
Bien que le Canada renferme près de 10 p. 100 de l'eau douce renouvelable de la Terre, les Canadiens ne sont pas immunisés contre les problèmes d'eau. Les problèmes de santé associés à la pollution de l'eau coûtent chaque année 300 millions de dollars. L'Association canadienne des eaux potables et usées estime qu'il en coûtera 88,4 milliards de dollars d'ici 2012 pour remplacer l'infrastructure hydraulique vieillissante. Les Canadiens rejettent suffisamment d'eaux d'égout brutes dans les cours d'eau chaque année pour remplir plus de 40 000 piscines de dimensions olympiques. Les écoulements urbains déversent plus d'un million de tonnes de polluants dans les Grands Lacs. Les bris de conduites d'eau principales coûtent annuellement plus de 1 milliard de dollars. Chaque année, des centaines d'avis d'ébullition de l'eau sont émis sur les réserves des Premières Nations, et les Canadiens ont connu des crises de l'eau contaminée à Walkerton (Ontario) et à North Battleford (Saskatchewan).
En collaboration avec des chercheurs, partenaires et étudiants, les membres du Réseau canadien de l'eau (RCE) traitent les problèmes courants et émergeants de l'eau et transforment les travaux de recherche en avantages économiques et sociaux pour la population.
Le RCE travaille à réduire l'exposition des personnes aux organismes d'origine hydrique dangereux, à réduire les coûts et à améliorer l'efficacité de la technologie de traitement des eaux potables et usées, à diminuer les dommages causés par le ruissellement des terres agricoles dans les bassins versants (ruissellement des fermes de haute intensité et des eaux usées des nouveaux développements et des nouvelles subdivisions) et à déterminer si les produits pharmaceutiques qui entrent dans les cours d'eau ont des répercussions négatives sur l'environnement.
L'arsenic, qui est présent naturellement dans la croûte terrestre, a été la cause de nombreux cas d'intoxication environnementale au fil du temps. L'exposition à des taux élevés d'arsenic dans l'eau potable est directement en cause dans les cancers de la peau, de la vessie et du poumon. Toutefois, les effets néfastes sur la santé de taux moins élevés d'arsenic sont contestables. Presque tous les Canadiens sont exposés à l'arsenic présent dans l'eau potable, la plupart du temps à de très faibles concentrations.
Les chercheurs du RCE travaillent avec les ministères provinciaux de la Santé et de l'Environnement, le ministère de la Santé et du Mieux être de l'Alberta, Santé Canada, ainsi qu'avec l'Environmental Protection Agency et le National Cancer Institute aux États Unis, pour étudier les différents types d'arsenic et les effets sur la santé liés aux faibles niveaux auxquels les Canadiens sont exposés. Chris Le, chercheur du RCE, a travaillé avec Santé Canada pour que soit ramenée de 0,025mg/L à 0,01 mg/L la concentration maximale d,arsenic recommandée.
Les chercheurs établissent également une carte canadienne de l'arsenic pour déterminer les secteurs où les niveaux d'arsenic sont supérieurs à ce qui est recommandé dans les normes fédérales. Cet outil indispensable aide les provinces à déterminer les secteurs qui posent problème. Il peut aussi les aider à reconnaître les populations à risque, à conseiller les collectivités pour la gestion des risques, ou à trouver d'autres sources d'approvisionnement.
Les chercheurs conçoivent aussi des systèmes de traitement pour extraire l'arsenic. La recherche n'est pas utile seulement pour le Canada, mais aussi pour des pays comme le Bangladesh, l'Inde, la Thaïlande, la Mongolie, l'Argentine et le Chili, où l'arsenic constitue une menace grave pour la santé.
À chaque printemps, le Réseau est l'hôte d'un atelier d'une semaine au cours duquel 30 étudiants des cycles supérieurs parcourent toute la longueur d'un important bassin versant du Canada. Cette année, les étudiants se sont penchés sur la gestion intégrée des ressources hydriques dans le bassin versant de la rivière Saskatchewan Sud. Les participants ont pu observer directement les différentes exigences industrielles, municipales et agricoles qui s'appliquent à la qualité et à la quantité de l'eau. L'atelier offre d'excellentes occasions de réseautage pour les étudiants et les jeunes professionnels qui s'intéressent aux enjeux de l'eau dans diverses disciplines, allant de l'ingénierie aux sciences sociales. Les étudiants qui participent à cet atelier seront plus tard des scientifiques, des ingénieurs et des décideurs qui auront la responsabilité de protéger notre environnement naturel et de faire en sorte que les Canadiens disposent d'eau potable propre et de technologies d'épuration d'eau à l'avenir.
La majeure partie de l'infrastructure hydraulique du Canada approche la fin de sa durée de vie utile. Les chercheurs du RCE travaillent de concert avec une vingtaine de collectivités de l'Ontario pour réduire les coûts de réparation et de remplacement de l'infrastructure hydraulique souterraine. Ils utilisent des robots dotés de GPS pour déterminer, de façon exacte, les endroits qui nécessitent une réparation d'urgence. Les municipalités sont en mesure d'établir une liste de priorités des réparations, de manière à ce que l'argent des contribuables soit sagement dépensé.
| Objet : | former et entretenir des partenariats et des communautés de pratique qui réunissent l'excellence en recherche multidisciplinaire et des gestionnaires de l'eau afin de fournir l'innovation et le personnel hautement qualifié nécessaires à la gestion des ressources hydriques. |
| Financement : | 46 millions de dollars pour l'ensemble de la période de financement |
| Effectif : | 36 chercheurs et 180 personnes hautement qualifiées |
| Force partenariale : | 163 partenaires de l'industrie et des secteurs public et universitaire |
| Directeur scientifique et PDG : | M. Mark Servos |
| Site web : |