélération, mentionnons MaRS Innovation et le Canadian Digital Media Centre.

3. Modèles de renforcement sectoriel
En plus de faire progresser une technologie donnée ou d’appuyer une entreprise en démarrage, certains CECR s’emploient à renforcer un secteur industriel. Ils misent sur l’expertise régionale existante dans un domaine technologique particulier ou établissent un lien entre des pôles régionaux pour créer une masse critique de capacités nationales. D’autres travaillent avec les partenaires des secteurs public et privé au développement de plateformes technologiques et d’autres solutions génériques que plusieurs entreprises peuvent utiliser pour en retirer des avantages économiques mutuels. Mentionnons aussi les services de réseautage, l’élaboration de normes ainsi que le travail auprès des organismes de réglementation et de formulation de politiques.

Les défis technologiques, le délai de développement des produits, les exigences réglementaires et les marchés varient d’un secteur à l’autre. C’est pourquoi les CECR ont adopté des approches souples répondant aux besoins de chaque secteur industriel.

L’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal (U de M) et son centre d’excellence en commercialisation et en recherche affilié (IRICoR) ainsi que Bristol-Myers Squibb (BMS), grande multinationale du secteur pharmaceutique, sont au cœur d’une collaboration pluriannuelle. En mettant au service de BMS son expertise en chimie médicinale et en biologie ciblée, l’IRIC de l’U de M optimisera les composés qui intéressent l’entreprise. En plus des paiements reçus en contrepartie de leurs travaux et de leur expertise dans ces deux domaines, l’IRIC de l’U de M et IRICoR partageront les paiements d’étape versés par BMS liés à la réussite du développement des composés.

4. Modèles axés sur les besoins du marché
La technologie a plus de chances d’être adoptée si un utilisateur en a besoin et qu’il est disposé à payer pour l’obtenir. C’est ce principe de base des « besoins technologiques du marché » qui dicte la commercialisation efficace et il fait partie intégrante de tous les modèles de commercialisation susmentionnés. Une entreprise, une industrie, un hôpital ou une autre organisation se heurte parfois à un problème qu’il est possible de résoudre en mettant à profit la capacité d’une université, ou une technologie développée par une université peut lui assurer une nouvelle source de revenus.  

Les modèles axés sur la demande du marché facilitent le développement conjoint de technologies, les ententes de recherche, le mentorat ainsi que les stages entre le milieu universitaire et l’industrie afin que le programme de recherche réponde aux besoins du secteur privé.

Le Centre pour la recherche et le développement des médicaments (CRDM) répond aux besoins de l’industrie pharmaceutique en matière d’atténuation du risque en faisant homologuer des candidats-médicaments développés par des chercheurs universitaires ou une entreprise en démarrage à une étape plus avancée. Quand on leur donne accès à des installations, à des appareils, à une expertise, à une formation et à des services d’administration, les chercheurs universitaires et les entreprises peuvent développer des médicaments, de l’étape de la découverte à celle de la recherche préclinique, et obtenir une expertise ainsi que des capitaux supplémentaires pour les aider à poursuivre le développement de ces médicaments. CDRD Ventures Inc., organe sans but lucratif du CRDM, permet de faire progresser encore davantage le développement de médicaments et la commercialisation de technologies en créant des entreprises ou en concédant une licence à une entreprise existante.

5. Modèles de poussée technologique
Les besoins technologiques du marché sont principalement dictés par les forces du marché externes, tandis que la poussée technologique l’est principalement par les activités de R et D internes. Cette approche plus traditionnelle de la R et D et de la commercialisation a permis de stimuler l’activité économique de façon sporadique. Certains CECR montrent qu’un modèle de poussée technologique peut fonctionner lorsque les centres sont en mesure de tirer parti des technologies les plus prometteuses issues des établissements de recherche et d’y apporter ensuite une valeur ajoutée pour accélérer leur progression vers la maturité technologique et le niveau voulu pour attirer l’investissement.

Exploitation des techniques de pointe en physique (ETPP) repère les technologies les plus prometteuses en développement au sein de TRIUMF, laboratoire national de recherche en physique nucléaire et en physique des particules du Canada, établi à Vancouver, et y apporte une valeur ajoutée. Pour assurer la commercialisation de ces technologies, le réseau crée ensuite des entreprises dérivées ou concède des licences à des entreprises établies.

Mesurer la réussite

La forte augmentation du financement public de la recherche observée au sein des pays industrialisés au cours des dix dernières années a été accompagnée d’exigences croissantes au chapitre de l’obligation redditionnelle et de paramètres plus précis et pertinents pour rendre compte de l’optimisation des ressources.

Les gouvernements se heurtent à deux défis. Premièrement, il n’existe aucune série universelle d’indicateurs de rendement clés pour évaluer les résultats et les retombées de la recherche – et on peut se demander si cela serait opportun, car les éléments mesurés varient en fonction du type de récepteur, de son envergure et du secteur. Deuxièmement, on observe à l’heure actuelle un changement de paradigme dans la façon dont les pays considèrent et mesurent les résultats en matière d’innovation. Les paramètres quantitatifs traditionnels, entre autres les brevets et la concession de licences, ne reflètent pas toujours pleinement les retombées des activités de recherche et de commercialisation. Nombre d’organisations, notamment l’OCDE et la National Science Foundation des États-Unis, réclament des paramètres plus qualitatifs, souvent à moyen ou à long terme.

Dans leur rapport annuel, tous les centres et les réseaux doivent communiquer des indicateurs de rendement au Secrétariat des RCE. On trouvera dans les pages qui suivent un résumé de ces paramètres.

Le Secrétariat des RCE s’emploie à améliorer le processus. Depuis 2008, les Réseaux de centres d’excellence sont membres du Consortium pour l’avancement des standards d’administration de l’information en recherche (CASRAI), qui aide les chercheurs, leurs établissements et leurs bailleurs de fonds à recueillir et à mettre en commun les données tout au long du cycle de vie de l’activité de recherche. Le nombre de membres du CASRAI ne cesse d’augmenter. Parmi ceux-ci, mentionnons le CRSNG, le CRSH, la Fondation canadienne pour l’innovation, le ministère de la Recherche et de l’Innovation de l’Ontario, le Fonds de la recherche en santé du Québec et Alberta Innovates – Health Solutions. Plusieurs titulaires de subventions des RCE sont en voie de devenir membres du CASRAI par l’entremise du Regroupement des membres associés des RCE.

Certains CECR ont adopté une approche très proactive pour recueillir les données sur les retombées. Par exemple, le Centre pour la commercialisation de la recherche (CCR) des Centres d’excellence de l’Ontario et le Canadian Digital Media Network ont retenu les services d’un tiers pour évaluer les retombées en toute indépendance.  

Retombées de la commercialisation assurée par un CECR

Paramètres quantitatifs Paramètres qualitatifs
Nbre de brevets demandés ou obtenus Liste des titres d’invention
Nbre d’ententes de licence faisant l’objet de négociations Autre propriété intellectuelle
Nbre de licences concédées à l’industrie Ateliers et conférences
Nbre de nouveaux produits ou services lancés sur le marché Nom des nouvelles entreprises en démarrage
Nbre d’entreprises en démarrage Liste des projets financés
Fonds supplémentaires recueillis Croissance régionale
Nbre d’ententes de recherche et valeur connexe  

Retombées des organisations ayant recours aux services d’un CECR

Paramètres quantitatifs Paramètres qualitatifs
Nbre d’emplois créés ou maintenus Mise en commun de l’infrastructure ou des ressources
Nbre de brevets demandés Atténuation du risque lié à la technologie
Nbre de brevets obtenus Création de nouveaux liens entre de grandes entreprises et des PME
Nbre de licences faisant l’objet de négociations Création de nouveaux liens à l’échelle nationale ou internationale
Nbre de licences concédées à l’industrie Augmentation de la productivité
Nbre de droits d’auteur Avantages environnementaux
Nbre de nouveaux produits ou services sur le marché Économies ou améliorations au chapitre des soins de santé et de l’évolution de l’état des patients
% d’augmentation des exportations Renforcement de la capacité de gestion
Investissements supplémentaires obtenus Amélioration des normes et des règlements
Investissements étrangers obtenus Lancement de nouveaux essais cliniques (médecine)
Revenus générés Possibilités de réseautage

Retombées et résultats
Le passage de la découverte à la commercialisation constitue un processus complexe qui met à contribution les universités, le secteur privé et tous les ordres de gouvernement. Il sera par conséquent toujours difficile de mesurer les retombées graduelles du financement des CECR, car des partenariats public-privé existants dirigés par les chercheurs des entreprises sont généralement à l’origine des subventions.

En raison des différents modèles d’affaires présentés précédemment, il est difficile de comparer les résultats et les retombées des CECR de secteurs différents. Par exemple, le délai de commercialisation d’une innovation en sciences de la santé ou de la vie est beaucoup plus long que dans des secteurs comme les technologies de l’information et des communications. C’est pourquoi la progression du degré de maturité technologique d’un produit dans un secteur donné peut correspondre à un niveau de succès comparable à la vente d’un produit dans un autre secteur.

De nombreux centres surmontent ces difficultés en établissant des données de référence et des indicateurs de rendement pertinents pour mesurer les retombées et les résultats. Certains d’entre eux ont retenu les services d’entreprises externes pour évaluer en toute indépendance les progrès accomplis à ce jour.

Le CCSP estime que ces progrès sont encourageants et il a bon espoir que les modèles de commercialisation et les pratiques exemplaires adoptés jettent les bases de la croissance économique dans plusieurs secteurs industriels. Les paragraphes ci-après font état de certaines tendances observées par le CCSP ainsi que d’exemples de retombées importantes générées par différents CECR.

Investissement accru de l’industrie dans la R et D
L’augmentation des investissements de l’industrie dans la R et D constitue une priorité du gouvernement du Canada. Les CECR créent des mesures pour inciter les entreprises à investir davantage dans la R et D et la commercialisation par différents moyens :

  • Appui direct aux partenariats (en contrepartie du droit de priorité sur les technologies)
  • Entente de recherche avec le CECR, une entreprise en démarrage ou une PME
  • Co-investissement sous forme de fonds de préamorçage ou d’amorçage
  • Frais d’utilisation (p. ex., l’accès à des installations ou à des appareils d’essai ou de validation spécialisés)

Contributions des partenaires

Depuis son lancement en novembre 2008, le Programme des CECR a permis de recueillir des contributions financières et non financières importantes, principalement auprès des provinces, des universités et de l’industrie. Les contributions financières et non financières du secteur privé depuis 2008 dépassent 45 millions et elles augmentent d’année en année – elles sont passées de 4,2 millions de dollars en 2008-2009 à 5,8 millions en 2009-2010 et à 35 millions en 2010-2011.

Les CECR facilitent les ententes de recherche : Les ententes de recherche constituent un élément mesurable à l’origine de partenariats entre l’industrie et les centres. Par exemple, le Centre de la prostate – initiative de recherche translationnelle pour l’accélération et le développement des découvertes scientifiques (CP-IRTADDS) a conclu huit ententes de recherche avec des sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques, notamment Pfizer (3 millions de dollars par an), Takeda (1 million par an) et AstraZeneca (500 000 $ par an). Pfizer a aussi versé 3,4 millions de dollars au fonds d’innovation Pfizer-CRDM pour accélérer la commercialisation des résultats de recherche universitaire prometteurs.

Contributions des partenaires, de 2008-2009 à 2010-2011
Source Contributions financières Contributions non financières Total
CECR 255 685 135 $ 0 $ 255 685 135 $
Universités 8 871 630 $ 12 075 341 $ 20 946 971 $
Industrie 31 858 243 $ 13 147 459 $ 45 005 702 $
Gouvernement fédéral 9 389 068 $ 726 710 $ 10 115 778 $
Gouvernements provinciaux 33 391 825 $ 2 248 533 $ 35 640 358 $
Autres 16 902 026 $ 9 476 952 $ 26 378 978 $
Contributions totales des partenaires 100 412 792 $ 37 674 995 $ 138 087 788 $
Total 356 097 927 $ 37 674 995 $ 393 772 923 $

Création d’entreprises

Le Programme des CECR a permis de créer plus de 50 entreprises. Outre l’appui financier au développement de technologies, certains centres offrent aussi des services de commercialisation, par exemple un mentorat, une formation en entrepreneuriat, des cadres en résidence et le jumelage avec des partenaires, des clients et des investisseurs potentiels.

MaRS Innovation lance sept entreprises : MI a aidé à lancer sept entreprises à ce jour, entre autres VitalHub, application iPhone permettant aux médecins d’avoir un accès à distance sécurisé aux dossiers des patients et à leurs résultats d’examens stockés dans le réseau de données internes d’un hôpital. Non seulement l’entreprise dérivée du Mount Sinai Hospital a recueilli 1 million de dollars de financement à ce jour, mais elle accroît aussi sa clientèle et embauche des employés. Jusqu’à présent, MI a aussi conclu sept ententes de licence au nom des établissements qui en sont membres, notamment une entente entre Sanofi-aventis et le Sunnybrook Health Sciences Centre pour la commercialisation d’un nouveau composé traitant les ulcères au pied causés par le diabète.

Activités de transfert des connaissances, de 2008-2009 à 2010-2011

  2008-2009 2009-2010 2010-2011 Total
Nbre d’entreprises en démarrage 21 17 17 55
Nbre de brevets demandés 29 117 186 332
Nbre de brevets obtenus 11 31 65 107
Nbre de licences faisant l’objet de négociations 6 23 72 101
Nbre de licences concédées 0 2 32 34
Nbre de droits d’auteur 0 1 7 8
Nbre d’interactions avec l’industrie 304 635 S.O. 939
Nbre d’organisations desservies S.O. S.O. 230 230
Nbre de collaborations internationales 45 80 S.O. 125
Autres activités de transfert des connaissances 85 85 261 431

Création d’emplois

L’un des principaux objectifs du Programme des CECR consiste à favoriser l’essor des entreprises. Au cours de la dernière année, les entreprises ayant recours aux centres ont fait état de la création de 1 186 emplois, dont une forte proportion (509) étaient associés à des partenaires industriels du Centre pour la commercialisation de la recherche (CCR) des Centres d’excellence de l’Ontario.

Création d’emplois par REGEN Energy dans le secteur des technologies propres : Le CCR a mis en contact la société torontoise REGEN Energy Inc. et un nouveau PDG, Tim Angus, grâce à son programme de cadres dirigeants en résidence. M. Angus a fait ses preuves pour ce qui est de tirer parti des marchés des capitaux propres et des valeurs mobilières au bénéfice d’entreprises en croissance. Le CCR a aussi participé à la campagne de financement par capitaux propres en investissant des fonds supplémentaires dans REGEN et sa participation a aidé à attirer d’autres investisseurs. En plus d’obtenir récemment une participation aux capitaux propres de 5,5 millions de dollars d’investisseurs du secteur des technologies propres, la société a multiplié son chiffre d’affaires par 15 par rapport à l’exercice précédent et elle prévoit de créer de 15 à 30 emplois en Ontario au cours des trois prochaines années.

Nombre d’emplois créés par les entreprises ayant recours aux centres, 2010-2011

CIB 26
C3E 12
CCR-CEO 509
CDMN 24
CRDM 380
Cepmed 5
MI 22
CP-IRTADDS 75
PREVENT 11
PPIFO 49
Tecterra 16
Wavefront 57
Total 1186

Concession de licences

Les CECR ont déjà concédé des licences au secteur privé pour 34 technologies. Dans la plupart des cas, l’entreprise continue de collaborer avec le centre, sa PME et les partenaires universitaires pour développer, tester et valider la technologie.  

Une analyse sanguine en voie d’être approuvée par les organismes de réglementation : Luminex Corp., multinationale qui possède des installations à Toronto, est en voie de faire approuver en 2011 par Santé Canada et la Food and Drug Administration des États-Unis une simple analyse sanguine qui élimine le besoin de procéder à des biopsies coûteuses et invasives L’initiative Biomarkers in Transplantation, financée principalement par le Centre d’excellence PPIFO et Genome British Columbia, s’est associée à Luminex Corp. pour poursuivre le développement des tests aux biomarqueurs et procéder à leur validation clinique. Ces tests aideront à réduire la nécessité d’effectuer des biopsies coûteuses, invasives et angoissantes après une chirurgie. Ils pourront aussi faire économiser des dizaines de millions de dollars par année au système canadien de soins de santé.

Ventes à l’exportation

Certains centres ont commencé à recueillir des données sur les ventes à l’exportation des entreprises qu’ils appuient. En 2010-2011, dix partenaires des CECR ont fait état d’une augmentation de leurs exportations – les ventes internationales ont doublé pour cinq entreprises et elles ont augmenté de plus de 50 % pour trois autres.

Première exportation internationale d’une technologie d’observation des océans : En 2010, OceanWorks International Inc. a livré à Chypre l’infrastructure de base d’un système d’alerte et d’intervention rapide en cas de tsunami. OceanWorks, qui possède des installations de conception et de fabrication à Burnaby, en Colombie-Britannique, et à Houston, au Texas, a mis au point cette infrastructure de nœuds et de boîtes de jonction pour les observatoires à câbles de fibres optiques VENUS et NEPTUNE Canada en Colombie-Britannique. Commercialisé avec l’appui du Ocean Networks Canada Centre for Enterprise and Engagement, ce système est vendu partout dans le monde aux observatoires océaniques, aux installations de production d’hydrocarbures en mer et aux systèmes de sécurité portuaire. L’entreprise a créé plusieurs emplois cette année à ses installations de Burnaby.

Entreprises et organisations participantes

Le nombre de partenaires des CECR a monté en flèche depuis le lancement du programme en 2008-2009. Au cours des deux dernières années, le nombre d’organisations participantes s’est accru de près de 60 %, principalement en raison des 145 nouveaux membres de l’industrie qui ont établi des partenariats avec les centres.

Organisation 2008-2009 2009-2010 2010-2011
Universités 23 39 39
Organisations hôtes 7 12 13
Autres sources d’appui 15 35 38
Centres ayant généré des revenus 0 6 7
Industrie 16 68 161
Organisations fédérales (autre qu’un CECR) 0 9 12
Organisations provinciales 10 13 20
Municipalités 0 2 4
Total 71 184 294

Partenariat entre des entreprises du secteur des sciences de la vie et Cepmed : Établie à Laval, au Québec, Warnex Inc. collabore avec le Centre d’excellence en médecine personnalisée et l’Institut de cardiologie de Montréal afin de développer un nouveau test de diagnostic pour les maladies cardiovasculaires et métaboliques. Un autre géant pharmaceutique, Merck, verse 4 millions de dollars à Cepmed à l’appui de projets d’intégration et d’activités de transfert des connaissances.

Conclusions et recommandations

Le gouvernement fédéral a lancé le Programme des CECR en 2007 pour stimuler l’économie canadienne grâce à la commercialisation des résultats de la recherche universitaire. Quatre ans plus tard, le CCSP estime que cette initiative audacieuse permet d’établir de solides partenariats, des modèles d’affaires et des pratiques exemplaires qui réunissent les chercheurs, les entrepreneurs, les investisseurs et les collectivités afin de développer des produits, des services et des solutions pour le Canada et le reste du monde à partir de résultats de recherche prometteurs.

L’un des points forts du programme réside dans sa souplesse. Il n’existe aucun modèle universel en matière de recherche et de commercialisation. En étroite collaboration avec l’industrie, les CECR ont mis au point des modèles de collaboration et de commercialisation novateurs qui répondent aux besoins particuliers de différents secteurs industriels et d’entreprises de toutes tailles. Les jeunes entreprises, les grandes entreprises et les autres organisations externes ont ainsi accès à un éventail de possibilités pour faire participer les universités.

De nombreux centres en sont encore à leurs débuts, mais le CCSP estime que les progrès accomplis à ce jour sont suffisants pour conclure avec assurance que le programme s’acquitte de son mandat. Plusieurs centres ont rapidement connu du succès sur plusieurs fronts :

  • renforcement et diversification des économies régionales;
  • renforcement de la compétitivité des entreprises canadiennes sur la scène internationale;
  • création, avec l’aide d’entrepreneurs, de nouveaux produits et services à partir des résultats de la recherche;
  • création de centres de commercialisation et de recherche reconnus à l’échelle internationale;
  • accroissement des investissements du secteur privé dans la recherche au Canada.

Plus de 138 millions de dollars ont été recueillis auprès des entreprises, des investisseurs, des gouvernements provinciaux et d’autres partenaires, les technologies se rapprochent de la commercialisation et 55 entreprises ont été créées. Tant les acheteurs que les vendeurs de technologies aident à choisir celles qui seront mises en œuvre ainsi que les mesures à prendre afin d’atténuer le risque connexe, d’apporter une valeur ajoutée aux technologies et de réduire le plus possible le délai de commercialisation tout en optimisant les chances de réussite. La participation de l’industrie et des autres récepteurs réduit le risque que l’on « pousse » une technologie avant qu’elle soit prête à recevoir des investissements ou à être lancée sur le marché.

Le CCSP se penche aussi sur un autre enjeu important, à savoir s’il y a lieu d’exiger que les centres deviennent viables et si l’on devrait permettre aux centres existants de demander la prolongation ou le renouvellement de leur financement. Il estime que la viabilité devrait demeurer un objectif du Programme des CECR, tout en reconnaissant que cela n’est peut-être pas possible dans un cycle de financement de cinq ans. Certains secteurs industriels, en particulier celui de la découverte de médicaments, nécessitent un cycle de développement beaucoup plus long. De plus, en raison du manque de capital de risque, les résultats de la recherche doivent atteindre un degré de maturité technologique plus avancé avant que l’on puisse créer une entreprise dérivée. Le temps qu’il faut avant qu’un centre devienne opérationnel peut aussi influer sur la période nécessaire pour qu’il atteigne la viabilité.

Le CCSP a cerné plusieurs modèles d’affaires et pratiques exemplaires propres à mobiliser les partenaires, à accélérer le développement des technologies et à assurer l’expansion des entreprises – tous des éléments qui contribuent à la viabilité financière à long terme des CECR et des secteurs industriels y ayant recours. Il encourage les centres existants et les futurs candidats à intégrer des pratiques appropriées à leurs modèles d’affaires. (On trouvera à l’annexe B des exemples de modèles et de pratiques.)

De même, le CCSP recommande les mesures suivantes concernant l’orientation du Programme des CECR, le fonctionnement des centres et les concours à venir.

Recommandations

Maximiser les retombées du programme

  • Le Comité de direction des RCE et le gouvernement fédéral devraient examiner le mandat du Programme des CECR et ses niveaux de financement dans le but de maximiser ses retombées dans le système d’innovation national dans son ensemble.
  • Le Programme des CECR devrait demeurer souple pour s’adapter aux types de modèles d’affaires utilisés par les différents centres, car il n’existe aucun modèle universel en matière de commercialisation.
  • Dès leur création, il faudrait encourager les CECR à faire part de leurs pratiques exemplaires aux autres centres.

Gouvernance et fonctionnement

  • Il faudrait encourager les CECR à faire en sorte que tous les intervenants participent activement dès le début à la chaîne de valeur (p. ex. grandes entreprises, PME, fournisseurs, distributeurs, clients, utilisateurs et investisseurs) aux étapes de la consultation, de la recherche, de la démonstration de la technologie et de l’investissement.
  • Il faudrait encourager les CECR, s’il y a lieu, à collaborer et à tirer parti de leurs domaines d’expertise mutuels pour accélérer la commercialisation.
  • Les centres devraient régulièrement mettre à jour leur plan d’affaires, notamment les projections financières pro forma et l’évaluation du degré de maturité technologique de leur portefeuille.
  • Les nouveaux candidats et les centres existants devraient établir des données de référence et des indicateurs de rendement pertinents pour mesurer les retombées et les résultats qui découlent directement du Programme des CECR – c’est-à-dire à la fois des paramètres quantitatifs traditionnels (p. ex. brevets, concession de licences et entreprises dérivées) et des paramètres qualitatifs reflétant les retombées sociales (p. ex. réduction des coûts liés aux soins de santé, avantages environnementaux et amélioration de la politique publique).
  • La viabilité financière devrait demeurer un objectif à long terme des centres, mais il faut reconnaître la nécessité d’accorder la priorité à la viabilité économique des différentes entreprises commerciales qu’ils appuient.

Concours à venir

  • En collaboration avec les intervenants, les candidats devraient produire un plan d’affaires détaillé définissant clairement les objectifs de la commercialisation et présentant un plan de travail précis, le coût des ressources et l’approche en matière de propriété intellectuelle. D’autres critères peuvent être pris en compte :
    • Capacité à obtenir du financement auprès de partenaires provinciaux et régionaux
    • Démonstration de la valeur prévue pour l’économie canadienne et de la façon dont le centre générera cette valeur
    • Création d’une masse critique d’expertise technologique dans une région
    • Priorité aux cycles de R et D à court terme et aux projets ayant atteint un degré de maturité technologique avancé
    • Capacité à intensifier rapidement les activités
    • Expérience en commercialisation
    • Expertise en gestion de la propriété intellectuelle
  • Les centres existants qui veulent demander la prolongation ou le renouvellement de leur financement devraient faire la preuve des retombées économiques. Les critères pour le renouvellement devraient comprendre un plan d’affaires faisant état de projections financières et des indicateurs de rendement montrant la valeur supplémentaire générée par les investissements du CECR et la façon dont cette démarche fait fond sur les investissements des autres bailleurs de fonds.
  • Pour améliorer la qualité des demandes et accélérer l’intensification des activités, le secrétariat des RCE devrait donner aux candidats une orientation et une aide supplémentaires (p. ex. communication des pratiques exemplaires des centres existants et des leçons tirées de l’examen mené par le CCSP.)
  • Comme les CECR sont tenus de faire la preuve d’avantages considérables pour le Canada et de retombées économiques importantes, leurs modèles d’affaires devraient appuyer des activités favorisant à la fois les retombées sociales et les retombées commerciales pour les partenaires et les secteurs ayant recours à leurs services. Les CECR devraient veiller à utiliser des paramètres clairs faisant ressortir les progrès accomplis pour chacune des retombées sociales et économiques prévues et les liens qu’ils ont établis entre ces dernières.

Annexe A : Modèles d’investissement

Deux critères clés du Programme des CECR consistent à créer, à développer et à maintenir au Canada des entreprises et à attirer l’investissement, notamment l’investissement direct étranger et le capital de risque. Les centres ont élaboré plusieurs modèles d’affaires et d’investissement pour respecter ces critères.

Centre pour la commercialisation de la recherche : Le CCR s’est associé à des investisseurs providentiels afin d’accorder des microprêts (50 000 $ en moyenne) pour le développement, les démonstrations commerciales et l’exploitation initiale de technologies ou de produits. Des prêts de suivi plus élevés ont attiré des co-investissements de sociétés de capital de risque. Les prêts sont accordés sous forme d’obligations pouvant être converties en capitaux propres.

  • Nombre d’entreprises bénéficiaires de microprêts : 67
    Ratio de co-investissement : 5:1
  • Investissement de suivi : 42 millions de dollars
    Ratio de levier financier : 15:1

Centre pour la recherche et le développement des médicaments : Le CRDM a créé trois fonds d’innovation en collaboration avec des partenaires de l’industrie et du secteur public.

  • Fonds d’innovation Pfizer-CRDM : 3,4 millions de dollars de Pfizer Canada et 1 million du Programme des RCE pour accélérer la commercialisation des résultats de recherche prometteurs
  • Genome BC-CDRD Development Fund: 1 million de dollars de Genome BC et 1 million du CRDM sous forme d’expertise, d’installations et de temps d’utilisation d’appareils.
  • Western Canada Innovation Fund : 1,1 million de dollars du CRDM, de la province de la Colombie-Britannique, de la province de l’Alberta et de Johnson & Johnson COSAT pour appuyer un programme de recherche en santé novateur dans le secteur des sciences de la vie.

TECTERRA : TECTERRA a conçu une série de programmes d’investissement axés sur l’établissement de partenariats avec l’industrie géomatique canadienne, des groupes de recherche universitaires de l’Alberta et le secteur canadien des ressources.

  • Les programmes d’investissement dans l’industrie versent de 100 000 $ à 500 000 $ par projet. Chaque projet est dirigé par une PME.
  • Les programmes d’investissement dans la R et D universitaire versent de 100 000 $ à 500 000 $ pour les projets dirigés par un groupe de recherche d’une université albertaine en partenariat avec une entreprise de géomatique ou un organisme gouvernemental qui sera l’utilisateur final de la technologie.

Institut de recherche en immunologie et cancer – Commercialisation de la recherche : En moyenne, IRICoR verse des fonds d’amorçage de 50 000 $ et un investissement de suivi de 150 000 $ en contrepartie d’un partage des revenus. Des entreprises, des organismes gouvernementaux ou des sociétés de capital de risque participent aussi au financement. Le modèle d’affaires d’IRICor repose sur le partage des revenus. En plus de concéder des licences à des sociétés pharmaceutiques pour des technologies matures en contrepartie de droits de licence et de redevances, le CECR acquiert une participation dans les nouvelles entreprises dérivées.

Centre d’excellence en efficacité énergétique : Le C3E est l’un des bailleurs de fonds qui ont fourni les fonds de préamorçage Cycle-C3E de 150 millions de dollars destinés à aider les jeunes entreprises du secteur des technologies propres à combler le vide entre la démonstration et la commercialisation des technologies. Le gouvernement du Québec, Rio Tinto Alcan, Lonza, Gaz Métro et Systemex ont aussi investi des fonds.

  • Financement moyen : Entre 350 000 $ et 400 000 $
  • Les obligations non garanties peuvent être converties en une participation de 15 %, en crédits carbone ou en redevances revenant au CECR

Centre pour le développement et la commercialisation des traceurs : Le CDCT est devenu un guichet unique qui développe des isotopes médicaux et en assure l’approvisionnement. Un nouveau centre de recherche, de fabrication et de distribution d’isotopes médicaux a ouvert ses portes à Toronto en juin 2011 grâce à un partenariat entre le CDCT et le Réseau universitaire de santé. Il est déjà devenu le principal fournisseur de traceurs moléculaires pour les essais cliniques et les diagnostics en Ontario et on projette d’ouvrir des sites de fabrication satellites à la grandeur du Canada. Des géants pharmaceutiques et des entreprises de développement de traceurs ont conclu avec le CDCT des ententes portant sur la fabrication, les services de laboratoire et les essais cliniques. Le Centre considère que ce modèle de services générateur de revenus est essentiel à sa viabilité à long terme.

Centre de la prostate – initiative de recherche translationnelle pour l’accélération et le développement des découvertes scientifiques : CP-IRTADDS a conclu huit ententes de recherche avec des sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques et obtenu 11 brevets. Signalons notamment la réussite éclatante de l’entreprise vancouvéroise OncoGenex Pharmaceuticals Inc., l’une des deux entreprises dérivées de CP‑IRTADDS. Plus de 300 patients ont été traités dans le cadre de sept essais cliniques au moyen d’un nouveau médicament contre le cancer de la prostate développé initialement au Centre de la prostate de Vancouver et commercialisé par OncoGenex. Un essai clinique de phase 3 est prévu en 2011 en partenariat avec Teva Pharmaceutical Industries Ltd., dont le siège se trouve en Israël et qui versera un montant initial de 60 millions de dollars à OncoGenex.

MaRS Innovation : MI met un guichet unique à la disposition de 14 universités, hôpitaux de recherche, centres de santé et petites entreprises dans le domaine de la thérapeutique, du matériel médical, de l’imagerie diagnostique, des technologies de l’information et des communications, de la fabrication de pointe et des technologies propres. Il fournit des fonds et des ressources pour qualifier et faire progresser les technologies, déposer des demandes de brevet, élaborer des plans d’affaires et de marketing et garantir des investissements. En partenariat avec l’Institut ontarien de recherche sur le cancer, MI a lancé une entreprise privée –Triphase– qui fournit du financement pour la validation de principe, des locaux pour les entreprises en démarrage, des services de consultation industrielle et d’autres ressources pour aider les entreprises à passer des dernières étapes du développement préclinique à la validation clinique en oncologie.

Canadian Digital Media Network : Le CDMN comprend des centres d’accélération, de commercialisation et de développement à la grandeur du pays. Il propose notamment des locaux, des programmes, des outils, des technologies et des applications ainsi que du financement et des services de connectivité. Le centre offre aussi des services de mentorat et des conseils sur un éventail de sujets, y compris la propriété intellectuelle, le marketing et la stratégie.

Centre d’innovation bioindustrielle  : Le CIB est en voie de créer les premiers laboratoires de biotechnologie et les premières installations pilotes partagées de gazéification, de pyrolyse, de fermentation et de bioconversion de l’Amérique du Nord – des technologies clés qui permettront de convertir les sous-produits agricoles et forestiers en carburants, en produits chimiques, en produits et en matériaux.

GreenCentre Canada : D’une superficie de 10 000 pi2, le laboratoire de GreenCentre, financé par le gouvernement de l’Ontario et le secteur privé, est en mesure de proposer grâce au financement de son CECR toute une gamme de services de commercialisation – évaluation de technologies, développement de produits et d’applications, gestion de la propriété intellectuelle, expansion des entreprises, augmentation de la production, concession de licences et création de nouvelles entreprises.

Pan-Provincial Vaccine Enterprise Inc: Au sein de ses établissements universitaires, le Canada a la capacité de procéder à des essais précliniques, à des essais de phase 1 et aux premiers essais de phase 2 sur des animaux, mais les ressources sont éparpillées dans tout le pays. PREVENT utilise cette infrastructure et cette expertise dispersées pour faire en sorte qu’une licence soit accordée à un partenaire industriel dans le cas de vaccins prometteurs, afin que celui-ci se charge des derniers essais cliniques et de la commercialisation.

Centre pour la commercialisation de la médecine régénératrice : Le CCMR met sur pied et soutient trois plateformes translationnelles – utilisant l’infrastructure et l’expertise existantes – qui s’attaquent aux principaux goulots d’étranglement dans la commercialisation de la médecine régénératrice, soit la reprogrammation, la fabrication de cellules ainsi que les biomatériaux et tissus mimétiques. 

Annexe B : Modèles viables

Le CCSP a examiné deux enjeux touchant la viabilité des CECR au terme de leur financement de cinq ans et la façon dont ils contribuent aux retombées économiques durables au sein de la société. Ces deux enjeux sont parfois étroitement liés, en particulier si l’industrie et d’autres récepteurs mettent à profit leur partenariat avec un CECR. Les entreprises et les autres récepteurs qui observent une amélioration de leurs revenus, de leurs économies de coûts ou de leur productivité grâce à leur collaboration avec un CECR sont en mesure de mieux justifier le maintien ou l’accroissement de ce financement.

La planification constitue toutefois l’un des plus grands défis. La majorité des entreprises ont des délais de développement beaucoup plus courts que ceux des universités et il faut des retombées graduelles tout au long du projet de R et D. De même, nombre de CECR cherchent des moyens de monétiser les résultats de leur recherche, leur expertise et leurs investissements ou d’en tirer des revenus avant la fin de leur mandat de manière à pouvoir poursuivre leurs activités.

Le CCSP a cerné plusieurs modèles et pratiques qui semblent propres à générer des retombées économiques durables. Les CECR combinent souvent ces pratiques dans leurs modèles d’affaires.

1. Gouvernance

Une bonne gouvernance ne génère pas de revenus, mais elle est souvent à la base d’un programme de recherche et de commercialisation efficace. Les grandes entreprises et les PME – notamment les fournisseurs, les distributeurs, les clients, les utilisateurs et les bailleurs de fonds – participent aux conseils d’administration de plusieurs CECR ainsi qu’aux comités d’examen scientifiques, aux comités consultatifs et aux activités de recherche. Leur participation aide à assurer leur engagement à long terme envers le centre.

2. Frais d’utilisation ou ententes de recherche

Les CECR concluent des ententes de recherche avec des entreprises, grandes ou petites, de différentes façons. Certains d’entre eux facilitent la conclusion d’ententes de recherche entre les grandes entreprises, les PME et les entreprises en démarrage dans le cadre d’un programme de recherche, ce qui procure à la jeune entreprise les revenus voulus pour accroître ses activités.

D’autres centres concluent des ententes de service avec de grandes entreprises pour la recherche et développement de produits. Par exemple, le Centre pour le développement et la commercialisation des traceurs a conclu des ententes avec de grandes multinationales en vue du développement et de la fabrication de traceurs d’imagerie moléculaire pour les essais cliniques. Ces ententes permettent de financer les activités du centre à long terme tout en assurant que les priorités de recherche répondent aux besoins du marché.

3. Vente de produits

Certains centres prévoient de vendre des produits et d’autres technologies pouvant générer des revenus à court terme pour eux-mêmes et pour les entreprises en démarrage. Par exemple, le Centre pour l’invention et l’innovation en chirurgie (CIIC) s’intéresse à un système pour la détection rapide et le traitement du cancer du sein qui serait commercialisé par une nouvelle entreprise dérivée. Le CIIC posséderait une participation dans l’entreprise, générerait des redevances grâce à la propriété intellectuelle et vendrait les outils jetables associés au système. En outre, il générerait des revenus grâce aux services de tests, de validation et de formation. Un autre CECR, le Centre pour le développement et la commercialisation des traceurs, s’attend à générer des revenus en fabriquant et en vendant des traceurs d’imagerie moléculaire, qui s’ajouteront aux services contractuels.

4. Redevances et droits de licence

De façon générale, les CECR obtiennent une licence d’exploitation de la propriété intellectuelle d’une université ou d’un hôpital de recherche qu’ils concèdent ensuite aux récepteurs, y compris les entreprises dérivées. Ils peuvent aussi s’entendre sur des redevances à venir. Les redevances sont parfois versées directement à l’université ou au chercheur principal, tandis que le CECR touche une petite portion de la part qui leur revient. Qu’il s’agisse de redevances ou de droits de licence, une entreprise en démarrage doit parfois attendre plusieurs années avant d’obtenir un rendement de l’investissement.

Les accords de redevances varient d’un CECR à l’autre. Par exemple, MaRS Innovation touche 25 % de l’ensemble des redevances sur la propriété intellectuelle : elle garde 20 % pour le fonctionnement et réinvestit 5 %. Par ailleurs, l’accord de redevances conclu entre l’Institut de recherche en immunologie et cancer (IRICor) et Bristol Myers Squibb prévoit des paiements initiaux et d’étape.

5. Participation dans Newco

Les CECR acquièrent souvent une participation dans les entreprises en démarrage. Par exemple, GreenCentre Canada détient une participation financière importante dans Switchable Solutions, entreprise dérivée de la Queen’s University avec laquelle il a conclu des accords de licence et qui commercialise une approche efficace, économique et écologique pour le recyclage des plastiques et le traitement des sables bitumineux.

6. Remboursement de prêts

Plusieurs CECR sont dotés de programmes qui versent des fonds d’amorçage à des entreprises en démarrage et à des PME pour les aider à commercialiser une technologie nouvelle. Le mode de remboursement de cette aide financière varie d’un centre à l’autre. Le Centre d’excellence en efficacité énergétique émet des obligations non garanties pouvant être converties en une participation de 15 %, en crédits carbone ou en redevances – ou en une combinaison des trois. Si un projet semble voué à l’échec, le C3E peut accorder une remise de dette et concéder la licence d’exploitation de la technologie à une autre entreprise.

Exploitation des techniques de pointe en physique ( ETPP) adopte une approche souple similaire. Conscient que le fonds de roulement des entreprises en démarrage est fort limité, ce centre propose un contrat de service ou un prêt qui pourra ultérieurement être converti en capitaux propres ou en redevances.

7. Droits d’adhésion

Certains CECR imposent à leurs membres des droits d’adhésion annuels en contrepartie d’un accès à des services de recherche, à des installations et à un droit de priorité sur toute technologie développée. GreenCentre Canada et le Centre de collaboration MiQro Innovation figurent parmi les centres qui ont adopté ce modèle.

Annexe C : Réseaux de centres d’excellence dirigés par l’entreprise

RCE‑E : Mettre l’industrie aux commandes

  • Les RCE-E reçoivent des RCE environ la moitié de leur financement, le reste provenant d’autres sources des secteurs public et privé. Il s’agit d’un facteur supplémentaire incitant les réseaux à financer une recherche qui débouchera directement et rapidement sur des produits et des services générateurs de revenus et qui sera créatrice d’emplois.
  • Une partie des fonds des RCE-E, soit 2,8 millions de dollars, est affectée aux PME, dans le but d’encourager et de promouvoir les partenariats avec ces organisations.
  • Les RCE-E proposent un modèle de partenariat unique et novateur, où les partenaires des secteurs postsecondaire et privé sont sur le même pied. Ce nouveau type de relation est maintenant envisagé ou utilisé dans des pays comme la France et l’Espagne ainsi que dans certains pays nordiques.
  • Le Programme des RCE-E est le seul programme des trois organismes subventionnaires (CRSNG, CRSH et IRSC) à permettre aux réseaux de financer directement leurs partenaires du secteur privé, de manière à ce qu’ils puissent faire de la recherche dans leurs propres installations.

Comme il a été annoncé dans le Budget de 2007, le gouvernement du Canada a affecté 46 millions de dollars sur quatre ans à la création de réseaux de centres d’excellence dirigés par l’entreprise. Le programme finance des réseaux collaboratifs d’envergure dirigés par l’entreprise pour favoriser l’innovation dans le secteur privé en vue d’assurer aux Canadiens des retombées économiques, sociales et environnementales et promouvoir un avantage entrepreneurial (comme en fait état la Stratégie fédérale des sciences et de la technologie intitulée Réaliser le potentiel des sciences et de la technologie au profit du Canada).

Ces réseaux sont la fusion des perspectives postsecondaires du Programme des RCE initial et de la volonté ardente du secteur privé de résoudre des problèmes particuliers. Dirigés par des consortiums industriels, ils aident à accroître les investissements du secteur privé dans la recherche canadienne, contribuent à la formation de chercheurs compétents et accélèrent le transfert des idées du laboratoire au marché sous la forme de produits et services.

[Traduction] Selon le modèle des RCE dirigés par l’entreprise, l’industrie demande l’aide d’universités et d’organisations de recherche pour résoudre les problèmes qui lui sont propres au lieu que l’industrie demande l’aide de l’industrie pour commercialiser ses inventions.
Source : ArboraNano

À la lumière des recommandations formulées par le CCSP, le Comité de direction des RCE a approuvé la création de quatre RCE‑E en 2009 dans le domaine de la découverte de médicaments, des produits forestiers à valeur ajoutée, des technologies aéronautiques de la prochaine génération et des défis du développement durable liés à la production d’énergie au moyen d’hydrocarbures. L’un des principaux objectifs du programme consiste à aider les entreprises canadiennes de ces secteurs à soutenir la concurrence mondiale.

Le programme en est encore à ses débuts, mais le CCSP a observé à ce jour des tendances et des résultats encourageants. La participation croissante de l’industrie, des gouvernements provinciaux et des autres partenaires constitue l’un des éléments les plus impressionnants. Malgré la récession et la difficulté de certains partenaires industriels à respecter leurs engagements financiers initiaux, les contributions financières et non financières des partenaires au Programme des RCE‑E en 2009-2010 et en 2010-2011 atteignent près de 38,3 millions de dollars, soit un montant supérieur aux 31 millions de dollars investis par le gouvernement fédéral pendant cette période.

En 2010-2011, les contributions des partenaires des secteurs public et privé se sont chiffrées à 19,7 millions de dollars. Les contributions financières et non financières des partenaires industriels affichent l’augmentation la plus marquée par rapport à l’exercice précédent : elles ont atteint 11,6 millions, comparativement à 6,1 millions en 2009-2010. L’industrie constitue maintenant le principal bailleur de fonds du programme après le gouvernement fédéral.

Le fait que les montants recueillis par la plupart des réseaux égalent ou dépassent les contributions de contrepartie requises – peu de temps après leur lancement et dans un climat financier difficile – témoigne de l’intérêt particulier de l’industrie et des autres partenaires pour le succès de la commercialisation effectuée par les réseaux.

La valeur des contributions en nature
Outre les contributions financières directes, les partenaires industriels donnent de leur temps et des ressources et offrent l’accès à des installations et à des appareils spécialisés. Par exemple, la société Bell Helicopter de Mirabel, au Québec, permet à ArboraNano d’avoir accès à ses installations d’essais spécialisés pour les composites à base de polymères. Un autre partenaire, la société montréalaise Nanoledge, fait bénéficier ArboraNano de son expertise en matière d’intégration de nanoparticules avec d’autres matériaux.

Contributions des partenaires, 2009-2011

Source Contributions financières Contributions non financières Total
RCE‑E 31 013 375 $   31 013 375 $
Universités 0 $ 59 960 $ 59 960 $
Industrie 8 823 304 $ 8 926 123 $ 17 749 427 $
Gouvernement fédéral 550 000 $ 4 720 $ 554 720 $
Gouvernements provinciaux 13 502 645 $ 535 155 $ 14 037 800 $
Autres 1 298 145 $ 4 553 400 $ 5 851 545 $
Contributions totales des partenaires 24 174 094 $ 14 079 358 $ 38 253 452 $
Total 55 187 469 $ 14 079 358 $   69 266 827 $

Modèles d’affaires souples

Comme dans le cas du Programme des CECR, il n’existe aucun modèle universel pour les RCE‑E en matière de participation des partenaires et de commercialisation. Les réseaux doivent conserver une certaine souplesse pour s’adapter aux exigences des partenaires et à l’évolution des conditions du marché.

Par exemple, ArboraNano a dû reporter le lancement complet de son programme de R et D au cours de sa première année d’activité en raison des contraintes financières imputables au ralentissement économique subies par les partenaires. Le réseau, ses chercheurs et les partenaires industriels ont réagi en modifiant le modèle de collaboration, lequel prévoit maintenant que les membres fournissent une contribution de contrepartie ou une contribution en nature pour des projets particuliers, par opposition à un financement de la R et D non ciblé.

Des membres de l’industrie ont aussi demandé un renforcement des mesures de protection de la propriété intellectuelle et une plus grande marge de manœuvre pour exploiter la leur dans le cours normal de leurs activités. D’après les responsables d’ArboraNano, les modifications se sont traduites par « une forte augmentation de l’appui » des partenaires industriels. Le financement offert par le programme était considéré comme une participation sans lien de dépendance dont les résultats s’annoncent très incertains et le financement de projets facilite l’intégration des travaux dans la stratégie de recherche globale.

Pour sa part, le Conseil québécois sur la découverte du médicament a adopté un modèle d’innovation ouverte en vertu duquel six grandes sociétés pharmaceutiques concurrentes s’associent pour développer des outils et des plateformes de recherche préconcurrentielle qui accélèrent le processus de découverte de médicaments dans un large éventail de domaines thérapeutiques. Non seulement les entreprises ont voix au chapitre dans le choix des domaines de recherche et les projets qui bénéficieront d’un financement, mais elles auront aussi la priorité pour la concession d’une licence visant toute nouvelle technologie. En outre, un mentor de chaque entreprise travaille avec les chercheurs pour s’assurer que des projets demeurent conformes aux besoins de l’industrie.

Mise en commun du savoir pour améliorer la récupération des hydrocarbures
Systèmes de production d’énergie utilisant des technologies ultra-viables (STEPS) appuie la recherche visant à développer des méthodes simples et fiables pour établir les propriétés de base des gisements d’hydrocarbures – avec un échantillonnage minimal – pour aider les entreprises à déterminer les moyens les plus prometteurs d’accroître la récupération globale dans un champ pétrolifère donné. À cette fin, STEPS a lancé en 2010 une « super base de données » qui renferme des renseignements détaillés sur les options d’accroissement de la récupération pour les gisements d’hydrocarbures. Un partenaire industriel utilise déjà la base de données afin de peaufiner les paramètres de conception de produits commerciaux dans plusieurs grands domaines. L’outil sera également utile pour les petits gisements, qui appartiennent le plus souvent à des PME.

Des partenariats solides

Comme les RCE‑E sont dirigés par le secteur privé, les entreprises doivent prendre une part active à l’orientation du réseau ainsi qu’à la conception et à l’exécution des projets. Dans chaque réseau, on observe une forte participation de l’industrie aux conseils d’administration et aux comités scientifiques ainsi qu’une participation directe de membres du personnel de recherche du secteur privé aux programmes de recherche du RCE‑E. D’après les responsables d’un réseau, le transfert des connaissances et de la technologie cesse de poser problème lorsque le savoir est échangé et mis en commun plutôt que transféré. Par exemple, les membres de l’industrie sont majoritaires au sein du conseil d’administration et du comité scientifique du Groupement aéronautique de recherche et développement en environnement (GARDN). Les trois directeurs scientifiques du réseau sont également issus du secteur privé.

Le nombre de partenaires participant aux réseaux est passé de 68 en 2009-2010 à 85 en 2010-2011 – l’augmentation a été particulièrement marquée au Québec (où le nombre d’organisations participantes a grimpé de 29 à 47). Pendant la même période, le nombre de partenaires industriels est passé de 33 à 47. Cette augmentation est attribuable en partie à un fonds de 2,8 millions de dollars visant à aider les PME à établir des partenariats avec un RCE‑E.

Établissement de liens entre les PME et les grandes entreprises
Le RCE a accordé 751 242 $ au CQDM en 2010 pour stimuler la participation de deux PME (Caprion Protéomique et Biospectives) à deux nouveaux partenariats internationaux. Le CQDM aide aussi Caprion à élaborer un modèle d’affaires plus viable en dépassant le cadre d’une entreprise qui offre des services contre rémunération afin de développer des technologies exclusives qui génèrent des droits de licence sur une base continue.

Impératifs du marché

Les quatre réseaux reposent sur la recherche répondant aux besoins qu’ont différents secteurs industriels de réduire les coûts, d’améliorer l’efficacité, de réduire les répercussions environnementales et d’améliorer la compétitivité internationale.

Par exemple, les géants canadiens de l’aérospatiale collaborent avec des chercheurs du milieu universitaire et du secteur public dans le cadre de GARDN pour développer de nouveaux matériaux, des carburants de remplacement et des moteurs plus silencieux pour une nouvelle génération d’avions moins polluants. Ces innovations sont dictées par l’évolution des conditions du marché : nouvelles taxes sur le carbone en Europe; nouvelles règles en Europe exigeant que les avions génèrent moins de bruit et d’émissions; et triplement prévu du trafic aérien aux États-Unis d’ici 2025 sans augmentation du bruit et des émissions de gaz à effet de serre.

Innovations dans l’industrie aérospatiale verte
CMC Électronique, de Montréal, affirme que le programme du GARDN l’a aidée relativement à ses initiatives d’aérospatiale vertes en cours, notamment à développer une fonction de navigation verticale pour son système de gestion de vol et à devancer le lancement de nouvelles initiatives.

Création d’emplois

Le tableau ci-après indique combien de personnes hautement qualifiées (p. ex. étudiants des cycles supérieurs et stagiaires postdoctoraux) ont trouvé un emploi et dans quel secteur après avoir participé aux activités de RCE‑E depuis le lancement du programme il y a deux ans.

Secteur Nombre de PHQ embauchées
Gouvernement au Canada 5
Industrie au Canada 10
Autre organisation au Canada 1
Université au Canada 35
Université à l’étranger 18
Total 69

Points forts du Programme des RCE‑E à ce jour

  • Solide leadership de l’industrie au sein des conseils d’administration et des comités d’examen scientifiques
  • Contributions financières croissantes des partenaires – Depuis le lancement du programme, il y a deux ans, l’investissement fédéral de 31 millions de dollars a permis de recueillir près de 38,3 millions auprès des partenaires.

Défis

  • En raison de la récession, certains partenaires industriels n’ont pu respecter leurs engagements financiers initiaux, ce qui a retardé le lancement de certaines activités de R et D.
  • La conclusion d’ententes de recherche (en particulier sur la gestion de la propriété intellectuelle) avec quelques universités a pris plus de temps que prévu, ce qui a retardé le lancement de certains projets de recherche des réseaux.
  • Certains réseaux ont eu de la difficulté à faire participer les PME au début. Le RCE a réagi en créant un fonds spécial pour encourager la participation des PME. Il a permis de les inciter à participer en plus grand nombre aux partenariats, mais les réseaux reconnaissent qu’il reste encore du travail à effectuer dans le domaine.
  • Les responsables d’au moins un réseau craignent que la recherche ne donne pas de résultats au cours du mandat de quatre ans, notamment en raison des retards dans la réalisation d’essais sur le terrain au sein de l’industrie.

Les RCE-E actuellement financés

Réseau des nanoproduits de la forêt canadienne (ArboraNano)
Pointe-Claire, au Québec (8 991 000 $ pour 2009-2013)
Partenaires industriels fondateurs : FPInnovations, NanoQuébec et Kruger Inc.
ArboraNano réunit une brochette inattendue de partenaires issus d’industries qui n’avaient pas collaboré ensemble par le passé – notamment médecine, aérospatiale, automobile et produits chimiques – pour participer avec le secteur forestier à une équipe de recherche et développement multidisciplinaire. Le but est de revitaliser le secteur forestier canadien en transformant une cellulose nanocristalline d’origine végétale et d’autres types de biomasse en produits forestiers nouveaux de grande valeur.

Groupement aéronautique de recherche et développement en environnement (GARDN)
Ottawa, en Ontario (12 486 133 $ pour 2009-2013)
Partenaires industriels fondateurs : Bombardier, Pratt & Whitney Canada et CMC Électronique
Le GARDN est un consortium national de 23 partenaires des secteurs public et privé qui sélectionne des travaux de recherche prometteurs auxquels l’industrie fera passer les étapes de mise au point, d’essai et de prototypage. Le GARDN cible ce qu’il appelle la « vallée de la mort dans la chaîne d’approvisionnement de l’innovation », qui englobe les prototypes, les essais et la démonstration des premiers travaux de recherche menés par des universités et des instituts de recherche. Le réseau finance le développement de technologies propres à réduire les répercussions environnementales de la prochaine génération d’aéronefs, de moteurs et de systèmes qui entreront en service entre 2015 et 2025.

Consortium québécois sur la découverte du médicament (CQDM)
Île-des-Sœurs, au Québec (8 751 242 $ pour 2009-2013)
Partenaires industriels fondateurs : Merck, AstraZeneca et Pfizer
Le CQDM, qui réunit tous les intervenants de la recherche biopharmaceutique, est principalement voué à financer les projets de recherche menés dans le cadre de partenariats entre les milieux universitaire et hospitalier dans le secteur public et les industries pharmaceutiques et biotechnologiques dans le secteur privé. Son objectif est double : accélérer le processus de découverte de médicaments et développer des médicaments plus sûrs et efficaces.

Système de production d’énergie utilisant des technologies ultra-viables (STEPS)
Regina, en Saskatchewan (10 500 000 $ pour 2009-2013)
Partenaires industriels fondateurs : Ressources naturelles Canada, ministère de l’Industrie et des Ressources de la Saskatchewan, Saskatchewan Research Council et University of Regina STEPS mène des travaux à la fine pointe en matière de recherche, de développement et de déploiement de technologies de récupération des hydrocarbures nouvelles ou améliorées au Canada. Le budget de STEPS est en grande partie consacré à l’élaboration et à l’essai sur le terrain de technologies et de systèmes pratiques, susceptibles d’augmenter la production de pétrole lourd et de bitume à partir des sables bitumineux et d’autres gisements – tout en laissant la plus faible empreinte environnementale possible. D’autres projets visent à améliorer la récupération du pétrole léger ou moyen et à développer des technologies habilitantes.

Annexe D : Liste des Centres d’excellence en commercialisation et en recherche

Premier concours de CECR, 2008-2013

Exploitation des techniques de pointe en physique (ETPP)
Vancouver, en Colombie-Britannique (14 955 575 $)
ETTP mise sur les solides bases de l’expertise de TRIUMF reconnue à l’échelle internationale dans le domaine des accélérateurs de particules et des systèmes avancés de détection des rayonnements pour mettre sur pied une installation de recherche appliquée vouée au développement et à la commercialisation de technologies issues de la recherche subatomique mondiale. Sa vision ultime consiste à aider le Canada à se positionner à l’avant-garde du savoir et de l’application des technologies du xxie siècle.

Centre d’innovation bioindustrielle (CIB)
Sarnia, en Ontario (14 955 575 $)
Le CIB vise à aider le Canada à devenir un chef de file mondial de la transformation de matières premières renouvelables telles que les sous-produits et les déchets de l’agriculture et de la foresterie en énergie et en produits chimiques à valeur ajoutée qui peuvent être utilisés à diverses fins, des matériaux de construction aux pièces automobiles.

Centre pour la recherche et le développement des médicaments (CRDM)
Vancouver, en Colombie-Britannique (14 955 575 $)
Le CRDM met son expertise en développement de médicaments et son infrastructure au service des chercheurs d’établissements universitaires et de centres de recherche de premier plan pour les aider à faire progresser des candidats-médicaments prometteurs qui en sont au début de leur développement. Il a appuyé près de 100 projets de recherche dans le cadre de son réseau regroupant plus de 20 établissements de recherche affiliés à la grandeur du Canada.

Centre pour le développement et la commercialisation des traceurs (CDCT)
Hamilton, en Ontario (14 955 575 $)
Le CDCT découvre et développe des traceurs d’imagerie moléculaire qu’il distribue aux hôpitaux de toute la province pour le diagnostic précoce de maladies et l’évaluation de l’efficacité des traitements. En outre, il collabore avec des partenaires industriels et universitaires et met son expertise en recherche, en fabrication et en réglementation au service des technologies de traceurs novatrices et de nouveaux médicaments thérapeutiques pour les faire passer des laboratoires de R et D aux utilisations cliniques.

Centre pour la commercialisation de la recherche (CCR)
Ottawa, en Ontario (14 955 575 $)
Le CCR fait office de catalyseur en permettant aux entreprises novatrices de prendre de l’expansion, de connaître un succès commercial durable et de soutenir la concurrence internationale. Il complète et amplifie la recherche, le talent et les programmes de commercialisation du Centre d’excellence de l’Ontario pour couvrir le processus d’innovation tout entier, depuis l’idée de recherche initiale jusqu’au succès sur le marché.

Centre d’excellence pour la prévention de la propagation de l’insuffisance fonctionnelle des organes (PPIFO)
Vancouver, en Colombie-Britannique (14 955 575 $)
Le centre PPIFO développe et met en œuvre l’analyse de biomarqueurs sanguins pour mieux gérer les patients qui souffrent d’insuffisance cardiaque, pulmonaire ou rénale et empêcher la progression de la maladie. En misant sur une équipe interdisciplinaire de personnes et en réunissant des organisations, notamment des partenaires commerciaux, PPIFO veut accélérer le développement de ces analyses et les utiliser plus rapidement pour améliorer et sauver des vies.

Centre d’excellence en médecine personnalisée – Cepmed
Montréal, au Québec (13 805 000 $)
Cepmed est voué à promouvoir la science et la pratique d’une médecine personnalisée grâce à la recherche, à la commercialisation et aux services d’éducation. Il participe actuellement à des partenariats public-privé de plusieurs millions de dollars en médecine translationnelle qui intègrent des tests pharmacogénétiques dans les essais cliniques de phase 3 et les études de produits commercialisés.

Institut de recherche en immunologie et en cancérologie – Commercialisation de la recherche (IRICoR)
Montréal, au Québec (14 955 575 $)
IRICoR a pour mission de contribuer de façon significative à l’avancement de la recherche dans le domaine de la santé en permettant de mieux comprendre le fonctionnement du système immunitaire et les causes du cancer, en offrant une formation de qualité exceptionnelle aux chercheurs de demain et en élaborant des thérapies pour mettre un terme à la souffrance et à la mort prématurée provoquées par le cancer.

MaRS Innovation (MI)
Toronto, en Ontario (14 955 575 $)
MaRS Innovation vise à projeter le Canada sur la scène mondiale de l’innovation en améliorant la liaison entre la recherche et l’industrie et en rendant plus concurrentielles les entreprises canadiennes axées sur le savoir – bref, à contribuer au lancement d’une nouvelle génération d’entreprises canadiennes solides et à forte de croissance appelées à devenir des chefs de file sur les marchés mondiaux.

Pan-Provincial Vaccine Enterprise – PREVENT
Saskatoon, en Saskatchewan (14 955 575 $)
PREVENT, qui met en commun le savoir et les ressources de spécialistes en santé publique, d’organisations universitaires, d’instituts de recherche, de l’industrie des vaccins et d’investisseurs, repère les vaccins potentiels prometteurs correspondant aux priorités du Canada en matière de santé publique. Il collabore ensuite avec des partenaires industriels afin de les développer pour le marché.

Centre de la prostate – initiative de recherche translationnelle pour l’accélération et le développement des découvertes scientifiques (CP­IRTADDS)
Vancouver, en Colombie-Britannique (14 955 575 $)
CP­IRTADDS a pour objectif de favoriser le paradigme de la recherche en santé translationnelle et collaborative pour découvrir les mécanismes moléculaires de la progression du cancer et de la résistance thérapeutique et utiliser le savoir ainsi généré pour mettre au point de nouveaux services et produits qui réduisent la souffrance, améliorent la survie des patients atteints du cancer et favorisent la croissance régionale de la biotechnologie.

Deuxième concours de CECR, 2009-2014

Canadian Digital Media Network (CDMN)
Waterloo, en Ontario (10 721 000 $)
Le CDMN utilise les outils, la technologie et les applications des médias numériques pour faire progresser plusieurs industries – divertissement, soins de santé, éducation, services financiers et fabrication de pointe. Il comprend des centres d’accélération, de commercialisation et de développement à la grandeur du Canada.

Centre pour l’invention et l’innovation en chirurgie (CIIC)
Hamilton, en Ontario (14 805 000 $)
Le CIIC a pour objectif de mettre au point et de commercialiser un nouveau type de plates-formes robotisées pour procéder à des interventions chirurgicales et médicales ciblées et moins invasives. Ces innovations visent à améliorer grandement l’évolution de l’état des patients, à réduire la durée de l’hospitalisation et de la convalescence et à permettre aux patients de reprendre toutes leurs activités  après une intervention majeure bien plus rapidement que dans le cas des interventions classiques.

Centre d’excellence en efficacité énergétique (C3E)
Shawinigan, au Québec (9 623 000 $)
En collaboration avec ses partenaires fondateurs, Rio Tinto Alcan et Hydro-Québec, C3E appuie la commercialisation des technologies relatives à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables dans les bâtiments, les procédés industriels, les technologies de l’information et des communications, les bio-industries et les transports.

GreenCentre Canada  
Kingston, en Ontario (9 100 000 $)
GreenCentre met l’accent sur la commercialisation d’innovations en chimie verte mises au point par des chercheurs universitaires et industriels qui en sont au début de leur développement. Il se consacre au développement de solutions de rechange écologiques aux pratiques de fabrication et aux produits chimiques traditionnels.

Oceans Networks Canada Centre for Enterprise and Engagement – ONCCE
Victoria, en Colombie-Britannique (6 576 760 $)
ONCCE fait du Canada un leader international dans le domaine des sciences et de la technologie des systèmes d’observation des océans et maximise les retombées économiques et sociales connexes grâce à des programmes de commercialisation et d’information novateurs.

Tecterra
Calgary, en Alberta (11 685 000 $)
Tecterra investit dans le développement et la commercialisation d’outils de gestion des ressources intelligents et intégrés et les appuie afin d’observer, de contrôler, de prévoir et de gérer les terres et les ressources naturelles de l’Alberta.

Troisième concours des CECR, 2010-2016

Centre pour la commercialisation de la médecine régénératrice (CCMR)
Toronto, en Ontario (15 000 000 $)
Le CCMR aide ses membres à s’attaquer aux obstacles auxquels fait face l’industrie canadienne de la médecine régénérative (MR), tels que l’octroi de licences à des entreprises étrangères pour des technologies de MR aux premiers stades avant la réalisation de leur valeur commerciale.

Centre de commercialisation pour la technologie de l’image (CImTeC)
London, en Ontario (13 310 785 $)
Le CImTeC s’attaque aux obstacles auxquels font face les entreprises d’imagerie médicale canadiennes, par exemple l’accès limité aux appareils d’imagerie médicale, et qui les empêchent de commercialiser rapidement les technologies d’imagerie diagnostique développées par les universités et les centres de recherche du pays.

Leading Operational Observations and Knowledge for the North (LOOKNorth)
St. John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador (7 107 000 $)
LOOKNorth permet à son réseau de partenaires de l’industrie et du secteur de la recherche de prendre appui sur l’industrie canadienne des technologies de surveillance afin d’aider à assurer une exploitation sûre et durable des ressources dans les régions nordiques éloignées, difficiles d’accès et écologiquement vulnérables.

Centre de collaboration MiQro Innovation (C2MI)
Bromont, au Québec (14 078 965 $)
C2MI mène à Bromont de la R et D industrielle sur la mise sous boîtier de microsystèmes et de micropuces électroniques. Il s’est fixé comme objectif de devenir un chef de file international de la mise sous boîtier de la prochaine génération de micropuces.

Wavefront Wireless Commercialization Centre
Vancouver, en Colombie-Britannique (11 593 000 $)
Wavefront permet aux PME d’avoir accès à des ressources ordinairement hors de leur portée et contribue à la création de liens entre les chercheurs des établissements postsecondaires canadiens qui ont des innovations rentables sur le plan commercial et des partenaires industriels adéquats.

Notes en bas de page

  1. Conseil international du Canada, Rights and Rents: Why Canada must harness its intellectual property resources, octobre 2011.
  2. [Traduction] « Les intermédiaires en innovation sont des organisations ou des groupes en faisant partie qui s’emploient à favoriser l’innovation directement en améliorant l’esprit d’innovation d’une ou de plusieurs entreprises ou indirectement en renforçant la capacité d’innovation nationale, régionale ou sectorielle (Dalziel 2010; Howells 2006). Il s’agit notamment d’associations industrielles, d’organismes de développement économique, de chambres de commerce, de parcs scientifiques, technologiques ou commerciaux, d’incubateurs d’entreprises, de consortiums, de réseaux ou d’instituts de recherche ou encore de bureaux de transfert de la technologie des universités », Measuring the Impact of Innovation, Margaret Dalziel, Université d’Ottawa, École de gestion Telfer, 2010.
  3. Institute for Competitiveness & Prosperity, Canada’s Innovation Imperative, juin 2010.
  4. Impact Group, Knowledge Transfer Through Research Contracting, juin 2010.