Rseaux de centres d'excellence
Gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Legs du Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires

Financé de 2000 à 2014

Le lien suivant vous amène à un autre site Web www.canadianstrokenetwork.ca/fr/


Le Canada entre dans une nouvelle ère pour le traitement, la prévention et la réadaptation liés aux AVC

Il ne fait aucun doute que le Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires (RCCACV) a été un catalyseur du changement. Depuis 1999, le Réseau a résolument misé sur l’essentiel en investissant du temps et des ressources dans les initiatives qui promettaient les gains les plus notables. Ainsi, au cours des années, cela a produit la Stratégie canadienne de l’AVC, les Recommandations canadiennes pour les pratiques optimales de soins de l’AVC, le Congrès canadien de l’AVC, le premier audit national des soins de l’AVC, un riche portfolio de recherches de pointe et un milieu national de l’AVC renforcé par des conférences et des programmes de formation professionnelle, sans oublier l’influence exercée sur les décisions de politique en matière de prise en charge des facteurs de risque de l’AVC.

Dr. Antoine Hakim

Antoine Hakim

Comment un pays réussit‑il, en 15 ans seulement, à rattraper son retard dans le traitement des AVC pour devenir un chef de file mondial qui échange des pratiques exemplaires avec l’Australie, le Brésil, la Chine, le Royaume-Uni et les Nations Unies? En septembre 1998, l’un des plus célèbres neurologues du monde, Antoine Hakim, a été très franc lorsqu’il a décrit la qualité du traitement des AVC au Canada.

« À quelques exceptions près, le système canadien de soins de santé n’est pas préparé à gérer les AVC... L’état actuel de désorganisation qui caractérise le traitement des AVC au Canada s’apparente à des fondations chancelantes, et même dangereuses, à partir desquelles il faut lancer de nouvelles technologies », écrit Dr Hakim dans un éditorial du Journal de l’Association médicale canadienne.

Environ un an plus tard, le gouvernement fédéral a annoncé le financement du RCCACV – une ambitieuse initiative nationale visant à mobiliser les scientifiques, les professionnels de la santé, l’industrie, le gouvernement et les organismes sans but lucratif en vue de réduire les conséquences des AVC pour les personnes et les budgets de santé.

Dr Hakim est chef de la direction, fondateur et directeur scientifique du RCCACV. En 2012, il a été intronisé, avec cinq autres héros du domaine médical, au Temple de la renommée médicale canadienne pour sa « détermination inébranlable » à transformer l’organisation et l’administration du traitement de l’AVC au Canada.

Aujourd’hui, alors que le mandat du RCCACV à titre de réseau de centres d’excellence (RCE) tire à sa fin, ces changements sauvent des vies, réduisent les cas d’incapacité et préviennent de nombreux AVC – un accomplissement majeur pour une maladie qui a longtemps été considérée comme impossible à traiter et à prévenir.

« Plus de 300 000 Canadiens vivent avec les effets d’un AVC, ce qui représente un coût direct de 2,8 milliards de dollars par année pour l’économie nationale. »

Mobiliser un mouvement national

La réussite du Canada n’est pas le résultat de nouvelles percées scientifiques, ni de nouveaux investissements majeurs dans les soins de santé. On savait déjà en grande partie ce qu’il fallait faire, mais il manquait un organisme indépendant et souple qui serait en mesure de tirer parti de l’expertise et des ressources de formidables partenaires communautaires, comme la Fondation des maladies du coeur du Canada (FMCC), afin de se concentrer sur les activités qui seraient les plus productives.

« La recherche est extrêmement importante, mais il faut aussi que les résultats se traduisent en action. Pour les AVC, cela signifie combler les lacunes entre la théorie – ce qui doit être fait – et la pratique – ce qui est réellement fait – dans le système de soins de santé. Notre mission était de le faire en dix ans », explique Katie Lafferty, qui a été nommée directrice générale du RCCACV en 2001.

Le plus grand héritage du RCCACV sera sans aucun doute l’élaboration et la mise en oeuvre de la Stratégie canadienne de l’AVC – une initiative lancée conjointement par le RCCACV et la FMCC en 2006. Cette stratégie transforme les services axés sur l’AVC en soutenant les efforts des provinces, notamment en leur offrant des fonds de démarrage pour améliorer les systèmes, les politiques, la formation des professionnels et les pratiques exemplaires à l’échelle locale.

Cette stratégie – qui a été depuis adoptée par la plupart des provinces canadiennes – fournit des lignes directrices basées sur des faits pour le traitement, la prévention et la réadaptation liés aux AVC, ainsi que des outils pour évaluer et surveiller le rendement des hôpitaux. En outre, elle encourage l’information et la sensibilisation du grand public. En Ontario, au cours des cinq ans qui ont suivi la mise en œuvre de la stratégie, le nombre d’admissions pour un AVC a diminué de 11 p. 100 et l’aiguillage vers les cliniques de prévention des AVC a augmenté de 34 p. 100.

« Ces résultats n’auraient pas pu être atteints par un seul réseau installé à Ottawa qui n’aurait eu que quelques employés. Mais par l’entremise des fondations provinciales des maladies du coeur, nous avons pu mobiliser quelque 300 personnes qui travaillaient sur le terrain dans l’ensemble du pays, notamment des cliniciens, des bénévoles et des autorités sanitaires provinciales. Nous les avons invitées à participer à l’élaboration de divers aspects de la stratégie. Tout le monde s’est rallié autour du mouvement », déclare Mme Lafferty.

En Nouvelle-Écosse, l’une des premières provinces à avoir adopté la stratégie, les patients des régions rurales qui sont victimes d’un AVC reçoivent maintenant un meilleur traitement et sont moins susceptibles de se retrouver dans un établissement de soins de longue durée qu’avant la mise en oeuvre de la stratégie en 2008.

« L’un des plus grands avantages de la stratégie de l’AVC est que les changements à faire n’ont pas nécessité de gros investissements de la part de la province. Il s’agissait davantage de réorganiser les soins en fonction des ressources que nous avions et de modestes fonds supplémentaires plutôt que de demander de nouveaux investissements majeurs », affirme Katie White, consultante en AVC au programme Cardiovascular Health Nova Scotia.

Caroline Stephenson et Eileen Stewart

Caroline Stephenson et Eileen Stewart, infirmières du Calgary Stroke Program, comptent parmi un nombre croissant de professionnels de la santé qui cherchent à obtenir un agrément national dans le domaine du traitement des AVC.

Le Foothills Medical Centre de Calgary a obtenu des résultats similaires : le nombre de patients recevant un test de dépistage de la déglutition après un AVC (qui réduit les complications telles que la pneumonie et la déshydratation) a augmenté de 18 p. 100. En outre, presque la totalité des patients ayant subi un AVC ont passé une scintigraphie cérébrale dans l’heure qui a suivi leur arrivée à l’hôpital, comparativement à 22 p. 100 ailleurs au Canada.

En Alberta, grâce à la stratégie de l’AVC, le personnel paramédical connaît maintenant mieux les protocoles d’urgence pour les AVC. Il communique immédiatement avec l’unité de tri de l’hôpital qui fait appel à l’équipe d’AVC. Celle‑ci arrive souvent au service d’urgence plus rapidement que le patient. Dans les hôpitaux qui ont formé une équipe et réservé des ressources pour traiter les AVC, le nombre d’incapacités et de décès attribuables aux AVC a diminué de 30 p. 100.

« Quand on l’appelle, l’équipe d’AVC répond automatiquement dans un délai de trois minutes. C’est la nature de l’AVC qui l’exige », explique Andrew Demchuk, directeur du Calgary Stroke Program.

Poursuivre sur la lancée du RCCACV

Pour assurer l’application de normes élevées, le RCCACV a collaboré avec Agrément Canada à l’élaboration du Programme de distinction à l’intention des services aux victimes d’AVC, afin de reconnaître le leadership, l’excellence au plan clinique et l’innovation dans le traitement des AVC. Jusqu’à maintenant, cette distinction a été remise à deux programmes d’AVC complets – le Calgary Stroke Program et le Kingston General Hospital, ainsi que le Toronto Rehabilitation Institute. Agrément Canada continuera d’exécuter ce programme après la fin du RCCACV en 2013. Le réseau aura alors effectué un mandat de 14 ans, le maximum permis par le Programme des RCE.

Entre-temps, la FMCC a commencé à assumer la responsabilité des activités les plus cruciales du RCCACV, notamment la mise à jour des pratiques exemplaires et la qualité de l’évaluation des soins. En outre, au cours de la prochaine année et par la suite, elle travaillera avec le RCCACV à élargir la disponibilité du service de télédiagnostic des AVC, qui permet aux patients des régions rurales d’être évalués et traités en temps réel par un neurologue spécialisé en AVC d’un important centre urbain. Le télédiagnostic sauve des vies, mais il n’est pas offert partout au Canada.

De plus, la FMCC continuera d’organiser le très populaire Congrès canadien de l’AVC, une conférence annuelle où plus de 1 000 professionnels découvrent les plus récentes initiatives en recherche, en élaboration de politiques et en promotion de la santé, ainsi que des pratiques exemplaires cliniques. Cette année, cette conférence se déroulera en même temps que trois autres conférences scientifiques ou professionnelles, ce qui permettra de réunir des spécialistes de nombreux secteurs pour examiner les liens entre les maladies, la prévention des maladies et la gestion des maladies. Compte tenu des 6 000 délégués attendus, il s’agira de l’une des plus importantes conférences médicales jamais organisées au Canada.

« Les mesures que nous avons mises en place dureront. Les équipes d’AVC, les pratiques exemplaires et le Programme de distinction survivront au réseau et continueront de rehausser partout la qualité du traitement des AVC », affirme Dr Hakim.

« Le Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires est un excellent exemple des résultats majeurs qui peuvent être obtenus à l’aide d’un investissement relativement modeste du Programme des RCE. L’un des atouts de ce programme est la souplesse qu’il donne aux experts de l’ensemble du Canada, afin qu’ils puissent innover et proposer des solutions ingénieuses à de vieux problèmes – et parfois d’une façon qui n’avait pas été envisagée au départ », ajoute André Isabelle, vice-président associé des RCE.